Interview : YES

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YES, est pour la plupart des afficionados de musique un des groupes les plus représentatifs du rock progressif, en plus d’être des stars du rock et des lauréats de récompenses en tout genre. En quoi sont-ils progressifs, me direz-vous ? « Progressif » ne veut pas dire « impliquant un quelconque progrès » mais plutôt « qui augmente graduellement » selon le dictionnaire. Car oui les protagonistes de ce type de rock en particulier n’ont pas arrêté d’y ajouter un certain nombre de complications, en partant du principe que plus il y a de composants, plus le résultat final aura de la valeur, un peu comme le font les orfèvres pour une montre suisse. Seuls quelques groupes y ont vraiment excellé comme justement YES avec l’album Close to the Edge ou encore Pink Floyd avec A Saucerful Of Secrets entre autres.

Première partie d’un diptyque d’interviews avec YES, figure de proue du mouvement rock progressif, nous avons rendez-vous avec le batteur de la formation Alan White. La seconde partie de cette interview croisée, avec Steve Howe, six-cordiste virtuose sera à retrouver dans notre numéro 8, à paraître en juin ! Le groupe jouera ses trois albums qui ont énormément influencé le rock, The Yes Album, Close to the Edge, et Going for the One, dans leur intégralité et dans l’ordre de parution. Leur tournée européenne pour présenter leur triptyque prévoit une escale à la Rockhal le 20 mai 2014.

Quelle est pour vous votre recette personnelle pour la longévité de YES ?
Quand nous montons sur scène, nous avons vraiment des standards de performance très très élevés. Nous prenons soin de nous-même. Moi personnellement j’essaie de manger convenablement et je ne fume pas. Nous ne voulons pas décevoir les personnes qui viennent nous voir en concert. Jamais !

Vous serez en tournée en Europe en 2014. Pourquoi avoir choisi de faire cette tournée ?
On s’est dit que ça faisait longtemps qu’on n’était pas revenus en Europe. Les fans nous ont demandé de revenir plusieurs fois. Notre passage en Europe est assez court mais on a essayé de combiner les dates le mieux possible.

Vous allez aussi jouer au Grand Rex à Paris, qui est un cinéma. Pourquoi ?
Ah oui ? C’est un cinéma ? Tu me l’apprends (rires) ! Nous choisissons les salles de 2.000 à 5.000 places généralement, mais on a joué dans des endroits très différents. Cela va du stade de football à l’arène romaine, en passant par une place publique, un théâtre et dans ce cas-ci un cinéma. Pourquoi, pas ? On s’adapte ! Tu seras où, toi ?

Au Luxembourg en mai.
Le Luxembourg… c’est à côté de la Belgique, non ?

Oui, pourquoi ?
Je suis fan de bières belges. Si tu pouvais nous en ramener quelques-unes, ce serait vraiment sympa !

Je vais voir ce que je peux faire (rires) ! Pourquoi avoir choisi «The Yes Album», «Close to the Edge», et «Going for the One» pour cette tournée ?
Nous avons choisi ces trois albums, car au fil des années lors de nos concerts, nous jouions souvent l’un ou l’autre titre de ces trois albums, mais n’avions jamais joué l’album dans sa totalité. Nous avons beaucoup de matériel à utiliser, donc ce n’était pas facile de faire un choix parmi tous ces titres. De plus nous avons joué ce même concert avec les trois albums complets aux États-Unis et en Amérique du Sud et nous n’avons eu que des critiques positives en provenance des fans et du public. Voilà pourquoi nous allons le faire en Europe cette fois-ci. De plus, on pense que chaque album représente vraiment une époque de YES en particulier. Close to the Edge c’était le début des années 1970 avec ce côté un peu psychédélique Going for the One a été lancé fin des années 1970 et les critiques ont été très dures à l’époque. Certains disaient que nous avions fait un pas en arrière. On adore cet album et il a sa place parmi les autres. The Yes Album est l’album à succès, c’est lui qui nous a vraiment permis de percer et c’était le premier album où Steve Howe a joué dessus.

Pourquoi faire ce choix d’un show de trois heures ? N’est-ce pas trop compliqué à mettre en place ?
Non, nous voulions vraiment offrir un voyage musical au public. Nous nous sommes donc plus concentrés sur la partie musicale et pas vraiment sur tout ce qu’il y a autour, même si je dois dire que les lumières sont efficaces aussi. Par contre, il n’y aura pas beaucoup d’effets, ce n’est pas un grand show du style Las Vegas en somme. En matière de qualité musicale, ce sera à la hauteur et c’est le plus important.

On dit souvent que YES a fait des titres compliqués ou alambiqués. Est-ce que pour vous c’était une façon de composer une symphonie, comme dans le domaine classique, ou plutôt de montrer votre technicité ?
Je ne pense que pas que le but était de montrer notre technicité. YES a toujours été influencé par différents courants et styles musicaux. Tu retrouves effectivement des éléments de jazz, de classique, de pop dans notre musique. Moi, j’appelle cela de la YES musique.

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Beaucoup de groupes de rock classiques reviennent avec de nouvelles compositions en ce moment (par exemple les Pixies). Qu’en est-il de YES?
Oui, nous sommes en train d’enregistrer en ce moment-même et ce depuis la première semaine de janvier. Nous aimerions sortir notre nouvel album pendant l’été pour ensuite pouvoir partir en tournée de promotion pour cet album.

Est-ce que vous auriez envie aujourd’hui d’expérimenter de nouvelles choses ?
Nous aimons expérimenter et je pense que nous l’avons déjà beaucoup fait auparavant. Nous savons que pour ce nouvel album, la barre est très haute. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on nous attend au tournant mais presque. Nos attentes aussi sont très hautes et on s’est vraiment beaucoup investi.

Que représente pour vous la musique progressive ? Est-ce une volonté de se démarquer ? Peut-on considérer qu’elle existe encore aujourd’hui ?
Oui, bien sûr. Je pense qu’il y a de bons groupes progressifs encore aujourd’hui. Personnellement j’écoute différents styles de rock et j’aime vraiment tous ces styles. J’aime ces différentes influences et ce qu’elles apportent ou ont apporté à YES. Comme je disais tout à l’heure pour moi le style de YES est vraiment un style à part et reconnaissable entre mille. C’est du YES rock si tu veux.

Vous avez joué avec John Lennon sur l’album Imagine et le single Instant Karma !, ce qui est assez drôle comme j’écris pour le Magazine Karma. Comment se retrouve-t-on à travailler avec John Lennon ?
A l’époque je jouais dans des clubs à Londres et un jour je reçois le coup de film d’un mec qui dit s’appeler John Lennon et qui dit avoir besoin d’un batteur pour le lendemain à Toronto. Il fallait donc je prépare mes bagages et que je parte prendre l’avion dans la journée. J’avais un ami à moi qui me faisait tout le temps des blagues stupides, donc je n’ai pas tout de suite cru au coup de fil de John. Ce n’est que quand j’ai vérifié toutes les informations que j’ai réalisé ce qui m’arrivait. Jouer sur Imagine était une expérience incroyable d’ailleurs.

Chez Karma nous avons une question rituelle : préférez-vous les Beatles ou les Rolling Stones? Et pourquoi ?
C’est assez simple pour moi : les Beatles bien entendu, comme j’ai joué avec John Lennon sur l’album Imagine ainsi que sur certains albums de Yoko Ono avant que John Lennon ne me présente George Harrison. J’ai joué avec George sur All Things Must Pass, mais aussi avec Eric Clapton, Ringo Starr et d’autres grands noms de l’époque comme Phil Collins par exemple. Imagine a vraiment changé la musique et a été un vrai événement marquant!

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Propos recueillis par : Nathalie Barbosa

Le groupe sera également en concert à Paris au Grand Rex le 13 mai 2014

1 Comment

  • Répondre avril 29, 2014

    Chris

    Yes est un monument du rock progressif.
    Ils ont su traversé les décennies et continent à pondre des albums de qualité.

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