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	<title>Magazine Karma &#187; Chroniques</title>
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	<description>Le Magazine des Musiques Actuelles en Lorraine et au Luxembourg</description>
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		<title>The Wise Dude&#8217;s Revolver &#8211; Here The sun</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Feb 2015 15:41:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Ugo]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[The Wise Dude&#8217;s Revolver revient en 2015 avec un second E.P, histoire de nous en mettre plein les mirettes et les étiquettes. Lorrains pur...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>The Wise Dude&rsquo;s Revolver</strong> revient en 2015 avec un second E.P, histoire de nous en mettre plein les mirettes et les étiquettes.</p>
<p>Lorrains pur jus, ils aiment se définir comme des &laquo;&nbsp;disciples de la reverb, des ambiances hypnotiques et vintages d’un psychédélisme qui n’aurait jamais vraiment quitté ce monde&nbsp;&raquo;. <em>Here the Sun </em>est donc leur deuxième offrande, après un premier effort produit en 2013. On note entre temps leur belle place de finaliste régionaux aux <strong>Inouïs Du Printemps De Bourges</strong> en 2014 et une tournée conséquente. Masterisé par  le producteur <strong>Brett Orrison</strong> (Black Angels, Wall Of Death, Joel Gion…), cet EP est signé sur le label <strong>Old Vibrations</strong>. Tout un symbole.</p>
<p>Pas moins de six membres composent la formation, dont un guitariste/chanteur et un percusionniste en plus du batteur présent. Le résultat, arrivé sous forme de vinyle est déjà visuellement très apprécié. Une pochette à la photo solarisée dans des tons pastels tirant entre le rose et le jaune d&rsquo;un bel effet, la vision de monts enneigés, autant dire que la galette donne envie de passer au lecteur de micro sillons.</p>
<p>Niveau ambiance, nous ne sommes pas déçus non plus, tant la pochette annonçait bien le contenu. Un petit air mélancolique, des chansons planantes et une production léchée font de l&rsquo;offrande un objet vite saisi et dévoré, qui s&rsquo;écoute même bien en boucle.</p>
<p>Le crescendo du premier morceau, <em>John dies at the end</em> laisse entrevoir sept titres bien étudiés, passionnés et ennivrants. Robber ne désarme pas et sa fausse simplicité laisse totalement l&rsquo;auditeur se bercer dans ces mélodies répétitives. <em>Air</em> redonne du rythme à cette première face et engage la distorsion entre des mélodies plus limpides. Seule la voix semble un peu en retrait se cherchant entre une attitude punk/rock et une tessiture plus pop, plus lisse. Ce n&rsquo;est pas désagréable pour autant, loin de là !</p>
<p>Petite transition avec <em>In another life </em>et la mise en avant des percussions et de quelques effets avant d&rsquo;attaquer la deuxième partie de l&rsquo;EP. <em>Eleanor</em> offre une vision plus sombre de <strong>The Wise Dude&rsquo;s Revolver</strong> et ses nappes de guitare plaquées ravivent des sentiments plus primaires, radoucis par les notes tenues à la voix. On guette un peu les embardées sauvages des guitare de <strong>Noir Dez&rsquo;</strong> ou <strong>Sonic Youth</strong>, avec cette attitude convoquant le souvenir dans les ambiances retranscrites. <em>The night is over&#8230;</em> éprouve la volonté de rêver et donnera à l&rsquo;auditeur l&rsquo;occasion de s&rsquo;envoler vers une nuit tranquille, sûrement à bord d&rsquo;une bagnole naviguant tranquillement sur les autoroutes de l&rsquo;inconnu, en plein été.</p>
<p><em>And here comes the sun</em> finalement, lancé de paillettes et branches lumineuses accrochées au soleil ! Plus sérieusement, le morceau clôt bien le vinyle, tonalité plus joyeuse et rythme emballant sous le bras. On ressort tout rafraichi de l&rsquo;écoute de cet EP et on se plaît à vouloir le réécouter, ce qui est en général plutôt bon signe pour une découverte.</p>
<p>Beau travail donc que celui de <strong>The Wise Dude&rsquo;s Revolver</strong>. On en redemande !</p>
<p><strong>Article : Ugo Schimizzi</strong></p>
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		<title>Go By Brooks &#8211; Rivers</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Jan 2015 15:07:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Matth]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Si vous lisez régulièrement ce site, le nom de Go By Brooks doit vous sembler familier. Nous avons eu l’occasion d’accueillir le groupe lors...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous lisez régulièrement ce site, le nom de <strong>Go By Brooks</strong> doit vous sembler familier. Nous avons eu l’occasion d’accueillir le groupe lors d’<a href="http://magazine-karma.fr/media/release-party-karma-7-showcase-go-by-brooks-freeman-t-porter-metz/">un de nos évènements en mars dernier</a>  et plus récemment nous avons pu <a href="http://magazine-karma.fr/media/interview-go-by-brooks/">interviewer Laetitia, l’instigatrice du projet</a>.</p>
<p>Jusqu’à 2015, le groupe s’illustrait sur scène et sur les réseaux mais nous n’avions pas grand-chose à nous mettre dans les oreilles. Le vide est à présent comblé puisque est sorti le 10 Janvier le premier EP de la formation. C’est quelques jours après le concert de lancement que je reçois la galette dans un petit colis à l’effigie du groupe, rappelant les dates de concerts à venir.</p>
<p><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/Go-By-Brooks-EP.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-22399" alt="Go By Brooks EP" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/Go-By-Brooks-EP.jpg" width="700" height="394" /></a></p>
<p>L’EP a proprement dit se nomme <em>Rivers</em> et contient 5 titres. Le premier contact avec le disque se fait par le visuel. Actuellement la plupart des EPs sont conditionnés dans de simples pochettes en carton avec des visuels bâclés. Go By Brooks se démarque en proposant un digipack avec logos et photos bien placés ainsi qu’un livret de paroles.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Place maintenant à l’écoute.</p>
<p>Dans son ensemble le groupe joue beaucoup sur l’alternance entre passages calmes avec un accompagnement au piano et les passages plus énergiques ou les guitares et percussions prennent de l’ampleur.</p>
<p>Le groupe a semble t&rsquo;il travaillé sur sa dualité entre groupe acoustique et amplifié en proposant des morceaux qui bien que tous dans la même dynamique donnent chacun un ressenti différent. Les textes, donnant plus le sentiment d&rsquo;une histoire racontée que d&rsquo;une énumération de banalités n&rsquo;y sont pas pour rien.</p>
<p>Ainsi les deux premiers morceaux (<em>Dancing with the Devil</em> et <em>Obey</em>) sont les plus énergiques aussi bien dans les intonations de voix que dans le choix des accompagnements. Tandis que les trois autres morceaux (<em>Street of Paris</em>, <em>Beautiful Looser</em> et <em>Take my hand</em>) s’inscrivent plus dans une démarche mélancolique. L’ambiance sonore y varie moins et donne une certaine cohérence aux compositions.</p>
<p>Les morceaux sont agréables à écouter mais je regrette l’absence de quelques « prises de risques » au niveau des structures, ces dernières mériteraient de sortir des plans classiques intro-couplet-refrain pour bénéficier d’un rendu plus original.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Du côté du son, l’ensemble est propre. Peut-être même un peu trop, ce qui donne un aspect brut à la production. Cela a des avantages et des inconvénients. D’une part on peut aisément s’imaginer ce à quoi peut ressembler le groupe en live. Mais d’une autre part, plus de travail sur le mastering permettrait de sublimer les compositions et leur donner une résonnance particulière. Au stade d’un EP rien de dramatique, puisque les artistes s’en servent principalement pour prendre de premiers contacts avec des programmateurs et tourneurs tout en donnant aux spectateurs des concerts une première opportunité de soutenir le groupe, mais il faudra évidement rectifier la chose dans l&rsquo;éventualité d&rsquo;un réel album.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En définitive, c’est une nouvelle fois du Luxembourg que nous vient un projet prometteur qu’il va falloir surveiller. Et cela commence par les lives, dont il est toujours bon de rappeler la liste. N&rsquo;hésitez pas à aller les y soutenir, et peut être que vous en repartirez conquis, un EP dans les mains&#8230;</p>
<p>Si vous désirez vous le procurer en digital c&rsquo;est <a href="https://itunes.apple.com/de/album/rivers-ep/id945035060">ICI (Itunes)</a> ou <a href="https://play.google.com/store/music/album/Go_By_Brooks_Rivers?id=Bwptzzfee6eysqwepj4g2272ta4&amp;hl=en">ICI (google play)</a> que cela se passe.</p>
<p><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/Go-By-Brooks-Tournée.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-22400" alt="Go By Brooks Tournée" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/Go-By-Brooks-Tournée.jpg" width="493" height="700" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong style="line-height: 1.5em;">Article: Matthieu Henkinet</strong></p>
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		<title>Musique et Cinéma : Whiplash</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Jan 2015 12:59:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[timé zoppé]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Whiplash, sorti le 24 décembre dernier, est le deuxième long métrage du jeune (tout juste 30 ans) Américain Damien Chazelle, après Guy and Madeline...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><b><i>Whiplash</i></b>, sorti le 24 décembre dernier, est le deuxième long métrage du jeune (tout juste 30 ans) Américain <b>Damien Chazelle</b>, après <i>Guy and Madeline on a Park Bench </i>en 2009, inédit en France. Il nous propose ici une troublante plongée dans la vie d’Andrew (<b>Miles Teller</b>), un jeune batteur de jazz qui parvient à intégrer le conservatoire de Manhattan, présenté comme le plus prestigieux des États-Unis. Dans sa quête éperdue pour devenir le meilleur, il se frotte à Terence Fletcher (<b>J. K. Simmons</b>), un professeur réputé mais despotique.</p>
<p>Sur ce canevas aux allures de <i>Karaté Kid</i> musical, le réalisateur préfère tisser un violent huis clos sur la passion pour la musique comme obsession à attiser. Pour Andrew, toutes les choses qui l’entourent semblent résonner comme une batterie. Il a ça dans le sang et sait qu’il ne veut rien faire d’autre. Bizarrement, quelque chose en lui semble persuadé que son talent ne suffit pas pour réussir, que seul l’affrontement de multiples obstacles lui permettra d’accéder à la gloire et à la reconnaissance.</p>
<p>Ainsi, sa rencontre avec Fletcher, dès la scène d’introduction, résonne d’emblée pour lui comme une aubaine, alors qu’elle dégoûterait la plupart des gens. Le professeur, craint de tous, vient s’intéresser quelques instants au coup de baguette d’Andrew, mais quitte vite la pièce, blasé. Il lui joue alors un tour de très mauvais goût : il passe à nouveau la porte et s’approche du batteur, mais seulement pour reprendre son manteau et repartir aussi sec… Les dés sont jetés. Comme s’il n’attendait que ça, Andrew décide de s’engouffrer dans une relation d’apprentissage sado-masochiste avec ce tortionnaire.</p>
<p>Formellement, la mise en scène de Damien Chazelle est d’une efficacité redoutable : le spectateur est happé tout entier par les gros plans immersifs, le montage syncopé coulant parfaitement sur la musique et le recours régulier à une courte profondeur de champ isolant les personnages de leur environnement. Cette intensité visuelle est redoublée par la bande son, des morceaux composés pour le film par <strong>Justin Hurwitz</strong> – que le réalisateur a rencontré sur les bancs de Harvard lors de ses études – et <strong>Tim Simonec</strong>. Batterie (forcément), trompettes et piano rivalisent de virtuosité sur d’irrésistibles rythmes de jazz. Pourtant répétés jusqu’à la nausée, les morceaux  révèlent une résistance à toutes épreuves en ne parvenant jamais à lasser l’auditeur. Comme Andrew, on en redemande.</p>
<p>Sang, sueur, abrutissantes répétitions des mêmes gestes, plaies physiques et morales : le duel entre l’élève et son mentor relève bien plus du combat de boxe, voire du chemin de croix, que du récit initiatique classique et propret qui caractérise la plupart des films musicaux. Cette ampleur et cette gravité, qui confinent d’ailleurs parfois à l’exagération, résultent sans doute du fait qu’il s’agit d’un récit partiellement autobiographique : le réalisateur a lui-même pratiqué la batterie pendant plusieurs années au conservatoire et avoue avoir été terrorisé par son chef d’orchestre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/135044.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-22172" alt="135044" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/135044-1024x576.jpg" width="690" height="388" /></a></p>
<p>Crédit photo : Ad Vitam</p>
<p>Andrew, comme l’a sûrement été Damien Chazelle, est tiraillé entre tous ses désirs. C’est d’ailleurs la plus grande réussite du film que de rendre compte avec autant de justesse des contradictions existant dans son for intérieur. Sa relation avec son père, quasi muette mais débordante d’amour ; sa rencontre amoureuse avec une fille aux aspirations bien différentes mais pourtant pétrie des mêmes doutes que lui… Le jeune batteur a la rage de vaincre, mais il n’est pas sûr de vouloir sacrifier sa vie pour sa passion. <i>« Fuck it ! »</i>, lui crie alors Fletcher.</p>
<p>Curieusement, après cette passionnante réflexion sur la place à accorder à chaque chose, le cinéaste – qui a pourtant lui-même abandonné la batterie pour se tourner vers le cinéma – change son fusil d’épaule dans la dernière partie du film. Si jusque-là, il plaçait les méthodes scandaleuses et humiliantes du professeur dans sa ligne de mire, une scène de discussion d’ « égal à égal » entre Andrew et Fletcher, alors que celui-ci est presque au tapis, vient redéfinir les règles. Le prof explique que, durant toute sa carrière, son odieux comportement n’a servi qu’un seul but : dénicher un nouveau génie de la musique, celui qui saura résister à n’importe quelle attaque, encaisser tous les coups et se relever quoi qu’il arrive, précisément parce qu’il est obsédé par son art.</p>
<p>Après cette justification plus effrayante encore que tous les comportements qu’il a eu jusque-là, le professeur fou s’engage dans un dernier bras de fer avec Andrew, plus consentant que jamais. Dans un final orgiaque, Damien Chazelle magnifie ses deux protagonistes en les montrant comme deux dieux luttant maintenant l’un pour l’autre, dans un échange intense et lourdement sexualisé. L’esbroufe visuelle mise de côté, on peut aussi ne plus voir dans cette longue scène que deux hommes solitaires qui s’enferment dans une relation d’autosuffisance malsaine.</p>
<p>Bien d’autres chemins que cette conclusion, parfaitement raccord avec le mythe du rêve américain tel qu’il est encore perçu aujourd’hui, s’offraient au réalisateur. À une proposition nouvelle, plus audacieuse et humaine, pour vivre sa passion pour la musique, il a préféré la représentation stéréotypée d’un jeune prodige obligé de s’imposer par la force et la souffrance pour accomplir son rêve. Reste cette mise en scène implacable, que l’on ne peut malheureusement plus s’empêcher d’assimiler rétrospectivement à la ridicule démonstration de puissance d’Andrew dans la scène finale.</p>
<p><b> Texte : Timé Zoppé</b></p>
<p><em>La bande originale est en écoute sur <a href="http://www.deezer.com/album/8880005">Deezer</a>.</em></p>
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		<title>Zénith de Paris La Villette – Le livre anniversaire</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Jan 2015 13:43:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Ugo]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[livre]]></category>
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		<description><![CDATA[Pour fêter trois décennies de bons et loyaux services au chevet de la sacro-sainte musique, le Zénith de Paris s’est offert le luxe d’un...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Pour fêter trois décennies de bons et loyaux services au chevet de la sacro-sainte musique, le <strong>Zénith de Paris</strong> s’est offert le luxe d’un livre de qualité à l’élégante couverture argentée et rouge. Découverte d’un ouvrage témoin de l’histoire conséquente d’une des salles mythiques de la capitale française.</p>
<p><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/zenith-chiffres.jpg"><img class="alignnone  wp-image-22095" alt="zenith-chiffres" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/zenith-chiffres.jpg" width="788" height="288" /></a></p>
<p>Le moins que l’on puisse dire, c’est que le <strong>Zénith de Paris</strong> n’a pas hésité à faire dans le beau et l’efficace avec cet ouvrage, les <strong>éditions Ipanema</strong>, auteurs de la mise en page et de la direction artistique ayant réalisé un véritable travail de qualité. Il faut dire que le livre est servi par une iconographie de choix, regroupant des photos de concert de ces trente dernières années. Et à ce petit jeu, le Zénith peut se targuer d’avoir vu défiler quelques poids lourds de la scène musicale française et internationale : <strong>Deep Purple, Frank Zappa, Gorillaz, Guns n’Roses, Iggy Pop, Indochine, Iron Maiden, 50 Cent, Amy Winehouse, Asaf Avidan, Bruce Springsteen</strong> et des centaines d’autres, tous compilés à la fin de cette création, avec leur année de passage.</p>
<p><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/Extraits_Page_4.jpg"><img alt="Extraits_Page_4" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/Extraits_Page_4.jpg" width="500" height="250" /></a></p>
<p>Quitte à mettre les petits plats dans les grands, le Zénith n’oublie pas également la double page de ses petits frères, nés à la suite de la réussite de ce premier venu dans l’Hexagone. On retrouve également quelques signatures célèbres extraites du livre d’or et une nouvelle double page consacrée aux pass « all access », les précieux sésames réservés à quelques chanceux lors des dates des artistes.</p>
<p><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/Extraits_Pages_34-35.jpg"><img alt="Extraits_Pages_34-35" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/Extraits_Pages_34-35.jpg" width="500" height="250" /></a></p>
<p>Ponctuant les photos en noir et blanc et en couleurs, de nombreux témoignages de personnalités musicales et culturelles donnent à voir les impressions intenses qu’a pu créer le Zénith de Paris avec sa programmation (<strong>Antoine de Caunes, Jacques Higelin, Omart Sy, Arcade Fire</strong> et même quelques mots griffonnés à l’époque par le trio de<strong> Nirvana</strong>).</p>
<p>D’autres photos, du public, des travaux ou encore de la structure elle-même complètent un ouvrage intelligent, bien construit, complet et passionnant. Les plus exigeants ou les plus passionnés auraient sûrement encore réclamé anecdotes et petites histoires supplémentaires du public ou des équipes techniques, mais la majorité des lecteurs trouvera largement son compte dans cette édition de qualité. En résumé, nous tenons là un bel hommage et un témoin précieux de trente ans de culture et de musique proposées avec envie par cette salle populaire et accueillante (et au prix attractif, il faut également le préciser).</p>
<p><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/Extraits_Pages_8-9.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-22092" alt="Extraits_Pages_8-9" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/Extraits_Pages_8-9.jpg" width="500" height="250" /></a></p>
<p><b>format : </b>132 pages, livre broché, 270 x 270 mm<br />
<b>Icono : </b>plus de 100 photos couleurs et noir &amp; blanc<br />
<b>Prix : </b>29 euros<br />
<b>parution : </b>9 octobre 2014</p>
<p><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/Extraits_Pages_94-95.jpg"><img alt="Extraits_Pages_94-95" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/01/Extraits_Pages_94-95.jpg" width="500" height="250" /></a></p>
<p><b>Avec la contribution de : </b>Jacques Higelin, Iggy Pop, Matthieu Chedid, Arcade Fire, Omar Sy, Jean Paul Gaultier, Antoine de Caunes, Jean-Jacques Goldman, Jean-Charles de Castelbajac, Kassav’, Nagui&#8230;</p>
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		<title>Wu-Tang Clan &#8211; A Better Tomorrow</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Dec 2014 16:55:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Nathan Roux]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[A Better Tomorrow]]></category>
		<category><![CDATA[Wu-Tang Clan]]></category>

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		<description><![CDATA[Plus de 20 ans après leur acclamé premier album, les neuf rappeurs du Wu-Tang Clan sortiront le 2 décembre un nouveau disque au titre...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Plus de 20 ans après leur acclamé premier album, les neuf rappeurs du <strong>Wu-Tang Clan</strong> sortiront le 2 décembre un nouveau disque au titre évocateur, <em>A Better Tomorrow</em>. Grâce au site <a title="Clique.tv" href="http://www.clique.tv/exclu/" target="_blank"><strong>Clique.tv</strong></a>, son écoute intégrale était rendue possible.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui encore, le simple fait de parler du groupe de Staten Island déclenche les passions. Autant chez les fans imperturbables de longue date que chez les amateurs déçus. Peu importe les réactions, le <em>crew</em> fait toujours parler de lui, preuve qu&rsquo;il a su fédérer et marquer plus que jamais le hip-hop américain. Avec des projets solos de piètre qualité et des clashs internes, défendre le <strong>Wu</strong> des années 2010 devient pourtant ardu. L&rsquo;annonce il y a quelques mois de la sortie d&rsquo;un album unique, présenté comme une œuvre d&rsquo;art, pour la somme de 5 millions de dollars, n&rsquo;avait fait que mettre de l&rsquo;huile sur le feu. Sans même savoir si ce projet est bel et bien réel, cette nouvelle était avant tout un très bon coup marketing, permettant à <strong>RZA</strong> et ses shaolins rappeurs d&rsquo;être de nouveau au centre des discussions.</p>
<p><strong>Robert Diggs</strong> n&rsquo;en est pourtant pas à son coup d&rsquo;essai. Véritable tête à penser de la nébuleuse depuis deux décennies, il a toujours su profiter de la moindre stratégie pour faire parler de son travail. <em>A Better Tomorrow</em>, annoncé comme le retour de la clique au complet depuis 2007, n&rsquo;y a pas échappé. Comme ces dernières années il semble être à la mode de jouer sur l&rsquo;exclusivité de son produit à travers des contrats, le chef du <strong>Wu</strong> a suivi les pas de <strong>Jay-Z</strong> avec <strong>Samsung</strong> et <strong>U2</strong> avec <strong>Itunes</strong>. Engagé avec la marque de speakers <strong>Boombotix</strong>, 8 pistes &#8211; le single <em>Keep Watch</em>, quatre autre titres, deux instrumentaux et un morceau bonus &#8211; sont disponibles pour un nombre limité de 3000 objets. L&rsquo;intéressé parle de nouvelles manières d’interagir avec la musique, mais à 79,99 $ le speaker, difficile de ne pas voir le côté business derrière ce logo jaune. Les acheteurs lui donnent pourtant raison, avec une rupture de stock dès la première semaine.</p>
<p>Même sans cette campagne marketing, ce nouveau projet du clan allait tout de même intéresser la sphère rap, bien qu&rsquo;en 2007, <em>8 Diagrams </em>donnait alors l&rsquo;aperçu d&rsquo;une cohésion moins communicative, où l&rsquo;esprit incisif et puissant du groupe, s&rsquo;était évaporé au milieu de batailles d&rsquo;égos. Bref, sept ans plus tard, ils semblent les seuls à encore y croire. Tant mieux, car ce nouveau LP n&rsquo;est pas le désastre annoncé, sans être non plus à classer parmi leurs meilleurs projets.</p>
<p><em>A Better Tomorrow</em> rassemble ainsi les formules qui plaisent depuis le début, tout en conservant les<em> gimmicks</em> et les mauvaises habitudes des neuf artistes depuis des années. Artistes au nombre de neuf et non de huit, puisque <strong>Cappadonna</strong> est plus que présent sur la plupart des morceaux. Ce qui ne suffit pas à faire oublier feu <strong>Ol&rsquo; Dirty Bastard</strong>, dont la voix est quelquefois samplée. Le <strong>Wu</strong> reste fidèle également à son essence du passé en continuant à utiliser des extraits de films de kung fu comme transitions, même si les productions n&rsquo;expriment plus autant des ambiances sombres et pesantes. Au contraire, le travail de <strong>Mathematics</strong>, <strong>4th Disciple</strong>, et bien sûr <strong>RZA</strong> est plutôt orienté vers le grandiloquent à base de cuivres (<em>Ron O&rsquo;Neal</em>,<em> 40th Street Black/ We Will Fight</em>) ou le spirituel à l&rsquo;aide de synthés et d&rsquo;orgues (<em>Mistaken Identity</em>, <em>Crushed Egos</em>).</p>
<p>Toujours dans ce soucis d&rsquo;un album qui peine à tenir debout sans jamais tomber, chaque bonne idée sera contrebalancée par plusieurs de mauvais goûts. Comme le titre éponyme avec ses notes de pianos, ses violons, et son refrain soul de bonne facture descendu par les chants R&rsquo;n'B niais au possible de <em>Miracle</em> ou <em>Keep Watch</em>. Et même lorsqu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de choeurs masculins, c&rsquo;est <strong>RZA</strong> lui-même qui vient gâcher les morceaux avec ses beuglements et cris insupportables. Pas vraiment une surprise, mais heureusement, la plupart des poids lourds du groupe tiennent la route comme <strong>Method Man</strong>. Le MC est omniprésent, surtout au début des morceaux (comme <em>Preachers&rsquo; Daughter</em> sur un sample de <em>Son of a Preacher Man</em> de <strong>Dusty Springfield</strong>) et montre son talent indéniable à chaque couplet. <strong>GZA</strong> ou <strong>Ghostface Killah</strong> suivent derrière avec un peu plus de peine, sans parler des personnalités moins connues de la bande.</p>
<p>Composé de nombreux défauts, dont des morceaux beaucoup trop longs pour une durée d&rsquo;écoute supérieure à une heure,<em> A Better Tomorrow</em> peut compter sur sa bonne foi. S&rsquo;il ne restera pas forcément dans les mémoires aux côtés des incontournables, il y a une volonté de s&rsquo;appliquer et de ne pas prendre cet enregistrement à la légère. Certes bancal, il s&rsquo;en sort de peu et évite de plonger les compères du micro dans la caricature pure et dure. Avec plus de vingt ans de carrière, des classiques à foison et en plein dans la quarantaine, les rappeurs du <strong>Wu-Tang Clan</strong> peuvent se targuer d&rsquo;avoir su rebondir là où certains voulaient les voir chuter. Peu nombreux doivent être les concurrents de leur génération pouvant en faire autant. Tel le ciel radieux de la pochette, l&rsquo;avenir du clan n&rsquo;est peut être pas si brouillé. Seul demain le dira, et demain c&rsquo;est loin.</p>
<p><strong>Auteur : Nathan Roux</strong></p>
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		<title>Vince Staples &#8211; Hell Can Wait</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Nov 2014 19:35:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Nathan Roux]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Avec son premier EP <em>Hell Can Wait</em>, sorti le 7 octobre 2014, le rappeur <strong>Vince Staples</strong> confirme toutes les louanges à son sujet depuis quelques années. Retour sur un artiste qui préfère souffler sur les braises plutôt que de les éteindre.</p>
<p>Depuis ses premiers projets tels que les mixtapes <em>Shyne Coldchain Vol. 1</em> et <em>2</em> et <em>Stolen Youth</em>, <strong>Staples</strong> n&rsquo;empreinte pas la même voie que son aîné <strong>Kendrick Lamar</strong> sur <em>Good Kid Maad City</em>, succès de 2012. Plus froid, lancinant et direct, sa philosophie est liée à la violence de son quartier de Long Beach avec une fascination pour la criminalité. Né en 1993, l&rsquo;ADN de la grande période du gangsta rap de <strong>Dr. Dre</strong> et autre <strong>Snoop Dogg</strong> coule dans ses veines et se sent dans sa musique. L&rsquo;humour graveleux en moins. Car impossible de parler de cette année sans se souvenir des émeutes meurtrières de 1992. Evénements qui avaient vu la population noire de Los Angeles se soulever contre les forces de l&rsquo;ordre pour causes de bavures et d&rsquo;injustice judiciaire. Venu au jour quelques mois seulement après ces incidents, et âgé à présent de 21 ans, <strong>Vince</strong> fait partie d&rsquo;une nouvelle génération. Celle qui témoigne que dans les ghettos américains, rien n&rsquo;a changé. Racisme, drogue, violence seront son moteur, et pas question de s&rsquo;en détourner.</p>
<p>Constitué de seulement sept titres, l&rsquo;EP concentre en 23 minutes toute cette urgence et cette rage pour mieux les laisser exploser. L&rsquo;écoute des morceaux se fait constamment sous pression laissant fureter un danger à n&rsquo;importe quel coin de rue. Pourtant très aiguë, la voix de <strong>Vince Staples</strong> ne fait pas défaut à l&rsquo;ensemble, au contraire. Elle exprime encore mieux cette froideur de ces jeunes devenus adultes trop tôt et cette accoutumance à la violence cachée sous forme de nonchalance. Comme lors de l&rsquo;intro <em>Fire</em> où il rappe simplement le fait que peu importe qu&rsquo;il ait quitté l&rsquo;école ou que tout autour de lui s’effondre, il ira en enfer quoiqu&rsquo;il arrive.</p>
<p>Un sort qu&rsquo;il semble accepter sans sourciller et surtout sans se plaindre. Ce n&rsquo;est pas le cuivre triste et mélancolique de <em>65 Hunnid</em> ajouté aux violons qui diront le contraire. <em>Screen Door</em> le voit rapper encore plus doucement que d&rsquo;habitude pour parler d&rsquo;une journée ordinaire à la maison. Sauf que le père est accro, consomme de la drogue devant les yeux de ses enfants, et que la police attend dehors avec un mandat de perquisition.</p>
<p>N&rsquo;avoir aucun moment de répit, devoir être toujours vigilant et apprivoiser la mort, tel est le destin des jeunes afro-américains comme le rappeur le décrit. <em>Hands Up</em> le voit parler des derniers événements polémiques de l&rsquo;actualité liés aux meurtres de noirs par une police toujours critiquée. Avec ces alarmes et des basses bien grasses, la production de <strong>No ID</strong> plonge l&rsquo;auditeur en pleine guerilla où il est impossible de faire un pas sans marcher sur des douilles ou des seringues usagées. Ce côté politique tout en étant attaché à l&rsquo;imagerie des gangs lui vaut d&rsquo;ailleurs de plus en plus la comparaison avec l&rsquo;autre rappeur de la Californie <strong>Ice Cube</strong>, présent 20 ans auparavant.</p>
<p>La violence ne vampirise pas totalement la pensée du rappeur et il réussit à relativiser sur sa condition et son passé maintenant qu&rsquo;il connaît le succès. Même si les démons planent toujours, comme dans le single <em>Blue Suede</em> et ce son de drone inquiétant, où il explique qu&rsquo;il était prêt à tout, seulement pour des pairs de Jordan. <em>Limos</em> avec la chanteuse <strong>Teyana Taylor</strong> au refrain, essaye de faire la différence entre femmes croqueuses de diamants et amour sincère. Tandis que <em>Feelin the Love</em> montre que quoi qu&rsquo;il arrive, son premier choix restera son public et sa musique. Ces deux morceaux permettent d&rsquo;ailleurs de souffler après le brasier créé par les précédents.</p>
<p>Proche au départ du collectif <strong>Odd Future</strong> et de son charismatique mais timbré leader <strong>Tyler, the Creator</strong>, pas étonnant que le style de <strong>Vince Staples</strong> mélange le glauque et les ambiances pesantes. Signé chez Def Jam, avec cet EP comme premier projet commercial et un talent indéniable, le Californien a tout en main pour devenir important. Pas seulement dans la musique, mais pour faire entendre la voix de milliers de jeunes noirs qui comme lui auparavant, ont connu la détresse des ghettos américains. Et rien que pour ça, l&rsquo;enfer peut attendre.</p>
<p><strong>Auteur : Nathan Roux</strong></p>
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		<title>Run The Jewels &#8211; Run The Jewels 2</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Nov 2014 12:49:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Nathan Roux]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que certains voient Internet comme l&rsquo;unique coupable d&rsquo;un marché dit en crise, des artistes utilisent ce média à bon escient. <strong>El-P</strong> et <strong>Killer Mike</strong>, rassemblés sous le nom de <strong>Run the Jewels</strong>, continuent d&rsquo;enflammer la toile avec le sequel <em>Run the Jewels 2</em> sorti le 24 octobre 2014.</p>
<p>Leur projet éponyme, sorti l&rsquo;an passé, est un succès critique et a pour mérite d&rsquo;être disponible gratuitement sur le net. Avec cette action, les deux artistes se sont assurés la sympathie des internautes et amateurs de musique. Leur bonhomie sur les réseaux sociaux, leurs shows géniaux et un second degré assumé à travers les clips, ont contribué à les rendre <em>hype</em> et à renforcer leur<em> fan base.</em> Une réussite telle Internet en connaît des centaines tous les ans. Seulement voilà, le groupe est là pour durer. L&rsquo;annonce d&rsquo;un sequel à leur premier LP est venu confirmer cet enthousiasme.</p>
<p>Sorti fin octobre grâce à une campagne <strong>Kickstarter</strong>, le disque est tout de même proposé librement en téléchargement. Les contreparties du crowdfunding permettaient de voir qu&rsquo;aucun des deux MCs n&rsquo;avait perdu le sens de l&rsquo;humour. Pour des sommes extravagantes, les hypothétiques contributeurs pouvaient accueillir les deux rappeurs pour fumer de l&rsquo;herbe ensemble ou leur faire arrêter la musique et avoir les droits sur des morceaux exclusifs. Pour les plus simples auditeurs, l&rsquo;écoute du disque, en matérialisé ou non, était le seul choix. Et ce n&rsquo;est déjà pas mal.</p>
<p>Le bien nommé <em>Run the Jewels 2</em> marche sur les traces de son prédécesseur. Plus qu&rsquo;une simple suite, il devient plus solide, gagne en cohérence et n&rsquo;est pas prêt à se calmer pour autant. Si les mélodies de 2013 dégageaient une folie sophistiquée, l&rsquo;ensemble pouvait s&rsquo;éparpiller tel un tir de chevrotine. Ces nouvelles sonorités, par contre, s&rsquo;apparentent plus à un tir au fusil de précision. Précis, sans bavure et diablement efficace. L&rsquo;énergie est utilisée à bon escient et se décharge dans une même direction. Comme si les quatre premiers titres symbolisaient l&rsquo;impact dans le crâne de tous les auditeurs, et la suite de l&rsquo;album, leur lente agonie. Avec toujours ces sursauts et poussées d&rsquo;adrénaline typiques d&rsquo;<strong>El-P</strong>.</p>
<p><em>Blockbuster Night Part 1</em>, avec ses notes grasses et inquiétantes au synthé et son <em>beat</em> imposant est parfait pour une scène d&rsquo;explosion au ralenti, le dos tourné bien entendu. <em>Oh My Darling Don&rsquo;t Cry</em>, avec son bruit de radar en boucle, repousse les limites du <em>sampling</em> vocal en faisant se répondre des voix pitchées pour créer le refrain. Que dire de <em>Close Your Eyes (And Count to Fuck)</em> qui voit <strong>Zach de la Rocha</strong> rapper sur sa propre voix répétée sans cesse avec une hargne qui rappelle les meilleurs moment de <strong>RATM</strong> ? En même temps, un tel cataclysme était prévisible avec ce premier titre qui porte le nom de <em>Jeopardy</em>.</p>
<p><em>All My Life</em>, avec son tempo lent et ses chœurs permet de souffler après cette avalanche de sons. Tout comme <em>Early</em> avec <strong>BOOTS</strong>, titre qui fait du pied du côté de l&rsquo;électro voire de la techno avec son refrain chanté d&rsquo;une voix cristalline. <em>All Due Respect</em>, avec <strong>Travis Barker</strong> à la batterie, est une montagne russe sans fin où se mêlent flows ultra rapides et cris de guerrila. A peine remis de ses émotions, un son distordu vient instaurer une ambiance moite avec le très cru <em>Love Again</em>. Titre où les deux mâles fanfaronnent sur leurs relations avec les femmes avant que la rappeuse <strong>Gangsta Boo</strong> ne viennent remettre les choses au clair avec un couplet d&rsquo;un féminisme d&rsquo;un autre genre.</p>
<p>La réussite de <strong>Run the Jewels</strong> est la preuve qu&rsquo;Internet permet aux artistes d&rsquo;être créatifs et même de pouvoir toucher un public plus large. Certes l&rsquo;expérience des deux hommes à l&rsquo;aube de la quarantaine pèse dans la balance, mais avant tout, l&rsquo;amour pour la musique est le critère qui prévaut. Signe ultime de l&rsquo;amour du public pour le duo, la somme colossale rassemblée pour le projet <em>Meow the Jewels</em>, le remix entièrement constitué de miaulements de <strong>RTJ2</strong>. A la base, une simple blague, le projet est devenu réel et voit des noms prestigieux comme <strong>The Alchemist</strong>, <strong>Just Blaze</strong> ou <strong>Prince Paul</strong> vouloir participer au projet. Bienvenue sur Internet, <strong>El-P</strong> et <strong>Killer Mike</strong> seront vos guides.</p>
<p><strong>Article : Nathan Roux</strong></p>
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		<title>Musique et cinéma : Gone Girl</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Nov 2014 11:12:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[timé zoppé]]></dc:creator>
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<p><span>Sorti le 8 octobre dernier, <b><i>Gone Girl</i></b> est le dixième long métrage de <b>David Fincher</b>. Le réalisateur de <b><i>Seven</i></b><i>, <b>Fight Club</b></i> ou encore <b><i>Zodiac</i></b> compose un nouveau thriller virtuose qui nous plonge dans un récit quasiment impossible à anticiper. Épaulé, une nouvelle fois, par ses acolytes <b>Trent Reznor</b> et <b>Atticus Ross</b>, qui signent la bande originale, Fincher se joue des spectateurs pour leur livrer, in fine, sa vision apocalyptique du couple.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Adapté du best-seller <i>Les Apparences</i> par son auteure, la romancière américaine <strong>Gillian Flynn</strong>, <i>Gone Girl</i> suit de manière non chronologique les étapes de la relation de Nick (Ben Affleck) et Amy (Rosamund Pike). Alors que les tourtereaux se sont rencontrés puis mariés à New-York, ils décident de déménager dans le Missouri, état natal de Nick, pour s’occuper de sa mère malade. Le matin de leur cinquième anniversaire de mariage, il signale la disparition de sa femme à la police…</span></p>
<p class="MsoNormal"><i><span>Gone Girl</span></i><span> se construit comme un jeu de piste dans les méandres des problèmes conjugaux de Nick et Amy. Plusieurs fois dans le film, des retournements de situations en bouleversent les enjeux, ce qui finit étrangement par remiser la passionnante critique du mariage qu’il augurait pour laisser place à une étude stérile du désastre que peut provoquer une personne dérangée dans un couple.</span></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/10/Gone-girl.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-20581" alt="Gone girl" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/10/Gone-girl.jpg" width="900" height="597" /></a></p>
<p class="MsoNormal">Crédit photo : <em>20th Century Fox</em></p>
<p class="MsoNormal"><span>Seule faiblesse du long métrage, cet aspect bizarrement simpliste du scénario (qui réactive par ailleurs certains clichés misogynes et masculinistes) n’empêche pas de se délecter de tout le reste. À commencer par la musique, qui souligne en nuance le malaise distillé tout au long de l’histoire. Il s’agit de la troisième collaboration de Trent Reznor, connu depuis les années 1990 pour son projet de metal industriel <b>Nine Inch Nails</b>, et de son complice Atticus Ross avec David Fincher, après les bandes originales de <b><i>The Social Network</i></b> et <b><i>Millénium. </i></b>Moins frénétique que la première et moins angoissante que la deuxième, cette nouvelle partition ne détonne pas de l’univers musical du duo tout en sonnant à priori comme sa plus lumineuse.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mais, dès le début du film, chaque morceau laisse transparaître une certaine inquiétude. Les tonalités sont changeantes, rien ne s’installe, le doute s’immisce. Un comble pour des pistes composées à partir de nappes de sons cristallins et aériens. Progressivement, bruits de sonar et interférences diverses viennent troubler ces mélodies éthérées et doucement mélancoliques (<i>What have we done to each other ?, Sugar Storm…</i>). Au fur et à mesure des révélations sur le couple et de la descente aux enfers de Nick, harcelé par les médias et suspecté du meurtre d’Amy par la police, la musique s’affole, se dérègle dès le début des morceaux. </span></p>
<p><span>Les compositeurs vont jusqu’à s’autoriser une embardée grotesque et jouissive lorsqu’ils soulignent une scène sanglante à la fin du film, manifestement encouragés par la surenchère parodique d’hémoglobine à l’écran. Sur le morceau <i>Consummation</i>, ils semblent appuyer de tout leur poids sur la même note de synthé après chaque fondu au noir, au moment où une nouvelle image choc<span>  </span>apparaît. L’effet comique produit contribue à faire basculer <i>Gone Girl</i> du côté de la farce macabre, achevant de nous prouver la folie du personnage à l’écran. Cumulé avec ses méfaits passés, l’événement annule la possibilité d’un propos universel sur le mariage pour se focaliser sur un cas très particulier.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Cela ne discrédite pas pour autant l’ensemble des réflexions véhiculées par le film. Les problématiques liées à l’usure du couple et à la volonté inconsciente de façonner l’autre à l’image de son propre idéal fonctionnent toujours rétroactivement, même après les révélations finales. Insidieuse, la musique de Reznor et Atticus continue de résonner sur le générique final en nous maintenant dans l’incertitude : <i>What Will We Do </i>?</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>Texte : Timé Zoppé</strong></p>
<p><em> La bande originale du film est éditée par Columbia et en écoute sur Deezer : <a title="bande son film" href="http://www.deezer.com/album/8709085" target="_blank">http://www.deezer.com/album/8709085</a></em></p>
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		<title>Musique et cinéma : Saint Laurent</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Oct 2014 11:59:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[timé zoppé]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Après le biopic de Jalil Lespert adoubé par Pierre Bergé, la version « maudite » signée <b>Bertrand Bonello</b> (puisque celle-ci n’a pas eu l’accord du compagnon du couturier) est finalement parvenue sur nos écrans ce mercredi 24 septembre. <b><i>Saint Laurent</i></b> propose une vision radicalement différente de la vie chaotique du légendaire créateur, sans respect de la chronologie. Il s’agit surtout d’une tentative brillante pour transcrire sa perception même des événements.</p>
<p>Pour élaborer cet aspect sensoriel, Bertrand Bonello a construit son film en conférant, comme à son habitude, une place de choix à la musique. Rien d’étonnant, puisque le Français a lui-même commencé sa carrière dans ce domaine. De formation classique, il a d’abord travaillé avec des artistes (<b>Françoise Hardy</b>, <b>Daniel Darc</b>…) avant de se tourner vers le cinéma. Il n’a en revanche jamais lâché les synthés, composant la plupart du temps ses propres bandes originales. Dans son précédent long métrage, <i>L’Apollonide, souvenirs de la maison close</i> en 2011, il mêlait ses morceaux à des tubes soul anachroniques (on se souvient particulièrement du lancinant <i>Nights in White Satin</i> de <b>The Moody Blues</b> ou du détonant <i>Bad Girl</i> de <b>Lee Moses </b>sur le générique de fin), le film se déroulant au début du XXe siècle.</p>
<p>Pour <i>Saint Laurent</i>, il a choisi de se concentrer essentiellement sur la période 1967-1976 de la vie du créateur, incarné avec grâce et profondeur par <b>Gaspard Ulliel</b>. Les années sont charnières, puisqu’elles sont marquées par le grand succès de son travail dans la mode mais également par le début de sa décadence personnelle (dont la triade drogue/alcool/sexe, symptomatique de son mal-être). Preuve qu’il ne laisse jamais rien au hasard, le cinéaste a sélectionné des morceaux sortis dans la décennie couverte par le film. On pourrait penser qu’il s’agit d’une volonté de coller à la réalité de l’époque en en reconstituant le contexte. Sauf que les tubes sont pour la plupart de la soul américaine, probablement pas le genre le plus populaire en France durant ces années.</p>
<p>Au-delà du goût et des obsessions du réalisateur, le parti pris trouve sa cohérence dans le destin du couturier, puisque sa flamboyante déchéance se rapproche de celle de plusieurs personnalités hollywoodiennes et new-yorkaises de l’époque. Au cours du film, Saint Laurent entretient d’ailleurs un échange épistolaire avec l’une de ces figures, <b>Andy Warhol</b>, alors que l’on retrouve le <b>Velvet Underground</b> (groupe que Warhol a produit au sein de sa <b>Factory</b>) sur la B.O. La boucle est bouclée.</p>
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<p style="text-align: center;"><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/09/598412.jpg"><img class="size-large wp-image-19674 aligncenter" alt="598412" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/09/598412-1024x576.jpg" width="690" height="388" /></a></p>
<p>Crédit photo : <i>2014 Mandarin Cinéma – Europacorp – Orange Studio – Arte France Cinéma – Scope Pictures / Carole Bethuel</i></p>
<p>Au contraire du film de Jalil Lespert, <i>Saint Laurent</i> n’explore pas la relation Yves Saint Laurent/Pierre Bergé sous son aspect romantique. Entre les deux, il est plutôt question de pouvoir, de contrôle ou de concessions. Et pour cause : Bergé est un homme d’affaire, Saint Laurent un artiste. La scène de club où le couturier rencontre son deuxième amour apparaît alors, dans chacun de ses aspects, comme une véritable libération. Sous un plafond bariolé de néons multicolores, la caméra navigue entre Jacques de Bascher (<b>Louis Garrel</b>, plus à l’aise que jamais dans ce rôle de dandy sexuel) et Saint Laurent qui se jaugent et s’admirent pour la première fois sur l’irrésistible <i>Didn’t say a word</i> de <b>Patti Austin</b>. Une séquence époustouflante que le cinéaste laisse se déployer dans la durée, prenant le temps de s’attarder sur les déhanchements de la foule et laissant les regards se plonger l’un dans l’autre.</p>
<p>Bonello complète la bande son en composant des morceaux synthétiques rétrofuturistes, au beat parfois disco (<i>La mort de Moujik</i>). Il réussit à créer une atmosphère habitée et pénétrante et à nous immerger dans un mental constamment travaillé par les paradoxes. Musique et montage nous font appréhender chaque séquence comme un rêve, sans malgré tout nous délester du poids de la réalité de Saint Laurent (l’urgence des collections à dessiner). Considérant, en plus, ses difficiles conditions de création, le cinéaste a accompli là un véritable tour de force que n’aurait sans doute pas renié le couturier.</p>
<p><b>Texte : Timé Zoppé</b></p>
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		<title>Rustie &#8211; Green Language</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Sep 2014 12:41:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Nathan Roux]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[electro]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Deux flamants roses devant un paysage clair et blanc. Voici la pochette du nouvel album de l&rsquo;écossais <strong>Rustie</strong>, sorti le 25 août dernier. Sans doute pour montrer un amour caché de l&rsquo;ornithologie du producteur. A moins qu&rsquo;il n&rsquo;y ait un sens caché sur le contenu musical du disque. Un peu des deux à vrai dire. La réponse pourrait même vous étonner.</p>
<p>Pour tenter de trouver une explication, il faut se pencher sur le titre même de l&rsquo;opus. <em>Green language</em> ou &nbsp;&raquo;langue verte&nbsp;&raquo; aurait un lien avec le &nbsp;&raquo;langage des oiseaux&nbsp;&raquo;, une langue secrète née depuis des siècles, où ses auteurs s&rsquo;amusaient à donner des sens nouveaux aux mots. Les sonorités, la compréhension et la signification des phrases se retrouvaient alors chamboulées. Simple manière de communiquer entre communautés sous forme de codes, elle a évoluée jusqu&rsquo;à devenir source de débat philosophique au XXe siècle.</p>
<p>Y voir un rapprochement avec la musique électronique de <strong>Russel Whyte</strong> peut alors déconcerter. C&rsquo;est sans compter la symbolique et la dimension plurielle de cette langue. Elle renvoie à l&rsquo;imaginaire, à l&rsquo;onirique, invite à faire confiance aux sons plutôt qu&rsquo;à l&rsquo;écrit. A se laisser guider par des sonorités invisibles et à voir le monde qui nous entoure d&rsquo;une autre façon. En réinterprétant ce que l&rsquo;humain pensait comme acquis en lui donnant une toute autre dimension. Une fois ce travail sur lui-même fait, la personne peut alors communiquer et en comprendre d&rsquo;autres, qui comme lui, se sont laissés porter.</p>
<p>Pour <strong>Rustie</strong>, un artiste électro connu pour ses ambiances atmosphériques, ses productions <em>down tempo</em> et ses mélodies cotonneuses, tout prend sens. Avec son deuxième album, il souhaite faire voyager son public à travers des mondes voulus les plus immersifs possibles. Des mondes où la frontière entre la musique et le langage n&rsquo;existe plus, chacun pouvant se laisser porter où bon lui semble et être libre de comprendre ses productions comme il l&rsquo;entend. Il n&rsquo;y a pas qu&rsquo;une seule manière d&rsquo;interpréter son travail, il y en a des millions.</p>
<p>Attendue depuis le succès de <em>Grass Swords</em> en 2011, la deuxième sortie de l&rsquo;artiste signé chez <strong>Warp</strong> change un tant soit peu sa composition. <strong>Whyte</strong> lui-même s&rsquo;était engagé à rendre <em>Green Language</em> plus sérieux et mature que son prédécesseur. Le producteur reste cependant dans ce qu&rsquo;il sait faire de mieux, à savoir des mélanges surprenants d&rsquo;<em>ambiant</em>, d&rsquo;électro avec une touche de hip-hop.</p>
<p>Et tant mieux. Dès le début (<em>Workship</em>), des bruitages et des notes de synthés jouées simultanément donnent l&rsquo;impression de s&rsquo;être téléporté en plein film de science-fiction. <em>Glimpse</em> conforte cette impression avec toujours ces mêmes claviers en fond. Mais ce sont surtout ces sons plus clairs qui invitent à naviguer dans ce nouveau monde, où il n&rsquo;est pas question d&rsquo;univers post apocalyptique mais d&rsquo;une découverte d&rsquo;un environnement qu&rsquo;on imagine superbe.</p>
<p><em>Raptor</em>, premier single de l&rsquo;album, enchaîne avec un rythme rapide et des sons entraînants, comme si d&rsquo;un coup on venait de se faire aspirer par une force invisible. Le trip se termine et les sons redeviennent plus calmes, plus sereins. <em>Paradise Stone</em> montre le bout de son nez, et déjà les cloches résonnent dans nos têtes comme pour nous guider vers une autre direction.</p>
<p>Tous les morceaux sont teintés de cette électro généreuse, chaude, qui fait tout de même danser. Tout du long, des notes semblent nous murmurer des choses à l&rsquo;oreille, tandis que des titres comme <em>Velcro</em>, <em>Lost</em> (et son vocodeur) ou <em>Dream On</em> plongent à tout les coups l&rsquo;auditeur dans un climat particulier et onirique. Les fans de hip-hop pourront retrouver <strong>D Double E</strong> (<em>Up Down</em>) et <strong>Danny Brown</strong> sur le survolté<em> Attak</em> et se rendre compte que l&rsquo;électro peut tout à fait être compatible avec ce style de musique.<br /> <em>Green Language</em> contient tout du long de ses 36 minutes, des bruits d&rsquo;animaux, des bruitages sortis d&rsquo;ailleurs et des sons difficilement identifiables mais qui semblent tous avoir quelque chose à raconter. Comme un appel à réécouter cet album afin de mieux profiter de chaque instant. Alors que de nombreux artistes cherchent à donner du sens et de l&rsquo;émotion à leur musique, <strong>Rustie</strong> signe ici un album à rendre vert de jalousie la concurrence.</p>
<p><strong>Article : Nathan Roux</strong></p>
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