Interview: Chet Faker

1269541_569653163072636_1975449681_o

Entouré d’un halo de secret, caché derrière un alias et déguisé à l’aide d’une barbe, Chet Faker est un artiste qui aime le mystère. Originaire du monde très uni de la scène disco et house de Melbourne et fort des éléments acoustiques de son passé, il a modelé son propre style mêlant histoires d’amour et chagrins personnels à une musique électronique soul qui dépasse toutes les frontières. Son premier album Built on Glass contribuera certainement à assoir sa position d’artiste comptant parmi les plus singuliers de l’année. Il sera en concert à la Rockhal le mercredi 7 mai 2014 et en attendant il a gentiment accepté de se confier un peu à nous.

Bonjour Chet Faker ! Es-tu un fake Chet Baker ?
(rires) Oui, tu as répondu à la question ! J’aime beaucoup Chet Baker et quand il a fallu trouver un nom, celui-ci m’est venu naturellement. C’était un vrai dingue de jazz. Il aimait faire évoluer sa musique et il se moquait de ce que les autres pensaient. Il allait de l’avant et c’est ce que je veux faire avec ma musique.

Comme tu es un fan de Chet Baker, n’as-tu jamais eu envie de faire du jazz ?
Si, mais je trouve que je suis trop jeune pour faire ce genre de musique. Un jour j’incorporerai sûrement des éléments de jazz dans ma musique. Je ne me sens pas assez expérimenté pour le faire pour le moment. Le jazz est lié à une expérience de la vie en général. Si tu n’as rien vécu, tu ne peux pas faire passer quelque chose d’intéressant à travers le jazz. Donc voilà, peut-être plus tard.

Pourquoi as-tu voulu changer de nom d’ailleurs ? Au début tu organisais des concerts sous ton vrai nom Nick Murphy, non ?
Oui, absolument, mais il s’est avéré qu’il y avait un second Nick Murphy à Melbourne qui était aussi musicien et qui organisait des concerts. Je n’avais pas envie que les gens se trompent en venant à mes concerts et en croyant qu’ils allaient voir l’autre Nick.

Comment décrirais-tu ta musique pour quelqu’un qui ne te connait pas encore ?
Ce n’est pas très original mais je lui dirais d’écouter mon disque. C’est très dur pour moi de décrire ma propre musique. Toutes mes émotions, bonnes ou mauvaises, figurent dessus.

Quel est ton premier souvenir lié à la musique ?
Je pense que c’était chez ma grand-mère car elle avait un piano dans la maison. Je passais souvent à côté et je pianotais dessus. A l’époque je n’étais pas encore accro.

J’ai lu, justement, que tu avais tendance à devenir accro aux choses : jeux vidéo, piano, guitare etc. C’est vrai ?
Je pense que oui, effectivement. J’ai tendance à être obsédé par ce que je fais. A 15 ans j’ai découvert la musique et j’ai commencé à jouer du piano et à apprendre la guitare en même temps. J’ai aussi découvert le programme Ableton à ce moment-là et je continue encore aujourd’hui à découvrir certaines choses, donc je ne m’ennuie jamais.

Parle-nous un peu de ce nouvel album et du premier single appelé Talk is Cheap !
C’est un peu ironique de parler de Talk is Cheap, car le titre parle justement des gens qui parlent beaucoup mais qui ne font jamais ce qu’ils disent. Ce titre dit en somme que les paroles ne sont rien en comparaison avec les gestes. D’où le fait que je n’aime pas parler de ce que je fais.

Est-ce que tout ton album Built on Glass ressemble à Talk is Cheap qui est un titre assez lent tout de même ?
Non, l’album est assez versatile. Tu y trouveras une véritable progression naturelle par rapport à l’EP. Il y a des titres lents et des titres rapides. J’ai aussi pleuré sur cet album.

La production de cet album a-t-elle été difficile pour toi ?
Oui et non. En fait, cela dépendait du moment et ce qu’il se passait dans ma vie à cet instant précis. J’ai beaucoup inclus de moments très personnels dans cet album et je pense que le fait d’écrire m’a permis de surmonter certaines douleurs très pénibles. L’album m’a beaucoup aidé.

Cet album a été une thérapie en somme ?
Oui et à bien des niveaux !

Que veut dire pour toi le titre Built on Glass ?
Le verre est pour moi une métaphore de la vérité et de l’honnêteté. Cet album me reflète, sans mauvais jeu de mots.

Aimes-tu être sur scène ?
Oui et j’aime voir l’évolution des titres sur scène. J’aime voir cette transformation.

Est-ce que tu réfléchis à la scène quand tu composes ?
Inconsciemment sûrement, mais j’essaie de ne pas trop y penser pour justement ne pas influencer la composition.

Chez Karma nous avons une question rituelle : préfères-tu les Beatles ou les Rolling Stones? Et pourquoi ?
Les Beatles car je trouve leurs compositions beaucoup plus cohérentes que celles des Rolling Stones. Cohérente et versatile en même temps !

UK_EU_Posters-update-web_2

Propos recueillis par : Nathalie Barbosa

Be first to comment