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	<title>Magazine Karma &#187; interview</title>
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	<description>Le Magazine des Musiques Actuelles en Lorraine et au Luxembourg</description>
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		<title>Interview : Fauve</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Feb 2015 17:18:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Ugo]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Deuxième rencontre avec le collectif <strong>Fauve</strong>, en la personne de leur chanteur, s&rsquo;adressant toujours au nom du collectif, à l&rsquo;occasion de la sortie de leur deuxième album, <em>Vieux Frères &#8211; Partie 2</em>. Ils seront également de passage au <strong>Galaxie d&rsquo;Amnéville</strong> le 22 mai 2015.</p>
<p><b>Votre nouvel album est sorti ce lundi 16 février. Tout se passe bien jusqu’ici ?<br />
</b><strong>Fauve : </strong>Oui, on est content que ça soit sorti, qu’il existe. Nous, le disque, ça fait un bout de temps qu’il est fini. On commence à avoir du recul dessus. On a l’impression d’avoir fait un disque qui nous ressemble, dans la continuité du premier mais avec une volonté de progression. Il y a pleins de choses à parfaire.</p>
<p><b>Vous avez dit dans une interview que vous aviez le sentiment que ce deuxième album était perçu « de la bonne manière » par la presse. C’est-à-dire ?<br />
</b>Tu ne sais jamais trop quand tu fais un disque comme ça. La partie 1 était dans la continuité, on s’est donné peu de temps pour le faire et on était peut-être plus dans l’urgence. Là, on s’est ménagé une session de travail et d’écriture en avril dernier, puis pendant la tournée et en septembre. On l’a fait de manière différente, ce qui joue. On voulait creuser certaines choses. Faire des instrus plus variées, aller chercher dans la voix et les textes, avoir des champs différents. Et puis on avait l’impression d’avoir une espèce de liberté à exploiter, quitte à faire un disque moins accessible, plus complexe, moins évident au premier abord. Les gens continuent de nous reconnaître.</p>
<p><b>Tu parlais de l’écriture des paroles. Comment se passe ce travail ?<br />
</b>En fait, on commence par les textes. Une personne centralise, mais chacun n’écrit pas non plus dans son coin. Chacun vit des trucs, dans le collectif, en dehors, on échange sur le sujet et c’est centralisé à l’image d’un greffier ou d’un scribe, afin de faire un agrégat de nos vies. Chacun a sa casquette dans Fauve. Certains s’occupent plus de la vidéo, d’autres de la guitare, etc. Moi je m’occupe des textes. Je suis celui qui met en mot ce qu’il se passe. En répèt, on bosse surtout les instrus, je n’écris pas en direct ou très peu. Je fais ça en étant seul.</p>
<p><b>Parlons de l’album à présent. Peux-tu nous en dire plus sur le premier morceau ?</b><br />
C’est une chanson qui parle du plaisir d’un sentiment retrouvé. Un sentiment de légèreté, un sentiment d’innocence, que tout est possible. Comme quand tu es plus jeune. Ce sentiment, on avait l’impression qu’il avait un peu disparu, en grandissant, en travaillant. Avec Fauve, ce sentiment revient, on a presque l’impression de rajeunir.</p>
<p><b>Qu’est ce qui a guidé l’écriture de la chanson Bermudes ?<br />
</b>Ça fait partie des morceaux un peu lourds de l’album, qu’on a besoin de  faire pour évacuer des trucs. Là, t’évacue tout, d’un coup. C’est un catalogue de choses que tu vois, que tu vis et que tu as besoin d’exorciser.</p>
<p><b>J’ai l’impression qu’un sujet revient depuis le début dans Fauve, à savoir votre rapport aux relations et à l’amour. Vous n’avez pas l’impression qu’il y a une certaine génération en perte de repères à ce sujet ?<br />
</b>On aime pas parler pour des gens qu’on ne connait pas…on parle que de nous-mêmes. On a l’impression que ça peut être compliqué, on est une génération qui attend de l’engagement. On a à la fois peur de la solitude mais aussi de s’engager. En ce qui nous concerne, on est en recherche de quelque chose de sain, de beau, de lumineux, de solide. On ne cherche pas quelque chose de destructeur, une passion. On partage ça entre nous. On n’est pas si en perte de repères que ça, en ce qui concerne Fauve.</p>
<p><b>L’album se termine par Hautes-Lumières et un certain message d’espoir… vous avez réfléchi à l’après ?<br />
</b>Là, on est carrément dans les répèts, la tournée, mais on commence à réfléchir à la suite. Ça fait un bout de temps qu’on en parle, entre nous. On va faire une longue pause. On ne sait pas ce qu’on fera. On a des envies, mais on se dit que ce sera bien aussi de mettre Fauve en silencieux pendant un moment, définitivement ou non. C’est très prenant comme projet. Il faut savoir se ménager.</p>
<p><b>Qu’est-ce qui a guidé le choix de produire deux albums séparés ?<br />
</b>La question s’est posée en commençant à enregistrer le premier album. On avait trop de titres en chantier. On a séparé les titres, une minorité étant gardée pour le deuxième album. On voulait garder une même histoire d’un album à l’autre. Mais le premier album l’année dernière était prévu dans tous les cas. On voulait sortir quelque chose à ce moment-là.</p>
<p><b>Qu’est ce qui se cache derrière le titre TRW ?<br />
</b>C’est un hommage à un musicien noir des années 1970, qui s’appelle Gil Scott-Heron, il a un morceau qui s’appelle <i>The Revolution Will not be Televised</i>. D’où les lettres.</p>
<p><b>Pourquoi ce choix de jouer dans la majorité des principales salles de concert de Paris ?</b><br />
On avait envie de changer par rapport à l’année dernière où on avait fait des séries de Bataclan. On trouvait marrant de faire ça. Ça fait un challenge, on va jouer tous les soirs dans une salle différente, du gros, du moyen, du petit. On voulait aussi revenir dans les salles où on a commencé.</p>
<p><b>En tournée, vous allez notamment jouer &#8211; parmi les grosses salles – au Galaxie d’Amnéville, qui a une jauge maximum de 15 000 personnes…<br />
</b>Oui, alors, le but n’est pas de faire une jauge maximale. Si on est à 3000, c’est déjà bien. Faut pas que ce soit non plus le salon de l’agriculture. On est obligé, en fait. On ne voulait pas refaire les mêmes salles que l’année dernière, la tournée des SMACS. Du coup, là, on voulait faire moins de dates mais des salles plus grosses, par conséquent. En France, il n’y a pas trop de salles de 3000 places. On passe tout de suite d’une SMAC de 1500 à un Zénith. On a voulu faire ça à la Fauve du coup, intelligemment, en apportant un plus, faire des « nuits fauves » avec les décos, le babyfoot et les copains, pour faire une soirée kermesse plutôt qu’un concert.</p>
<p><b>Vous approchez les 500 000 likes sur Facebook. Comment on s’adresse à autant de gens ?<br />
</b>En restant pareil, comme quand on s’adressait à 50 personnes. On n’a jamais changé là-dessus. Les personnes qui t’écoutent, même si le public s’agrandit, c’est le même échantillon qu’au début. Il y a juste plus de gens.</p>
<p><b>Quelques mots sur ce qui vous attiré chez le groupe lorrain Grand Blanc ?<br />
</b>C’est marrant, on était avec eux hier soir sur France Inter. C’est un groupe qu’on a découvert l’année dernière, qui nous a vraiment vraiment impressionnés. Leur esthétique, leur son, leurs paroles. Ils sont supers sympas et très investis dans ce qu’ils font. On a trouvé des résonnances par rapport à Fauve. On est hyper content de pouvoir jouer avec eux, on va recommencer sur cette tournée. C’est un groupe qu’on soutient à fond. C’est un des groupes les plus intéressants pour le moment.</p>
<p><b>Qu’est-ce que ça représente pour vous la musique ?<br />
</b>C’est une thérapie de groupe. Une façon d’expulser des trucs qui peuvent être pesants et de sacraliser les belles choses. Un genre d’avatar de nous-même qui nous permet de nous décharger de pleins de choses.</p>
<p><b>Beatles ou Rolling Stones ?<br />
</b>Pendant longtemps on était vraiment Beatles à fond, et puis finalement les Stones c’est cool aussi. Dans les Stones, il y a un côté canaille qui coule et qui est super inventif, comme tu peux entendre dans les Pixies. Au début, tu te dis que ce n’est que du « rock’n’roll », et puis tu te rends compte que c’est beaucoup mieux troussé que ça, c’est brillantissime. Les Beatles, c’est plus intuitif. Là, notre choix serait un peu les deux, mais plus les Beatles, de manière historique. Mais il faut écouter les Stones dans les années 1980, il y a des trucs très bien !</p>
<p><strong>Propos recueillis par : Ugo Schimizzi</strong></p>
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		<title>Interview : The Struts</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Nov 2014 17:34:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Manuella]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Excentriques, extravagants, déjantés voire carrément barrés, voilà quelques adjectifs qui pourraient introduire The Struts à ceux qui ne les connaissent pas encore. Le groupe...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Excentriques, extravagants, déjantés voire carrément barrés, voilà quelques adjectifs qui pourraient introduire <strong>The Struts</strong> à ceux qui ne les connaissent pas encore. Le groupe se revendique du « glam rock » et il représente plutôt bien ce genre. C&rsquo;est dans une minuscule loge surchauffée, quelques heures avant leur concert au festival <strong>les IndisciplinéEs</strong>, que l&rsquo;on a rencontré les quatre anglais. <strong>Luke Spiller</strong> (chant), <strong>Jed Elliott</strong> (basse), <strong>Adam Slack</strong> (guitare) et <strong>Gethin Davies</strong> (batterie) étaient visiblement très heureux d&rsquo;être en France. Après un petit préambule pour raconter leur soirée agitée de la veille dans une boite lorientaise, avec quelques mots de français glissés par-ci par là, ils ont répondu à nos questions. Attention, certaines réponses sont un peu&#8230; « What the fuck ? », comme diraient ces quatre là !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Karma : Vous avez joué en juin dernier en première partie des Rolling Stones au Stade de France. C&rsquo;était comment de jouer dans un stade ?<br />
Luke :</strong> C&rsquo;était bien ! Franchement, c&rsquo;était super d&rsquo;y être et d&rsquo;ouvrir pour un de nos groupes favoris. C&rsquo;était un grand honneur pour nous. On a un peu dépassé notre temps de set, mais on voulait en profiter à fond.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Gethin :</strong> Est-ce que tu vas raconter ce qui s&rsquo;est passé ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luke :</strong> Non !&#8230; Non. Oui, alors, comme tu vois, Gethin est très cool avec moi depuis peu, parce que je ne parle pas très bien <em>(les autres rient)</em> et il est toujours là pour m&rsquo;aider&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Adam :</strong> Il n&rsquo;est pas net.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luke :</strong> &#8230;Je ne dors plus, j&rsquo;ai des pensées suicidaires&#8230; <em>(rires)</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Adam :</strong> Quoi ? Mais n&rsquo;importe quoi ! <em>(rires)</em> Il n&rsquo;a pas de pensées suicidaires, rassure-toi.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luke :</strong> Bon sinon, c&rsquo;était bien, c&rsquo;était génial même !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jed :</strong> C&rsquo;était un honneur, c&rsquo;était le plus gros concert qu&rsquo;on ait jamais joué, 80 000 personnes ! Il y a deux jours, on était en concert à Paris et c&rsquo;était sold out, grâce à cette première partie avant les Stones. Ca nous a permis d&rsquo;avoir des fans, d&rsquo;être mieux connus en France.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment vous écrivez vos chansons ?<br />
Luke :</strong> La plupart d&rsquo;entre elles sont écrites et enregistrées en quelques jours, quand on est en studio. Certaines sont des idées qu&rsquo;Adam et moi on rassemble, ou alors on les travaille chacun de notre côté. C&rsquo;est souvent comme ça qu&rsquo;on fait. Des fois, on travaille sur une boucle, avec un <em>beat</em> de batterie qui nous donne un rythme. Et d&rsquo;autres fois, c&rsquo;est juste une idée de mélodie. On a plusieurs façons de s&rsquo;y prendre. Mais le plus souvent, surtout sur le premier album, la plupart des chansons ont été écrites en studio. Donc, je crois que la réponse est : normalement, on a des temps consacrés à l&rsquo;écriture. C&rsquo;est quelque chose que certains artistes ne peuvent pas accepter, se poser et ne rien faire d&rsquo;autre qu&rsquo;écrire, mais pour nous, ça le fait.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jed :</strong> Quelques chansons sont quand même écrites en dehors de ces temps d&rsquo;écriture. Peut-être pas sur le premier album, mais on écrivait pas mal quand on tournait avant il y a deux ans, quand on avait un peu de temps. Donc il y a des trucs qui ont été écrits de manière spontanée. Luke a écrit beaucoup de choses de son côté, pendant qu&rsquo;on préparait le premier album, qu&rsquo;on n&rsquo;a pas forcément utilisées pour le groupe, mais c&rsquo;était des chansons de style opéra-rock.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luke :</strong> C&rsquo;était trop gay en fait pour The Struts <em>(rires)</em> ! Il y avait trop de choeurs. Peut-être qu&rsquo;un groupe de filles pourrait chanter ces chansons, des filles habillées tout en rose. C&rsquo;est ce style de musique-là. Mais ouais, ce que Jed a dit résume bien. Notre premier album a sans doute été fait de façon plus organisée en ce qui concerne l&rsquo;écriture en studio. C&rsquo;était une bonne façon de travailler, en fait. Quand tu as du temps comme ça, tu peux pousser plus loin, tu peux essayer de faire du mieux que tu peux en quelques jours. C&rsquo;est une bonne façon de bosser une chanson.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luke, tu es&#8230;<br />
</strong>Luke : Cool ? Sexy ? <em>(les autres rient)</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Non, je parle de ton look ! Tu portes une attention particulière à ton style vestimentaire&#8230;<br />
</strong>Luke : Oui !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Est-ce que c&rsquo;est une part de l&rsquo;identité du groupe ?<br />
Luke :</strong> Je crois que pour pas mal de gens, ça l&rsquo;est. Mais c&rsquo;est comme notre musique et notre jeu de scène. Si je m&rsquo;habille comme ça, c&rsquo;est parce que j&rsquo;en ai envie. J&rsquo;aime me déguiser selon les occasions. J&rsquo;aime donner une touche glamour à mon look. Ça m&rsquo;aide à rentrer dans mon personnage, ça m&rsquo;exalte. Et c&rsquo;est tout, en fait ! Si ça aide les gens a identifier le groupe, tant mieux, mais je ne le fais pas pour ça. Je ne suis pas du genre : « ça doit ressembler à ça, ça doit être comme ça. » Je porte juste ce que j&rsquo;aime.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Est-ce qu&rsquo;il y a un groupe ou un artiste avec lequel vous aimeriez travailler ?<br />
Luke :</strong> On ne pense pas trop à ce genre de choses, parce qu&rsquo;on a appris que c&rsquo;est avec les gens avec qui tu as une sorte d&rsquo;alchimie créative, avec qui tu es sur la même longueur d&rsquo;ondes, que tu dois travailler autant que tu peux. Donc, ça peut être n&rsquo;importe qui. Pour nous, ça pourrait être Brian May, mais ça dépend si on travaille bien, on ne voudrait pas juste d&rsquo;un duo comme ça, il faut travailler pour l&rsquo;avoir et il faudrait en discuter aussi avec Brian May. Je crois que ça dépend beaucoup de comment se passe la rencontre, tu vois ? Evidemment, on serait ravis de traîner avec Noel Gallagher, ce serait super de le rencontrer, discuter un peu. Il y en a plein d&rsquo;autres qu&rsquo;on aimerait rencontrer, comme Ray Davies&#8230; En fait, il y en a beaucoup. Ce serait cool mais ça va quand même être difficile de travailler avec des grands noms comme eux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous utilisez beaucoup les réseaux sociaux, notamment pour répondre à vos fans. C&rsquo;est important pour vous ?<br />
Luke :</strong> Ouais. J&rsquo;ai remarqué que beaucoup de groupes qui existent depuis plus de dix ans le font moins que les groupes qui émergent en ce moment. Je crois que ces groupes qui ne sont pas présents sur internet loupent quelque chose. C&rsquo;est vraiment important aujourd&rsquo;hui, avec tout ce qui se dit sur internet. Tous les jeunes vont sur internet, ils ont Instagram, Facebook&#8230; Donc c&rsquo;est hyper important. On essaie d&rsquo;être présent le plus possible. Quand on est en tournée, c&rsquo;est un moyen de partager ou de discuter avec nos fans, ça peut vraiment être productif et c&rsquo;est un truc fun pour nous.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jed :</strong> C&rsquo;est aussi un moyen d&rsquo;être proche des fans. Quand on fait un concert, on ne peut pas rencontrer chaque personne qui est venue. Donc, s&rsquo;ils n&rsquo;ont pas pu te rencontrer mais qu&rsquo;ils voient que tu discutes avec eux sur Twitter ou Facebook, c&rsquo;est cool pour eux de pouvoir avoir quand même un échange.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luke :</strong> On utilise les réseaux sociaux pour ça. Certains ne se servent de Twitter que pour la promotion par exemple, mais de notre côté, on essaie d&rsquo;interagir au maximum avec les fans. Je pense que si un groupe utilise bien les réseaux sociaux, ça peut être vraiment sympa. Si mon groupe préféré avait twitter et me répondait ou me retweetait, je ne sais même pas comment je me sentirais !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Justement, c&rsquo;est qui ton groupe préféré ?<br />
Luke :</strong> J&rsquo;aime Queen, j&rsquo;aime Led Zeppelin, j&rsquo;aime Abba&#8230; Il y a plusieurs groupes comme ça. Si un artiste que j&rsquo;aime me répondait sur Twitter, je crois que je me pisserai dessus d&rsquo;émotion.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J&rsquo;ai lu que vous aimez aussi The Vaccines ?<br />
Luke :</strong> Ouais ! J&rsquo;adore leur premier album. J&rsquo;adore aussi comment ils l&rsquo;ont appelé. D&rsquo;ailleurs, je leur ai un peu piqué l&rsquo;idée pour notre album. Ils ont une chanson super cool qui s&rsquo;appelle « Post Break Up Sex », et dans cette chanson, il y a un vers qui fait « what did you expect ? » et c&rsquo;est comme ça qu&rsquo;ils ont décidé d&rsquo;appeler leur album (le titre de l&rsquo;album est « What did you expect from The Vaccines ? » ndlr). Quand on préparait notre album et qu&rsquo;on devait définir l&rsquo;ordre des chansons, j&rsquo;ai pensé à « Everybody wants » qui est répété dans la chanson « Roll Up ». Ce n&rsquo;est pas juste le titre de la première chanson de l&rsquo;album comme ça se fait beaucoup, c&rsquo;est un des passages qui restent le plus en tête : <em>(il chantonne)</em> <em>Everybody wants, everybody wants..</em>. C&rsquo;était aussi un peu aguicheur, un peu insolent comme titre : « Everybody wants The Struts ». Ca cadrait super bien avec nous, avec le groupe. C&rsquo;est cool et ça nous fait marrer. Mais sinon, ouais, on aime beaucoup The Vaccines.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/11/IMG-20141107-00409.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-21207" alt="IMG-20141107-00409" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/11/IMG-20141107-00409-300x224.jpg" width="300" height="224" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment se passe la tournée ?<br />
Luke :</strong> Sur cette tournée, on a été bourré que deux fois <em>(les autres protestent)</em>. Je veux dire, on boit des coups et tout, mais on n&rsquo;est pas totalement déchiré. On essaie de bien se comporter. Je pense, en tout cas en ce qui me concerne, qu&rsquo;on ressent plus de responsabilités maintenant, on veut bien faire, sur scène on est à 100 % chaque soir et ce n&rsquo;est pas possible si tu fais la fête tous les soirs, que tu bois beaucoup et que tu fumes beaucoup. Au bout d&rsquo;un moment, tu te retrouves obligé d&rsquo;annuler des dates. Ca nous est arrivé et je ne veux plus que ça se reproduise. Donc, on essaie vraiment d&rsquo;être plus professionnels. Sinon, en ce moment, on est complètement à sec sur cette tournée. On n&rsquo;a plus du tout d&rsquo;argent, on a tout dépensé et on ne survit que grâce à l&rsquo;argent qu&rsquo;on gagne avec la vente de nos t-shirts.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jed</strong> <em>(qui est en train de les plier pour les ranger)</em> : C&rsquo;est pour ça qu&rsquo;on est obligé de les plier pendant l&rsquo;interview d&rsquo;ailleurs <em>(rires)</em>. Ce n&rsquo;est pas contre toi, mais il faut qu&rsquo;on bosse.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luke :</strong> Voilà ! Sinon, notre voiture est en panne&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jed :</strong> On va vraiment passer pour des losers ! <em>(rires)</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luke :</strong> Sinon, on écoute le livre audio du Seigneur des Anneaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jed :</strong> Ce qui prouve encore qu&rsquo;on est au fond du trou. <em>(rires)</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luke :</strong> C&rsquo;est vrai que ce n&rsquo;est pas marrant.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Adam :</strong> Tu rigoles ? On se marre bien !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luke :</strong> Bah moi je ne trouve pas ça très drôle. Par rapport aux tournées précédentes, où, là, c&rsquo;était vraiment l&rsquo;éclate. On a eu des grands moments. Mais on est plus concentrés maintenant. Les concerts sont complets et c&rsquo;est pour ça qu&rsquo;on fait de la musique, pour se lever le matin et se dire ce soir, je joue. Je suis désolé, on est vraiment naze sur cette réponse.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jed :</strong> Ouais carrément. Mais on a assez fait les cons, il était temps d&rsquo;arrêter. Maintenant, on fait des trucs intelligents. Enfin, la nuit dernière, on s&rsquo;est quand même bien amusés <em>(ils sont sortis en boite, ndlr)</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luke :</strong> Un peu trop, même.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Adam</strong> <em>(en français)</em><strong> :</strong> Je suis fatigué !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Est-ce qu&rsquo;il y a un festival où vous aimeriez jouer ?<br />
Luke :</strong> On aimerait faire Reading-Leeds festival et Glastonbury où on n&rsquo;a jamais joué. Ceux-là déjà, ce serait génial, ce sont un peu nos priorités. Je pense que ce n&rsquo;est qu&rsquo;une question de temps pour qu&rsquo;on y soit programmé. On a un album à défendre, donc je ne vois pas pourquoi ces festivals ne nous inviteraient pas. En tout cas, on adorerait. Cet été, on devait jouer dans un festival français <em>(les nuits d&rsquo;été à Paris, ndlr)</em> mais on n&rsquo;a pas pu, parce que je suis tombé très malade. Donc si on a l&rsquo;occasion de le faire, on sera ravi.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La dernière question, c&rsquo;est : plutôt Beatles or Rolling Stones ?<br />
Jed :</strong> Beatles ou Stones ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luke :</strong> J&rsquo;écoute bien plus les Beatles. J&rsquo;adore aussi les Stones, mais je les ai découvert bien après. Quand j&rsquo;étais plus jeune, qu&rsquo;on me disait « Oh t&rsquo;aimes Mick Jagger mais c&rsquo;est qui ? », je me demandais pourquoi. Je me suis posé la question et puis j&rsquo;ai réalisé que c&rsquo;était parce qu&rsquo;on a les mêmes influences. Tous les deux, on aime la musique soul, et Mick Jagger est en fait un blanc qui fait semblant d&rsquo;être un noir, qui chante de la musique soul. Et ça c&rsquo;est une similarité entre lui et moi. Donc j&rsquo;aurais bien répondu les Stones, parce que je les adore, mais j&rsquo;écoute beaucoup les Beatles. Et maintenant, j&rsquo;apprécie les Beatles, musicalement, ils sont un peu au dessus des Stones. Tu peux écouter leur album dans leur intégralité, comme Abbey Road, c&rsquo;est super à écouter en entier, surtout la deuxième partie d&rsquo;ailleurs avec des chansons plus longues et développées. Ou The Magical Mystery Tour qui est un autre album super cool. Je crois que si tu veux un album parfaitement réalisé, musicalement abouti, alors choisis les Beatles, sans hésiter. Mais si tu veux danser toute la nuit et faire la fête ou faire l&rsquo;amour alors, tu écouteras Sticky Fingers. Tu n&rsquo;iras pas voir une prostituée en écoutant Abbey Road, si ? Ca ne le fait pas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jed :</strong> C&rsquo;était une question rhétorique. Tu n&rsquo;es pas obligée de répondre à ça, hein ! <em>(rires)</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luke :</strong> Non, mais voilà, c&rsquo;est difficile de répondre. Ca dépend vraiment du contexte ou de ton humeur. Les Stones c&rsquo;est quand même du bon rock&rsquo;n'roll. Mais quand tu es plus calme, les Beatles, c&rsquo;est une bonne option.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je crois que c&rsquo;est la plus longue réponse qu&rsquo;on m&rsquo;ai faite à cette question.<br />
Jed :</strong> En même temps, avec lui, ce n&rsquo;est pas étonnant ! <em>(rires)</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Propos recueillis par Manuella Binet</strong></p>
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		<title>Interview : Feu! Chatterton</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Nov 2014 17:02:56 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le groupe parisien Feu! Chatterton n&#8217;en finit plus de faire parler de lui. Nous avons rencontré Antoine (basse, synthé), Clément (guitare, claviers), Arthur (chant), Sébastien...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium">Le groupe parisien <strong>Feu! Chatterton</strong> n&rsquo;en finit plus de faire parler de lui. Nous avons rencontré <strong>Antoine</strong> (basse, synthé),<strong> Clément</strong> (guitare, claviers), <strong>Arthur</strong> (chant), <strong>Sébastien</strong> (guitare, claviers) et <strong>Raphaël</strong> (batterie), lors de leur passage au <strong>festival les IndisciplinéEs</strong> à Lorient. Après quelques blagues, quelques mots sur la Bretagne, sa géographie, son public attentif et son climat, nous leurs avons posé quelques questions, en compagnie de nos confrères de <strong>Radio Vannes</strong>, de <strong>Efflorescence Culturelle</strong> et d&rsquo;un blog rennais.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><b>D&rsquo;où vient votre nom, Feu! Chatterton ?<br />
</b></span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Arthur :</strong> Ça vient d&rsquo;un tableau qui s&rsquo;appelle « La mort de Chatterton » du peintre Henry Wallis, qui a peint ça vers 1860. En fait, c&rsquo;est un tableau qui représente un jeune homme étendu sur un lit, dans une chambre de bonne à Londres. On voit à travers la fenêtre les toits de la ville. Et, il est étendu sur son lit, il est très très beau, très blanc avec des couleurs très chatoyantes, une culotte courte bleue, des cheveux rouges&#8230; Il a l&rsquo;air de dormir paisiblement. Il est très jeune, on le sait parce qu&rsquo;il a aussi des traits très très féminins. Ca pourrait être une jolie jeune femme. En fait, on se rend compte qu&rsquo;il ne dort pas paisiblement, mais qu&rsquo;il est mort, parce qu&rsquo;au bout de son bras ballant, qui pend, sur le sol, au bord du lit, il y a un flacon vide et on comprend qu&rsquo;il a avalé cet arsenic, pour se laisser mourir. On trouvait le tableau très beau, et delà vient notre nom : Feu! Chatterton. Feu, comme l&rsquo;expression ancienne, feu!, mort. Mais comme on ne voulait pas s&rsquo;apitoyer trop non plus, et qu&rsquo;on a choisi ce nom, non pas pour le suicide mais parce que la toile est belle, on a ce point d&rsquo;exclamation pour le feu! du top départ, pour cette idée de résurrection. On aime bien l&rsquo;idée de ressusciter.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Sébastien :</strong> Après, en fait, quand on a choisi ce nom, on ne se rendait pas compte qu&rsquo;il y avait plusieurs artistes qu&rsquo;on aimait beaucoup qui ont été influencés par Chatterton. On s&rsquo;est rendu compte que Bashung a un album qui s&rsquo;appelle Chatterton, Gainsbourg a écrit une chanson sur Chatterton suicidé, les Babyshambles ont aussi utilisé ce tableau&#8230; C&rsquo;est des hasards, mais c&rsquo;est vrai que ça nous a confirmé que Chatterton, c&rsquo;était un choix qui nous allait bien.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><b>Karma : En décembre 2013, vous faisiez votre premier concert hors de Paris (aux Bars en Trans, à Rennes, ndlr), vous n&rsquo;étiez pas encore très connus, aujourd&rsquo;hui, on parle beaucoup de vous, qu&rsquo;est-ce qui s&rsquo;est passé en un an ?<br />
</b></span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Sébastien :</strong> Il y a eu plusieurs étapes&#8230;</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Arthur :</strong> C&rsquo;est allé vite.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Sébastien :</strong> C&rsquo;est allé très vite, mais il y a eu des moments clés. On a eu de la chance, puisqu&rsquo;on a participé aux Inouïs du Printemps de Bourges. Ca a été un moment important. Après, on a fait le chantier des Francos, un processus de formation assez intense, qui nous a beaucoup aidé et qui nous a permis de jouer aux Francofolies. Il y a aussi les premières parties de Fauve en mai à Paris, qui nous ont vachement aidés. Tout ça nous a permis, après, d&rsquo;arriver à Rock en Seine, avec peut être un peu plus de public quand on a sorti l&rsquo;EP. On a eu de la chance, parce que les médias se sont intéressés à ce qu&rsquo;on faisait et là, on est en tournée, et c&rsquo;est déjà hyper bien pour nous de pouvoir faire autant de dates.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Clément :</strong> On parle aussi beaucoup des Bars en Trans&#8230; Trois semaines avant, on faisait un concert à Paris et on n&rsquo;en parle quasiment jamais, juste parce qu&rsquo;aux Bars en Trans, il y avait une toute petite jauge, 50 personnes dans le bar où on a joué, mais on ne savait pas, et on ne nous l&rsquo;a pas dit, heureusement, parce que sinon on aurait été beaucoup trop stressés et on aurait fait un concert nul, mais il y avait beaucoup de programmateurs et de professionnels de la musique, de journalistes aussi, et on a eu notre premier article après ce concert-là. En fait, ça nous a ouvert pas mal de portes parce que ces gens là, du monde de la programmation se sont intéressés à nous. C&rsquo;est ce qui a fait qu&rsquo;ensuite, au début de l&rsquo;année, on a pu enchaîner sur des festivals.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Arthur :</strong> Clément parle beaucoup de la scène, mais ça a été une longue première étape qui nous a fait connaître. On est arrivé aux Bars en Trans, parce qu&rsquo;à Paris on faisait pas mal de scènes, mais pendant très longtemps, on n&rsquo;avait pas de disque ! Donc, c&rsquo;est beaucoup de scène, et ensuite il y eu un essor nouveau en septembre, avec la sortie de notre premier EP. Parce qu&rsquo;en fait, c&rsquo;est allé très très vite et en même temps, on avait du ressort pour assumer cette nouvelle pression, en quelque sorte. Ca faisait quelques années qu&rsquo;on travaillait dans notre coin, mais on n&rsquo;avait pas encore enregistré. Donc tout est allé très vite, mais en même temps, c&rsquo;était juste les bons moments pour travailler les choses qui étaient en attente. La scène, on le faisait depuis longtemps. Ça nous a même ouvert des portes pour trouver le bon réalisateur pour notre EP, comme on l&rsquo;entendait. On a gagné des prix qui nous ont permis de le faire en indépendants, etc. Donc ça s&rsquo;est en fait très bien goupillé pour nous et c&rsquo;est ce concours de circonstances là qui nous amène ici aujourd&rsquo;hui, avec tout ce qu&rsquo;on avait dans nos bagages derrière.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><b>Tu as dit indépendant, il n&rsquo;y a toujours pas de maison de disque pour travailler avec vous ?<br />
</b></span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Antoine :</strong> Ah si ! Mais les deux premiers disques qu&rsquo;on a fait, on les a produit tous seuls, avec l&rsquo;argent qu&rsquo;on a gagné grâce aux tremplins.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Arthur :</strong> grâce à une collecte sur Kisskissbankbank aussi.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Antoine :</strong> Il n&rsquo;y a pas eu de label, c&rsquo;est vraiment notre production. On les a fait comme on voulait, avec les gens qu&rsquo;on voulait. Pour l&rsquo;instant, on discute avec les labels, mais jusqu&rsquo;ici, on a tout fait tout seul. C&rsquo;est important pour nous. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Sébastien :</strong> On a eu de la chance, on a pu le faire aussi parce qu&rsquo;on a gagné le prix Chorus.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Clément :</strong> C&rsquo;est important, sans être un choix politique.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Sébastien :</strong> C&rsquo;est un choix qu&rsquo;on a fait naturellement, parce qu&rsquo;on a eu l&rsquo;argent pour produire les disques. Après, le deuxième EP est un EP un peu particulier : c&rsquo;est une chanson de 15 minutes, très longue, et heureusement qu&rsquo;on a eu le prix pour pouvoir le faire comme on l&rsquo;entendait.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Antoine :</strong> Ça nous a permis de faire ce qu&rsquo;on voulait, comme on voulait.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Arthur :</strong> Exactement. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Antoine :</strong> On aurait pas pu signer à l&rsquo;époque, ni pouvoir imposer ce qu&rsquo;on voulait, c&rsquo;est-à-dire un EP de 15 minutes.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Clément :</strong> Ça s&rsquo;est fait naturellement, mais on se rend compte a posteriori que ça été important vis-à-vis de ce qu&rsquo;on va commencer à faire maintenant, peut être avec une maison de disque.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Sébastien :</strong> Oui, aujourd&rsquo;hui, si on signe avec une maison de disque, on sera à même d&rsquo;imposer ce qu&rsquo;on a fait jusque là. On a une équipe avec laquelle on a bossé sur le premier EP, on a déjà des gens avec qui on bosse sur les clips, on est toute une équipe, on n&rsquo;est pas que tous les 5. On a eu la chance de pouvoir se développer comme ça, ce n&rsquo;est pas le cas pour tous les groupes. Après, on ne critique pas ceux qui signent dès le début, ça dépend un peu de chaque parcours, je pense. Nous, on n&rsquo;arrive pas les mains vides, quoi.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><b>Karma : Pourquoi une chanson de 15 minutes ?<br />
</b></span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Clément :</strong> Mais parce que&#8230;</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Arthur :</strong> C&rsquo;est pareil que pour l&rsquo;indépendance en fait. Les choses arrivent un peu d&rsquo;elles-même et c&rsquo;est ensuite, rétrospectivement, qu&rsquo;on essaye de les analyser. Mais on fait rarement les choses avec une posture et donc un engagement soit politique, soit éthique, c&rsquo;est comme ça vient. Il n&rsquo;y a pas toujours le choix. En fait, c&rsquo;est juste qu&rsquo;au moment où on a voulu le faire, les moyens de le faire, c&rsquo;était ceux-là. Cette chanson de 15 minutes, en fait, elle est née il y a longtemps, parce que Clément avait composé une chanson qui évoluait, c&rsquo;était une sorte de variation sur un même thème, et c&rsquo;est devenue une chanson très longue, mais qui est en fait composée de trois parties. Je me suis dit, du coup ça va être une histoire en trois manches, et finalement, on l&rsquo;a jouée sur scène, on a fait vivre cette chanson en trois actes. Et là récemment, on a décidé de la prolonger encore et de faire une conclusion. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Clément :</strong> Si tu veux, en faisant cette chanson, on ne se dit pas : &laquo;&nbsp;on emmerde les radios et une chanson de 3 minutes, ce n&rsquo;est pas pour nous&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est plus, on commence à faire des choses avec les instruments qu&rsquo;on a à la maison et du texte, et en fait, il y a pleins d&rsquo;idées, mais elles ne vont pas forcément très bien ensemble. Alors, pourquoi ne pas essayer d&rsquo;étirer la chanson, pour faire que toutes ces idées d&rsquo;arrangement et de texte rentrent ? Le texte ensuite est venu naturellement se poser sur un truc plus long, avec une histoire un peu longue, mais on ne peut pas dire qu&rsquo;on va essayer de faire tenir toutes ces idées en 3 minutes parce qu&rsquo;il faut faire un format comme ça, on s&rsquo;est dit on prend notre temps et on expose ça. Du coup, à partir du moment où tu te dis que tu as un format de 10 minutes, et bien là tu prends vraiment le temps d&rsquo;exposer plein de choses : le texte, les arrangements. On ne s&rsquo;est même pas arrêté à ça, on aurait pu se dire déjà 10 minutes, c&rsquo;est long. Ca a permis de réunir plusieurs périodes d&rsquo;écriture et de composition, le fait de réécrire cette quatrième partie après trois ans, puisque la première mouture, c&rsquo;était il y a trois ans. Ça permet de rassembler plusieurs périodes de la vie du groupe. C&rsquo;est assez sympa comme idée.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Arthur :</strong> La chanson a continué à vivre depuis le début, elle a mûri, changé&#8230; Là, on arrive à quelque chose et c&rsquo;est assez satisfaisant de se dire : le début est très vieux, la fin est très récente, et ça raconte un peu toute cette histoire. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Sébastien :</strong> Après, on aime beaucoup les Pink Floyd et souvent, ils avaient des chansons de ce type et on aime bien ça, donc on ne s&rsquo;interdit pas du tout de faire une chanson de 15 minutes, peut être qu&rsquo;on en refera. La durée n&rsquo;est pas si importante que ça pour nous. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium">Clément : Ça dépend de ce qu&rsquo;on a à dire en fait.</span></span></span></p>
<p><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/11/IMG-20141107-00404.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-20801" alt="IMG-20141107-00404" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/11/IMG-20141107-00404-300x225.jpg" width="300" height="225" /></a></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><b>Vous avez parlé de Fauve, est-ce que vous vous sentez proches musicalement de ce groupe ?<br />
</b></span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Clément :</strong> Non, Fauve on aime bien, mais on ne peut pas dire qu&rsquo;on se réclame de Fauve, on faisait de la musique bien avant de connaître Fauve et on a commencé à faire des chansons un peu « spoken word » bien avant qu&rsquo;ils explosent. Donc on ne se revendique pas du tout de cette veine là. Après, on est quand même conscient qu&rsquo;ils ont ouvert une voie dans la reconnaissance d&rsquo;un certain type de musique chantée en français et forcément, ça rejaillit un peu sur nous et sur notre exposition médiatique.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Arthur :</strong> Fauve a effectivement ré-ouvert une voie et remis au jour quelque chose qui est très ancien. Nous le « spoken word », on l&rsquo;écoute avec des chanteurs de décennies plus anciennes. Gainsbourg le faisait déjà, en français, Bashung l&rsquo;a fait, c&rsquo;est une tradition très longue en France de raconter des histoires sur de la musique. Le rap l&rsquo;a beaucoup fait en rythmant un peu plus, donc on s&rsquo;inscrit dans cette longue tradition française de raconter des histoires sur de la musique. Après, on ne pense pas faire que du « spoken word », il y a toute la tradition de la chanson française, de la pop un peu plus largement. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Sébastien :</strong> Je pense que s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu Fauve, on serait beaucoup moins intéressants aujourd&rsquo;hui pour les médias et auprès du public, on n&rsquo;aurait pas cette visibilité qu&rsquo;on a aujourd&rsquo;hui. Pour ça, on s&rsquo;inscrit un peu dans ce qu&rsquo;ils ont fait, mais indirectement. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Arthur :</strong> Je pense qu&rsquo;ils ont vraiment redonné envie aux gens d&rsquo;écouter des choses en français. Peut être que je me trompe, mais du coup, c&rsquo;est chouette.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Antoine :</strong> Mais on ne peut pas dire que c&rsquo;est une influence pour nous, ce serait une erreur. Nos morceaux et les leurs sont différents, ils ne sont pas composés pareil, ils n&rsquo;ont pas les mêmes sonorités, pas les mêmes mots&#8230; Mais on s&rsquo;entend hyper bien, c&rsquo;est des gars super, mais ce n&rsquo;est pas une filiation.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><b>Vous écoutez quoi en ce moment ?<br />
</b></span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Tous ensemble :</strong> Le dernier Arcade Fire, MacDeMarco, TimberTimber&#8230; Et en français&#8230; On aime bien Moodoïd, Salut C&rsquo;est Cool, Sexy Sushis, il y a des chansons cool : Retour de bâton, c&rsquo;est une super belle chanson.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Arthur :</strong> C&rsquo;est plus la frange électro de la chanson française qu&rsquo;on aime bien. Bertrand Belin, j&rsquo;aime beaucoup Bertrand Belin ! Il vient d&rsquo;où, vous savez ? (un des journalistes répond « de Quiberon »). Ah ouais ? Son père était pêcheur, je crois, je me permets&#8230; <em>(rires)</em>. Enfin bref, je ne le connais pas très bien, mais j&rsquo;aime beaucoup ses deux derniers albums. Eux aiment moins que moi parce que leur culture anglo-saxonne prend le dessus, mais il y a quand même un côté chanson française, et moi j&rsquo;aime beaucoup cette branche-là de notre patrimoine, quitte à aller parfois vers la variété. Je trouve que Bertrand Belin a une façon de raconter les histoires qui est hyper belle. Je vous invite à l&rsquo;écouter, j&rsquo;invite tout le monde à écouter Bertrand Belin, mais les gens sont moins exaltés que moi.</span></span></span></p>
<p><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/11/IMG-20141107-00407.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-20800" alt="IMG-20141107-00407" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/11/IMG-20141107-00407-300x225.jpg" width="300" height="225" /></a></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><b>Qui écrit les chansons ?<br />
</b></span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Arthur :</strong> C&rsquo;est moi ! Je vais citer mes inspirations chez les chansonniers : Gainsbourg, Bashung, Belin, je ne m&rsquo;en suis pas encore inspiré, mais j&rsquo;aime bien comme il écrit. Dans les auteurs sinon, j&rsquo;aime les romans, les poètes&#8230;</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><b>Karma : Oui, les textes sont souvent très poétiques&#8230;<br />
</b></span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Arthur :</strong> Oui, c&rsquo;est vrai, il y a cet amour du lyrisme et du classicisme dans l&rsquo;écriture, le plaisir de rechercher des mots anciens. Je n&rsquo;ai pas lu tant de poésies que ça, je trouve ça souvent un peu austère, mais les grands : Beaudelaire, Rimbaud quand il est très classique. J&rsquo;ai redécouvert <em>Ophélie</em> de Rimbaud, super poème qui raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;une fille morte, encore une fois, qui chaque nuit vient hanter les eaux d&rsquo;un fleuve. Elle dévale dans une longue robe, déployant corolle, les roseaux s&rsquo;approchent, son front rêveur sous les saules pleureurs, il y a comme une image de film hanté, et il nous raconte comment elle est morte : elle a suivi un chevalier qui était venu à genoux lui demander sa main, lui offrir la liberté, les neiges lointaines et tout ça&#8230; Voilà, c&rsquo;est des belles histoires comme ça et c&rsquo;est très prenant. Et lui, quand il est un peu plus elliptique et qu&rsquo;il raconte sans doute ce qui a été un viol sur un bateau&#8230; Voilà, des poèmes, comme ça ! Et Aragon aussi, pour les plus récents. Donc écoutez Bertrand Belin et lisez Ophélie de Rimbaud !</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><b>Dans vos textes, on sent une fascination pour les voyages lointains. Vous avez déjà eu l&rsquo;occasion de voir la Malinche ?<br />
</b></span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Arthur :</strong> Ouais un peu ! En fait, j&rsquo;ai envie de dire non, c&rsquo;est faux, je n&rsquo;ai pas du tout cette fascination là, parce qu&rsquo;en fait, il y a eu ce mouvement de fascination et une grande déception derrière, un désenchantement. Donc, il n&rsquo;y a pas cette fascination pour les longs voyages, pourtant j&rsquo;ai beaucoup lu Kerouac, il y a eu tout ce romantisme, de notre génération en fait, parce que le low cost l&rsquo;a permis, parce qu&rsquo;on a eu des longues vacances et on a tous eu envie de voyager. Je l&rsquo;ai fait un peu, vers 18-19 ans, un mois en Europe à dormir dans la voiture, avec l&rsquo;ami dont je parle dans « A l&rsquo;aube ». Mais justement, lui a poussé plus loin cette expérience et à chaque fois qu&rsquo;il en est revenu, j&rsquo;ai trouvé que la façon qu&rsquo;il avait de voyager correspondait assez bien à la façon qu&rsquo;on imaginait être la plus belle de voyager, un peu naïve et triste. Il allait chercher des choses qu&rsquo;il ne trouvait pas et il se berçait d&rsquo;illusions dans une sorte de parenthèse enchantée. Ce n&rsquo;était en fait que des vacances. Donc voilà, je suis revenu de cet attrait pour le long voyage. Par contre, l&rsquo;exotisme, c&rsquo;est toujours très chouette parce qu&rsquo;on a notre petite vision ethnocentrée mais on peut se permettre d&rsquo;imaginer plein de choses dans des contrées qui existent mais qu&rsquo;en fait on invente complètement. C&rsquo;est des prétextes à mettre en scène des personnages. J&rsquo;ai vécu quelques mois au Mexique, mais il vient après la Malinche. Je pourrais dire « oui, ça vient de mon voyage au Mexique, je me suis imprégné de cette culture », mais non en fait, c&rsquo;est faux. La Malinche existait avant le voyage.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><b>Karma : Dernière question, Beatles ou Rolling Stones ?<br />
</b></span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>En cœur :</strong> Beatles.<br />
</span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Clément :</strong> Plutôt Rolling Stones.<br />
</span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Les autres :</strong> Non Beatles.<br />
</span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Clément :</strong> Franchement, je viens de voir Casino de Scorsese, il y a des morceaux des Rolling Stones dans tout le film&#8230; <em>(les autres le chahutent)</em> Non mais je raconte ma vie, moi aussi ! <em>(rires)</em></span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Arthur :</strong> Mais c&rsquo;est faux, tu écoutes beaucoup plus les Beatles ! </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><strong>Clément :</strong> Mais oui, d&rsquo;accord, mais voilà, c&rsquo;est parce que je viens de voir ce film. <em>(rires)</em></span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: Times, serif"><span style="font-size: medium"><b>Propos recueillis par Manuella Binet </b></span></span></span></p>
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		<title>Interview : La Canaille</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Nov 2014 12:33:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Ugo]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une petite semaine avant son concert prévu au Café de la Danse le jeudi 13 novembre, Marc Nammour, fondateur de La Canaille nous a...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><b>Une petite semaine avant son concert prévu au Café de la Danse le jeudi 13 novembre, Marc Nammour, fondateur de La Canaille nous a accordé un long moment au téléphone, plein de rage, de passion et de vérités.</b></p>
<p><b>La nausée, ton troisième album a un titre très fort, très percutant par rapport à tes deux premiers albums, <i>Une goutte de miel</i> et <i>Par temps de rage</i>. Pourquoi ?<br />
</b>Je vois cet album dans la continuité des deux précédents. Ce sont toujours des cris d’émancipation. Ma façon d’écrire, de montrer les choses, démontre toujours cette même volonté de s’élever. Le monde, depuis le premier album en 2009, n’a pas vraiment été dans le bon sens, de la manière dont je l’entend. Le rouleau compresseur qui est en train d’écraser toutes les classes populaires est de plus en plus fort et avance de plus en plus vite. J’étais très en colère quand j’ai attaqué l’écriture de cet album, car les sources de colère étaient multiples. J’avais l’impression qu’elles m’envahissaient, qu’elles venaient de partout. A la radio, au bar du coin, le climat qui règne en France et même à l’inetrnational me désole et me met en colère. Effectivement, ce titre, je l’ai voulu plus court et peut-être aussi un peu plus violent, parce que le monde est plus violent. Il n’y a aucune référence à Sartre, il s’agit plutôt de mon état d’esprit en écrivant ce troisième album. Quelque part, ça reste toujours littéraire. La nausée, garde aussi, au vue de la typographie utilisée sur la pocjette, une dimension littéraire. Sur le fond, il n’y a pas de jeu de mot, c’est un peu plus brut, mais la référence littéraire est encore là.</p>
<blockquote><p>La première exigence, c’est de se remettre en question, douter, réfléchir, essayer de pousser l’écriture encore plus loin, de l’épurer, aller chercher les thématiques sous un nouvel angle.</p></blockquote>
<p><b>Dans la description de La Canaille, sur Facebook, il est indiqué : « Je suis un combattant, l’espoir est toujours dans la lutte ». Comment lutte-t-on aujourd&rsquo;hui ? Qu&rsquo;est ce qui te fait tenir et te donne envie de te battre ?</b><br />
La première façon de lutter, c’est déjà de s’exprimer. Si tu gardes tout au fond de toi, tu ne risques pas de faire bouger les choses. Je considère que c’est important de déjà s’exprimer dans son petit cercle proche : au travail, avec ses amis, c’est déjà un acte politique. On se pose des questions, on débat, on échange, ça c’est positif. Il ne faut surtout pas garder les choses, il faut les cracher. Comment lutter ? En s’organisant aussi de manière indépendante. Nous, La Canaille, on est en auto-prod depuis le départ. C’est un vrai choix artistique, pas du tout par dépit. On évolue en marge, de manière indépendante avec une liberté artistique totale. Ce qui est une grande fierté et quelque chose qui n’a pas de prix pour moi. Je suis maître de mes mots, de ma direction artistique. Si demain, l’industrie s’effondre, on est toujours là. On ne dépend pas d’elle. Comment résister ? C’est être toujours aussi exigeant avec soi-même. L’<i>entertainement</i>, le divertissement bête et méchant, je suis totalement contre. La manière dont j’écris, les artistes que j’écoute, ce qui me fait vibrer est aux antipodes de cette machine sirupeuse et mièvre. La première exigence, c’est de se remettre en question, douter, réfléchir, essayer de pousser l’écriture encore plus loin, de l’épurer, aller chercher les thématiques sous un nouvel angle. Je pense que l’exigence, c’est quelque chose qui est aussi écrasé par l’industrie. On va vers quelque chose qui fonctionne, de consensuel, sans prise de risque. Revendiquer cette exigence artistique, c’est aussi une forme de résistance. Ton premier public, c’est avant tout toi-même. Après, il faut que ça touche, mais j’essaie d’être sans pitié envers moi-même. Lutter au sens plus large, c’est la culture, la curiosité, aller chercher, lire, il ne faut surtout pas fonctionner avec des œillères qui couperaient le champ des possibles, qui lui est énorme. On est tellement aliénés au quotidien, qu’on a l’impression qu’il n’y a pas beaucoup d’alternatives. Alors qu’elles existent, il faut aller les chercher.</p>
<p><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/11/IGP6440.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-20758" alt="IGP6440" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/11/IGP6440.jpg" width="500" height="335" /></a></p>
<p><b>Qu&rsquo;est ce qui t’a donné envie d&rsquo;écrire ?<br />
</b>Comme pas mal d’auteurs, c’est parti de quelque chose de très intime. J’ai senti un trop plein qui devait sortir. J’ai pris la feuille, j’ai commencé à écrire des bouts de mots, pour m’alléger, sans penser à les chanter ou en faire mon métier. Ça me faisait du bien, je me délestais de quelque chose. Après, ma première envie d’écrire une chanson, ça a été après avoir écouté du rap. C’est mon entrée dans la musique et même dans la poésie et la littérature. Le rapport à l’écriture s’est forgé en écoutant du rap et en étant touché par cette plume du bitume. On parlait d’émancipation au début, le rap m’a touché par le fait qu’à un moment donné, sorti des quartiers populaires, sans solfège ni école, c’est un art qui fait parler le vécu. Etant moi-même issu des quartiers populaires, ça m’a frappé, touché, je me suis dit « ces mecs racontent ma vie, c’est aussi mon histoire ». Ce rapport instinctif, authentique à l’écriture m’a plu et m’a décomplexé. En voyant cette scène du début des années 1990, je me suis « oui ils ont raison, crachons la valda ! On s’en fou si on n’a pas fait des hautes études et si on n’a pas un bagage musical énorme ». Après, j’ai lu beaucoup, mais sur le tard. Je n’étais pas vraiment quelqu’un qui lisait étant jeune. A force d’écrire des textes, je me suis intéressé à ce que les autres avaient fait et je suis rentré dans la poésie. Je considérais que c’était la forme qui me nourrissait le plus. C’était il y a un peu moins de 10 ans. On parlait de curiosité, c’était aussi se demander « qu’ont fait les grands ». Il y a à apprendre de ça, tu t’inscrits aussi dans un courant. Pour être pertinent, il faut savoir d’où ça vient, ce qui existe maintenant et sentir ce qui va se faire dans le futur.</p>
<blockquote><p>Mon rapport à la musique, c’est mon punchingball à moi. Je m’allège et je me sens mieux.</p></blockquote>
<p><b>Ça me fait penser à ta chanson <i>Rapper en paix</i>. Par rapport à cela, que représente pour toi la musique aujourd’hui ?<br />
</b>C’est ma soupape. J’ai l’impression que sans la musique, sans l’écriture, sans ce rapport au public, je péterai les plombs. J’aurais un trop plein. J’imploserai. C’est un exutoire pour moi. Comme quelqu’un qui serait dans un boulot de merde toute la journée et qui à un moment donné irait le soir à son entrainement de boxe, taper contre son sac. Après deux heures, tu élimines les toxines que tu as emmagasinées. Mon rapport à la musique, c’est mon punchingball à moi. Je m’allège et je me sens mieux. C’est vrai que c’est quelque chose de vital. Je ne sais pas si je continuerais toujours à m’exprimer dans ce mode là, mais je continuerai toujours d’écrire et produire. Si tu m’enlèves ça, je suis malheureux.</p>
<blockquote><p>J’ai la chance de faire de la musique et d’avoir pu m’extirper de cette condition ouvrière à proprement parlé, dans le sens où je ne bosse plus à l’usine, mais je ne peux pas oublier que je viens de là.</p></blockquote>
<p><b>Tu parlais des travaux répétitifs, du travail à l’usine, qui t’ont inspiré deux très beaux morceaux <i>L’usine</i> et <i>le dragon</i>. Comment vois-tu ce thème, si particulier ?<br />
</b>Je viens de là. Je suis fils d’ouvrier. Je suis arrivé en France à 8 ans, dans une petite ville ouvrière qui s’appelle Saint- Claude, un bassin ouvrier qui ne fait que de la sous-traitance automobile. La cité où j’ai grandi et qui compose un tiers de la ville, regroupait toute cette masse arrivée il y a 30 ans, à l’époque du plein emploi. Maintenant, il n’y en a plus, comme dans tous les bassins industriels. Comme beaucoup de jeunes de la région, à partir de 16 ans, pour te faire un peu d’argent, tu vas à l’usine. Tu côtoies l’usine très tôt. Elle est partout, dans toutesles discussions. Et puis, la citée est rythmée avec les 3/8. Les bus viennent chercher les ouvriers à 5h, 13h, 21h, donc l’usine tu ne peux pas faire sans. C’est intégré à la vie de la ville. Les conditions de travail aussi sont dans toutes les bouches. C’est pas comme si je m’étais intéressé à un domaine que je ne connaissais pas. C’était comme ça. J’ai connu ça dès mon arrivée en France. Tout de suite, je me suis dit que les trois-quarts des rappeurs étaient des fils d’ouvrier. Mais personne n’en parle de ces conditions de travail. Je me suis demandé pourquoi. La pudeur ? La honte ? Il faut parler de ce monde qui est souvent critiqué, dénigré, en première ligne en temps de crise. J’avais envie de parler de ça. <i>L’usine, </i>c’était ma première chanson sous le nom de La Canaille. Je voulais raconter la journée type d’un ouvrier. Je l’ai écrite quand je suis arrivé à Paris, il y a 14 ans. Ça m’a frappé aussi, dans ce microcosme parisien, qu’on considère que les ouvriers faisaient partie d’une époque révolue, ou existant uniquement en Inde, en Chine, au Pakistan. Je me disais « mais attend, le verre que tu prends dans ta main, la chaise sur laquelle tu t’assois, c’est des ouvriers qui l’ont fait, qui sont en France ». Il y en a partout des ouvriers, des usines. Je voulais donc rendre hommage au milieu d’où je viens et expliquer à quel point cette vie est dure. Ce sont des conditions de travail horrible. C’est complètement aliénant. « couper, séparer, jeter », dans le refrain, c’est exactement ça. Et jeter, dans les deux sens du terme. Au boulot, tu jettes, mais t’es jeté aussi, toi, toute ta vie. J’avais envie de redonner toutes les lettres de noblesse que mérite ce milieu. Dans le deuxième album, j’ai fait sa petite sœur <i>Le dragon</i>. Je ne peux pas faire autrement. C’est un monde dans lequel j’ai tellement baigné et dont je suis tellement imprégné&#8230; Je me considère comme prolétaire. Je n’ai que ma force de travail. J’ai la chance de faire de la musique et d’avoir pu m’extirper de cette condition ouvrière à proprement parlé, dans le sens où je ne bosse plus à l’usine, mais je ne peux pas oublier que je viens de là. J’analyse toujours la société par le prisme d’un fils d’ouvrier. C’est le fil directeur de tous mes textes.</p>
<p><b>Ça me fait penser à l’approche qu’a eu Bernard Lavilliers vis-à-vis de la sidérurgie, notamment avec la chanson <i>Les mains d’or.<br />
</i></b>C’est un super texte <i>Les mains d’or</i>. Je respecte énormément ce personnage. Musicalement, je trouve que ça a un peu vieilli, mais sa direction artistique, sa volonté de parler des sans-voix, c’est mortel. Ça me fait du bien, d’entendre des textes comme ça. Ce n’est pas le son qui me fait vibrer, mais au niveau des textes et de la direction artistique, ça a fait du bien !</p>
<blockquote><p>Moi, mon identité, elle n’est pas nationale, elle est sociale. L’étranger n’est pas mon ennemi !</p></blockquote>
<p><b>Je reste sur Florange. On a pu voir aussi, au fil des années, le désespoir s’installer chez les ouvriers, vis-à-vis de la politique. Un thème que tu reprends dans <i>Jamais National</i>.<br />
</b>Malheureusement, ça touche les classes populaires, ce discours politique du front national. Ce sont des mensonges. Il s’agit avant tout de français, mais de capitalistes. Ils ne sont pas pour les ouvriers français, mais bien pour les patrons. Il y a une désinformation totale là-dessus. Ils mènent bien leur barque et cela fonctionne, mais on touche le fond. Une des grosses raisons de ma nausée, c’est vraiment de me dire « si on en est là, même entre nous à rentrer dans ce jeu, ce sera très compliqué d’en sortir ». Ça m’énerve. Même si cette thématique a été vue et revue, que je m’étais interdit de le faire, on est arrivé à un tel niveau que j’ai ressenti ce besoin de balancer ce coup de gueule. Moi, mon identité, elle n’est pas nationale, elle est sociale. L’étranger n’est pas mon ennemi ! Mon ennemi, il est dans les hautes sphères, chez les actionnaires, chez ce capitaliste sans vergogne qui délocalise à tour de bras. Mais le pauvre gars qui fuit la misère dans son pays et qui essaie de trouver un avenir en Europe, c’est mon frère ! On a la même identité au final. Tu ne le vois plus comme un danger mais juste comme quelqu’un qui essaie de trouver des solutions pour remplir le frigo et aider sa famille. T’as l’impression d’enfoncer des portes ouvertes quand tu dis dans ton entourage « le racisme c’est pas bien » <i>(rires)</i>. Quand t’as grandi là-dedans, c’est bien de le rappeler, pour ceux qui en sont un peu plus éloigné. La crise, c’est le terreau idéal pour un tel sujet. Et là, la crise est forte et dure. Ce n’est pas étonnant qu’un tel phénomène progresse.</p>
<blockquote><p>il me reste aussi une soif de vivre, qui, quoi qu’il arrive, ne pourra m’être enlevée</p></blockquote>
<p><b>Tu parles des étrangers, du lien social créé. Qu’est ce qui te reste de tes origines libanaises ?<br />
</b>Il m’en reste tout un héritage. La famille de ma mère a quitté le Liban pour venir en France. La Famille de mon père est toujours là-bas. Dans ce pays, j’ai ma grand-mère, des cousins, une grande famille, qui n’a connu que la guerre au final. Il me reste ce goût de poudre, des images de débris, des villes éventrées, des murs calcinés, mais il me reste aussi une soif de vivre, qui, quoi qu’il arrive, ne pourra m’être enlevée. Ça pète, je reconstruis. Ça pète, je reconstruis. Ne s’avouer jamais vaincu et continuer à mener ta barque comme tu peux et comme tu l’entends. Ce pays, qui n’a vécu que la guerre, n’a pas empêché certaines personnes, à chaque cessé le feu de sortir, aller dans la rue, vivre. Il me reste aussi cette culture orientale, la musique, les rythmes impairs, cette poésie arabe, cette noblesse de la littérature arabe, très digne. Les paysages aussi, des auteurs, de la bouffe bien sûr, elle est super bonne <i>(rires)</i>. J’y retourne régulièrement. A chaque fois que j‘y vais, il se passe un truc. C’est la terre de mes racines, chargée d’histoire, de souvenirs. Ma famille.</p>
<blockquote><p>Il faut entretenir et soigner l’amour. De grandes choses sont nées d’une passion, mais à un moment tu passes à un autre rythme. Si tu te contentes de ce que t’as, c’est la mort.</p></blockquote>
<p><b>Je change de sujet, je pense à une autre chanson, <i>Desséchée</i>, que je trouve terrifiante, par rapport à une possible vision très triste de l’amour. Qu’est-ce qui t’a donné envie de composer ce titre ?<br />
</b>J’ai toujours fait attention, dans un restaurant, à ceux qui m’entourent. Souvent, quand je vois des couples, j’aime bien scotcher discrètement dessus, regarder comment ils sont. C’était une envie, en gros, d’en parler. Après, il s’est trouvé que dans mon entourage, en l’espace d’un an, des couples que je considérais comme solides, qui étaient ensemble depuis longtemps, ont éclaté. Ça te renvoie à toi, ton couple, où tu en es. Pour moi, c’est une chanson d’amour. Ce que j’y mets, c’est de dire que l’amour, c’est trop beau, c’est le sentiment le plus noble, mais c’est aussi très très fragile. Si tu ne le nourris pas, il meurt. Si la flamme se tarit, que tu te rends compte que la flamme s’est tarit, il est déjà trop tard. Pour moi, c’était plutôt se dire : l’amour c’est magnifique mais il faut en prendre soin. Parce que, si tu enfiles ces maudites pantoufles du quotidien, de la routine, que la passion n’est plus là, tu rentres dans un cercle un peu vicieux. Au final, tu passes à côté de l’essentiel sans même t’en rendre compte. C’est mon pire cauchemar. C’est comme un espèce d’électrochoc que je me suis fait à moi-même. Je voulais le poser à l’écrit pour me le rappeler tout le temps. Il faut entretenir et soigner l’amour. De grandes choses sont nées d’une passion, mais à un moment tu passes à un autre rythme. Si tu te contentes de ce que t’as, c’est la mort.</p>
<p><b>Quelle relation as-tu avec ton public ? Tu t’en sens proche ?<br />
</b>Les concerts, c’est ce que je préfère. Ça donne sens à tous les efforts que je fais en amont. L’écriture, l’enregistrement, sortir tout ça dignement, avec un maximum de visibilité, c’est un boulot très dur. Le plaisir, c’est de partager ensuite ça en public. Si je devais juste chanter dans ma chambre ou mon cercle d’amis, ça m’ennuierais vite fait. Je suis hyper excité, comme actuellement, avant une grande tournée. Je fais de la musique pour partager avec les gens, échanger. J’adore retrouver tout le monde au stand <i>merchandasing</i>, pas tant pour vendre des skeuds <i>(rires)</i> que pour avoir un contact direct avec les gens, savoir ce qu’ils ont pensé du set, débattre, partager. J’aime ce côté très chaleureux finalement. Il y a quelque chose de très généreux que j’adore. On ne le fait pas pour ce que ça rapporte. Mais par contre, tu te nourris de vibrations, d’émotions, tu en sors grandi, changé à chaque fin de tournée.</p>
<blockquote><p>La vie de la nuit n’a rien à voir avec la vie, le jour. Il y a des fantômes, une autre lumière, c’est vraiment particulier comme atmosphère.</p></blockquote>
<p><b>Un sentiment que j’ai, par rapport à ta vision de la nuit, c’est que ce thème t’attire, te touche.<br />
</b>Bien sûr, les trois quarts de mes textes sont écrits la nuit. C’est là où tu as un autre rythme, un autre rapport aux choses. Il y a un silence qui s’instaure, une disponibilité avec toi-même, parce que tu n’es plus agressé par des coups de fil, des mails à envoyer. La nuit, la ville dort et d’autres prennent le relais, s’activent. Moi je suis plutôt un oiseau de nuit, j’adore la nuit. Je peux me retrouver avec moi-même et trouver un autre rythme. Ca nourrit mon inspiration, mon rapport à l’art. C’est un autre temps. J’ai une petite fille de 8 ans. La journée t’es sollicité. Une fois qu’elle est couchée, tu enfiles une autre casquette, qui est aussi hyper importante. La nuit, tu vois les choses sous un autre angle. La vie de la nuit n’a rien à voir avec la vie, le jour. Il y a des fantômes, une autre lumière, c’est vraiment particulier comme atmosphère.</p>
<p><b>Notre question rituelle : plutôt Beatles ou Rolling Stones et pourquoi ?<br />
</b>Je ne suis ni l’un, ni l’autre <i>(rires)</i>. Je n’ai jamais écouté les Beatles et je n’ai jamais écouté les Rolling Stones, à part les titres les plus connus. Mais, dans ma discographie, je n’ai pas un album de ces groupes. Je serais très mal placé pour te faire un <i>distinguo</i> entre les deux. De ce que j’en connais de l‘extérieur, le côté <i>boys band</i> des Beatles me gaverait vite fait. J’ai l’impression que les Rolling Stones sont plus écorchés. Qu’ils ont moins joué sur la fibre <i>boys band</i> ! Je serais donc plus solidaire, je trouve vraiment ça horrible les <i>boys band</i>. J’ai plus de sympathie pour les Rolling Stones <i>(rires)</i> !</p>
<p><strong>Propos recueillis par : Ugo Schimizzi</strong></p>
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		<title>Interview : Emilie Simon</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Nov 2014 09:17:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Ugo]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Emilie Simon]]></category>
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		<description><![CDATA[A quelques heures de sa première aux Folies Bergère le lundi 3 novembre 2014, Emilie Simon nous a accordé un peu de son temps...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>A quelques heures de sa première aux Folies Bergère le lundi 3 novembre 2014, Emilie Simon nous a accordé un peu de son temps pour parler de son nouvel album et de ses aventures musicales.</p>
<p><b>Votre nouvel album, <i>Mue</i> est aussi pour vous le moyen de « passer à autre chose » comme vous l’avez déclaré en interview. Qu’est-ce que vous voyez quand vous vous retournez sur la vie d’Emilie Simon ?<br />
</b>Je vois beaucoup de chapitres et d’aventures différentes. Je suis très contente, en fait. Je me rends compte que j’ai beaucoup voyagé, j’ai ramené beaucoup de sons et d’envies de ces voyages. Je suis allée explorer d’autres pays et j’aime mes albums. Quand je les réécoute, j’ai beaucoup de tendresse pour eux. Chaque époque était importante et décisive et m’a apporté quelque chose dont j’avais besoin.</p>
<p><b>On peut discerner une approche très expérimentale et empirique dans votre création. C’est votre manière de procéder au quotidien ?<br />
</b>Oui, c’est ma nature qui est comme ça. En fonction des albums, j’ai aussi testé d’autres façons de travailler. Parfois, j’aime vraiment revenir à quelque chose de très acoustique, repartir sur une logique piano/voix, guitare/voix. Cela influence toujours la façon de composer, mais c’est vrai que c’est ma façon d’écrire en général, très empirique.</p>
<p><b>Justement, pour vos compositions, vous partez avant tout d’un concept ou est-ce une improvisation, une mélodie qui amène une chanson ?<br />
</b>Ca dépend, c’est un tout. Une chanson peut naître d’une mélodie, mais c’est une pièce du puzzle. Tant qu’on n’a pas trouvé la bonne production, le bon texte, la bonne tonalité, le bon BPM, tout est extrêmement lié. On ne peut isoler les choses à ce point. On ne peut pas faire abstraction de certains paramètres. Le morceau peut exister et être beau à partir du moment où il y a un équilibre entre tous ces paramètres-là.</p>
<p><b>Peut-on voir dans <i>Mue</i> une continuité de votre vision romantique distillée avec la reprise de La vie en rose d’Edith Piaf ?</b><br />
Oh non, je ne pense pas. Je n’ai pas du tout fait le rapprochement. Et puis, la chanson <i>La vie en rose</i> date de mon premier album. Mais bon, pourquoi pas <i>(rires)</i>. Il y a un petit côté parisien là-dedans aussi.</p>
<p><b>Paris, justement. Vous décrivez dans cet album la ville comme le Paris « poétique et romantique ». Pouvez-vous nous en dire plus ?<br />
</b>Je montre un mélange entre une ville que je connais, que j’expérimente tous les jours en y habitant et aussi en même temps, je voulais aller puiser dans un inconscient collectif de l’image de Paris. Un Paris qu’on n’a vraisemblablement pas connu, ou qu’on ne connait qu’au travers d’images, de peintures, de poèmes et qui est bien plus ancré dans la fin du XIXe siècle, durant l’époque romantique. Cela permet une projection idéalisée de cette ville. Un espèce de mélange entre quelque chose d’actuel que je connais, qui est contemporain et quelque chose qui est complètement imaginaire.</p>
<p><b>Jouer aux Folies Bergère faisait-il partie de ce projet ?<br />
</b>Ca colle bien avec l’idée de <i>Mue</i> et l’esprit de l’album, ce côté « dorures, velours ». Les Folies Bergère, ca fait vraiment partie de cette esthétique là. Le premier concert qu’on ait fait, ou un des premiers, on jouait au Théâtre Edouard VII. Il y avait aussi ce côté à l’ancienne, les sièges en velours, une certaine beauté… Les Folies Bergère c’est encore autre chose ! Je m’y sens bien. C’est une salle à taille humaine, c’est chaleureux !</p>
<p><b>Et Montpellier, votre ville natale ?<br />
</b>J’y vais souvent, très souvent. Ca reste ma ville de cœur où je retourne régulièrement, respirer l’air de la mer, revoir ma famille.</p>
<p><b>Vous n’avez jamais eu envie de composer pour cette ville, à l’image de votre titre <i>Paris j’ai pris perpète</i> ?<br />
</b>Non. Mais même Paris, je ne me suis jamais dit « je vais composer pour Paris ». A un moment, des paroles arrivent, on saisit cette idée et on la développe. Je n’avais jamais pensé que je pouvais écrire une chanson pour Paris. Ce n’était pas une volonté. Mais on n’est pas à l’abri que j’écrive une chanson pour Montpellier <i>(rires)</i>.</p>
<p><img class="alignnone  wp-image-20702" alt="IMGP0336" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/11/IMGP0336.jpg" width="624" height="413" /></p>
<p><b>Vous êtes toujours copine avec les pingouins ?<br />
</b><i>(rires)</i>. Ah toujours, oui ! Quelle belle expérience La marche de l’empereur (film réalisé par Luc Jacquet en 2004 pour lequel Emilie Simon a composé la bande son). C’est un projet qui était tellement incroyable. Y compris musicalement, notamment dans ce que j’ai pu apprendre. C’était mon premier film, c’était génial.</p>
<p><b>Comment différenciez-vous le travail entre album et musique de film en dehors du rapport à l’image ?<br />
</b>On est guidé lorsqu’on écrit de la musique de films. Il y a les images qui nous donnent des indications et qui sont notre cadre. Et puis, il faut prendre en compte tout le dialogue avec le réalisateur, ses envies, être à l’écoute. Ca n’a rien à voir. On fait partie d’un équipage. Quand je fais un album, je suis le capitaine, je choisi le cap, je tiens la barre, je constitue mes équipes. C’est plus personnel, dans le sens où c’est une aventure intérieure. Le film aussi quelque part, mais il y a plus ce sentiment d’être en équipe, ça me plait. Dans un album, on passe énormément de temps seul. La solitude fait partie du processus créatif, j’adore, mais avoir l’occasion d’écrire de la musique en discutant, en échangeant des idées et en voyant en direct si ça marche face aux images, c’est parfois magique. On voit à quel moment c’est juste et ça vient apporter quelque chose de supplémentaire aux images.</p>
<p><b>Vous avez également ressenti cela en créant et réalisant le clip de <em>Menteur</em> ?<br />
</b>Oh oui, c’était génial ! J’ai adoré faire ça. Ecrire l’histoire, faire la recherche de personnages, le casting, repérer les lieux, travailler avec toute cette équipe… ça c’est fait très vite, à Los Angeles, c’était magique. Au départ, je ne pensais pas forcément avoir le temps de faire le clip là-bas. Ca c’est enchainé de manière très fluide, on a tout tourné en une journée, avec les acteurs que je voulais, c’était super !</p>
<p><b>C’est une zone de confort, pour votre métier, de jouer en France vis-à-vis des Etats-Unis où vous avez vécu ?<br />
</b>En ayant tourné dans le monde entier, je sais qu’ici on a de magnifiques salles, par exemple à la Sirène à La Rochelle. Ce sont des belles salles où on a tout ce dont on a besoin au niveau du matériel, des équipes, c’est beau à voir. On voit des gens extrêmement compétents. Ce n’est pas forcément pareil à l’international. C’est parfois très très <i>roots</i>. Mais après, on s’adapte. Chaque pays nous permet de trouver des solutions. C’est ce qui est chouette dans la musique, à la fin il y a toujours un concert qui a lieu <i>(sourire)</i>. Même quand c’est roots, c’est super ! Mais oui, la France est géniale pour ces métiers qui ont la possibilité de se développer.</p>
<p><b>La France, c’est aussi les études de musicologie que vous avez pu effectuer à la Sorbonne et vos formations à l’IRCAM <i>(Institut de recherche et coordination acoustique/musique)</i>.<br />
</b>A l’IRCAM, j’ai appris quelques techniques et technologies sur lesquelles j’ai craqué et qui m’ont ouverts les oreilles. Pour moi, c’est important, c’est le début de tout. Avoir eu l’opportunité de comprendre, de m’intéresser au son dans son spectre, sa matière, c’est quelque chose qui a tout changé à ma composition et ma façon de percevoir la mélodie. On est passé de deux à trois dimensions avec les études et l’IRCAM.</p>
<p><b>Revenons sur votre expérience à Rock en Seine avec l’orchestre d’Ile-de-France. Comment s’est monté le projet et que vous reste-t-il après coup de cette expérience ?<br />
</b>Ca c’est très bien passé, j’avais un bel orchestre, des instrumentistes fabuleux, en sachant que nous avons eu une seule journée de répétition. Ca a été déchiffré comme ça. Bruno Fontaine, le chef d’orchestre, qui est aussi arrangeur, a pris mes arrangements, les a adapté pour l’orchestre . Il a aussi rajouté des idées supplémentaires et réalisé au final un travail fabuleux. Quand on s’est retrouvé en répétition avec eux, qu’on a entendu les cordes de <i>Paris j’ai pris perpete</i> ou de <i>Perdu dans tes bras</i>, mais en live, avec un véritable orchestre, c’était vraiment très impressionnant. Il y avait une telle profondeur, c’était beau, notamment les cordes, qui ont une profondeur unique durant un concert !</p>
<p><b>Notre question rituelle : Plutôt Beatles ou Rolling Stones et pourquoi ?<br />
</b>Je préfère les Beatles, parce que j’ai grandi en écoutant les Beatles, tout simplement. S’il y avait eu les Rolling Stones dans la maison, j’aurais peut-être eu un autre avis aujourd’hui. Mais j’ai aussi une autre réponse à ça : la diversité. Les Beatles, j’ai des souvenirs de l’album blanc, où au sein du même album, on a vraiment un voyage. C’est extrêmement créatif, ça fourmille d’idées. J’aime les chansons courtes, le côté ludique qu’on ressent à l’écoute des morceaux des Beatles. On peut passer de quelque chose de très doux, plutôt profond et touchant à quelque chose de léger.  Dans l’approche musicale, la recherche et la production, c’était quand même bien en avance. Ils ont ouvert énormément de portes, d’expérimentations en studio.</p>
<p><strong>Photos et propos recueillis par : Ugo Schimizzi</strong></p>
<p><em>Emilie Simon sera en concert à La Laiterie le 14 novembre 2014</em></p>
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		<title>Interview &#8211; La Rue Kétanou</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Sep 2014 20:14:47 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><b>La magie de La Rue Kétanou réside par exemple dans le fait de transformer la réponse attendue d’une question banale posée par des collègues peu inspirés, en un voyage délirant dans un de leurs milles univers. Et rien que pour cela, on était content de les recroiser une nouvelle fois ! C&rsquo;était au festival Décibulles, en Alsace, en juillet dernier !</b></p>
<p><b>Journaliste 1 : Pouvez-vous nous parler du groupe La Rue Kétanou ?<br />
Olivier :</b> Déjà, est ce que tu entends ? Il y a du monde sur les Balkans <i>(rires)</i> ! Et entre les gouttes ! On s’est rencontré fin 1990, en 1998 – champion du monde ma petite dame &#8211; au Théâtre du Fil. Théâtre école de vie, on était animateur, comédien. On faisait du travail théâtral partout où le théâtre n’allait pas forcément. Ce qui nous a donné le goût d’aller sur tous les terrains, notamment le théâtre de rue. Mais on s’est rencontrés au Théâtre du Fil, c’est ce qui a fait qu’on s’est uni.</p>
<p><b>Karma : tu parles du théâtre, vous vous sentez concerné par le débat sur les intermittents ?<br />
Florent :</b> Je ne suis pas sûr qu’ils soient intermittents les membres du Théâtre du Fil, mais ils en embauchent. Après, si on est concerné, bien sûr on est concerné, maintenant… oui on se sent concerné. On peut pas lutter en faisant grève, on va planter des gens qui nous aident. Sur un festival, par exemple hier, c’est la première édition, c’est un ami à nous qui le fait, à Dijon, l’Oeno music festival, c’est impossible de lui dire « bah non, on fait grève » c’est une galère d’enfer. Il y a des intermittents qui étaient là avec un stand, une pétition, on a été la signer, on a fait des photos.<br />
<b>Olivier :</b> tous les techniciens sont montés sur scène l’autre jour, on a commencé notre chanson et à la première parole, on a coupé le son, la lumière, comme s’il quelqu’un était venu tout débrancher. Tous les techniciens du festival sont montés, un leader est venu parler pour que les gens comprennent. Il faut communiquer pour faire passer le message. Nous, on est en avant scène, on en profite, on peut nous entendre jusqu’au bout de la vallée. Profitons-en pour faire le clin d’œil, on essaie de les citer, il y a une chanson assez engagée <i>Les dessous de table</i>, cette chanson pourrait défendre les intermittents…<br />
<b style="line-height: 1.5em;">Florent :</b><span style="line-height: 1.5em;"> Alors que pas du tout ! Mais même pour nous même, on comprend pas forcément tout, on s’y perd. C’est sûr qu’il y a des soucis avec l’intermittence et qu’il faut faire des réformes, mais c’est pas équilibré. Le spectacle vivant, il tient la route avec l’intermittence. Le souci par exemple : la télévision embauche quelqu’un pendant quinze jours, les quinze autres jours il est toujours embauché mais pas payé par la télé mais cette fois par son intermittence. On est devant un vrai problème.<br />
</span><strong>Olivier :</strong> Mais c’est pas ton boulot, ton boulot c’est de répondre !</p>
<p><b>Journaliste 2 :  Ah ouais moi j’ai une question par rapport à vos textes.<br />
Olivier :</b> Aux babos ? Aux babouches ?<br />
<b>Journaliste 2 :</b> <b>si tu veux. Vos chansons visent tout le monde. C’est des belles histoires. D’où vous tirez votre inspiration ?<br />
Olivier :</b> Des chapeaux !<br />
<b>Mourad :</b> Il existe un endroit, du côté de la Normandie, où on boit de l’eau d’imagination et ça nous permet d’écrire des chansons. C’est incroyable… de la vie. Des gens. Et pis c’est tout. Les animaux, les arbres, la forêt, la ville urbaine.<br />
<b>Olivier :</b> Ce qu’on a vécu, ce qu’on a envie de vivre, nos rêves, nos désillusions, l’océan, l’infini<br />
<b>Mourad :</b> Le cosmos, l’interstellaire, le rêve humain, la musique…<br />
<b>Florent : </b>L’espoir !<br />
<b>Olivier :</b> T’as vu, y a du monde aux Balkans ! <i>en apparté</i> Je l’aime bien celle-là, je l’aime bien.</p>
<p><b>Journaliste 1 : Comment vous composez tous ensemble ?<br />
Olivier :</b> Nous on décompose ma petite dame <i>(rires)</i> ! On suppose. On a pas de technique. Des fois on se retrouve chez Florent, des fois dans le studio, aux toilettes. On écrit quand ça nous surprend. C’est l’écriture qui…je sais pas, on a pas de façon de faire propre.<br />
<b>Mourad : </b>ça dépend (<i>long silence puis rires</i>). Des fois on écrit tout ensemble, des fois on écrit chacun de notre côté, y a pas de formule précise.<br />
<b>Olivier :</b> c’est une grosse bouille à Barbes ! Non, mais Florent a quand même écrit beaucoup plus de textes, en général, mais sinon on a que <i>Germaine</i>, à trois. Ah <i>C’était beau l’été </i>aussi, personne l’a entendu pour le moment. Et pourtant, c’était beau l’été.</p>
<p><b>Journaliste 2 : vous nous la chantez la comme ça pour voir ?<br />
Mourad :</b> Non on le fera pas ! Déjà on se souvient plus des paroles.<br />
<b>Olivier :</b>  (<i>chantonne) </i>sur le saaaable…<br />
<b>Florent &amp; Mourad :</b> Mais non, on se la garde, ça va pas ou quoi !<br />
<b>Olivier :</b> Ca commence par « toute nue sur le sable »</p>
<p><b>Journaliste 2 : OK. Qu’est ce que ça vous fait d’être aux Décibulles ?<br />
Olivier :</b> On était déjà là en 2001.<br />
<b>Mourad :</b> C’est comme si c’était hier !<br />
<b>Olivier :</b> On est resté dans le coin depuis 2001. On a aménagé à Neuve Eglise. On est content. Je me rappelle plus en 2001.<br />
<b>Mourad :</b> C’était dans un autre site.<br />
<b>Olivier :</b> Content de revenir et d’être invité en tout cas.</p>
<p><b>Journaliste 1 : vous avez des dates de concert de prévues ?<br />
Olivier :</b> <i>(légèrement déconcerté, mais on le comprend)</i> Oui… On est en tournée en fait…<br />
<b>Mourad :</b> Ce soir, on joue à Neuve Eglise… on va faire un concert ce soir.<br />
<b>Olivier :</b> Demain on joue en Normandie, dans le Cotentin, pour le bal des pécheurs, l’association ! Une coopérative, en fait.<br />
<b>Mourad :</b> Pour tous les chrétiens qui ont fait des bêtises.<br />
<b>Florent :</b><i> (incrédule)</i>Les chrétiens qui ont fait des bêtises ?!<br />
<b>Mourad :</b> Bah… les pécheurs !</p>
<p><b>Karma : Aucun rapport, donc, avec la pochette de votre disque…<br />
Olivier :</b> Bah si !<br />
<b>Florent :</b> Si justement, c’est les marins qu’on va retrouver !<br />
<b>Olivier :</b> <i>(rires)</i> Oh ! Il a fait exprès !</p>
<p><b>Karma : Parlons justement du titre de cet album, « allons voir ». Il y a une continuité par rapport au morceau <i>Où je vais</i> ?<br />
Olivier :</b> Ah ! On n’y a pas pensé ! Mais ça a un élan un peu comme ça, se laisser surprendre par ce qu’on ne connait pas. Ouais, c’est pas mal, on prend !</p>
<p><b>Karma : vous avez commencé dans la rue, vous vous retrouvez aujourd’hui avec pas moins de 263 000 fans sur votre compte Facebook. Il y a toujours de la place dans la rue ?<br />
Olivier :</b> Ah, je savais pas ! Mais non, s’ils sont dans Facebook, ils prennent pas de place !<br />
<b>Florent :</b> C’est des amis virtuels !<br />
<b>Olivier :</b> Ca se trouve, c’est nous, on s’envoie des messages toute la journée<br />
<b>Mourad :</b> Et puis La Rue Kétanou n’a pas de limites. On a pas de murs, pas d’encadrement. Ca peut prendre de l’espace.<br />
<b>Florent :</b> Ca ouvre plein de portes de voir que des gens nous aiment bien. Ca veut dire qu’il y a pleins de possibilités de jouer quelque part. C’est vrai que la rue on l’a fait moins, on a un peu quitté la rue qui était presque notre unique scène. Elle a laissé la place à d’autres scènes et on est content. Mais c’est pas parce que des gens sont de plus en plus nombreux qu’on se sent à l’étroit !</p>
<p><b>Karma : Mais du coup, ça vous change quelque chose pour communiquer le numérique ?<br />
Olivier :</b> Alors sincèrement, c’est pas nous qui le faisons !<br />
<b>Florent : </b>Nous, on continue à communiquer à l’ancienne à la buvette après le concert ou on se ballade, on va regarder des concerts, les gens viennent nous voir. J’ai encore répondu à aucun message Facebook.<br />
<b>Olivier :</b> Tant que les gens viennent chez nous, on continuera d’aller chez eux ! <b></b></p>
<p><b>Karma : Vous parlez de cette relation que vous avez vis-à-vis du public. Vous avez expérimenté les chansons de ce nouvel album avant sa sortie sur scène, ça crée une relation particulière avec les gens cette démarche non ?<br />
Florent :</b> Plus que le ressenti, c’est eux qui nous envoient de l’énergie pendant les chansons. On fait pas un test en leur faisant les chansons. Voilà, elle vous plait, on la garde.<br />
<b>Mourad :</b> On les fait vivre !<br />
<b>Florent :</b> Et les gens nous aident à les faire vivre, en nous envoyant de l’énergie qui passe dans la chanson.<br />
<b>Olivier : </b>Après, les premières fois qu’on les joue, ça aide aussi à rectifier certains angles. Tiens, c’est mieux avec le bandjo.<br />
<b>Florent : </b>Oui, mais ça, c’est plus entre nous, ou avec Arnaud. C’est la scène qui nous aide à trouver l’ossature.</p>
<p><b>Karma : La dernière chanson de ce nouvel album est</b> <b>consacrée à Patricia Bonneteau, qui a été particulièrement importante dans votre carrière mais aussi en tant qu’amie, à l’image du groupe Tryo qui a également écrit une chanson hommage (<i>Ladilafé ndlr)</i>. Vous en avez discuté au préalable ?<br />
Mourad :</b> Ah, non, c’est venu naturellement.<br />
<b>Florent :</b> Patricia, c’était une très très grande amie à Tryo, c’est aussi une très très grande amie à nous. Naturellement, c’était notre petit mot pour lui rendre hommage.</p>
<p><b>Karma : La chanson <i>Interdit</i> parle notamment du piratage sur internet. Ca importe pour vous ce qui peut être fait de votre musique légalement ou illégalement ?<br />
Florent : </b>On a tous fait ça.  Tu sais avant internet, il y avait les cassettes.<br />
<b>Olivier :</b> On pense qu’ils ont pas encore trouvé la bonne manière de redistribuer les choses. A l’époque, ils taxaient les cassettes vierges pour récupérer de l’argent pour la SACEM et les artistes et les jeunes avaient des subventions. Pour l’instant, on taxe pas les opérateurs, on taxe pas trop les clés USB, donc il y a encore un truc qui est pas…On est pas contre. Internet c’est un moyen de se faire connaître et la musique est faite pour voyager. Ce serait plus au support et aux plateformes de payer comme Spotify et Deezer. Ils donnent 3% de ce qu’ils gagnent en bénéfices, ça se chiffre en milliards. Spotify rentre en  bourse et donne 3%. C’est génial, mais ils rendent pas du tout la monnaie et n’aident pas les jeunes artistes, la création. C’est dommage. Après, c’est normal de télécharger. Tu es quelqu’un tout seul chez toi, tu trouves que ça te plait, tu télécharges et c’est tant mieux. Ca devrait pouvoir être comme ça.<br />
<b>Florent :</b> Je me dis, si quelqu’un veut écouter le disque mais que ça lui plait pas plus que ça, il ne doit pas être forcé de l’acheter. Il a déjà écouté, c’est super ! Après, nous on fait de l’autoproduction. Si ils veulent que l’on continue à faire des disques, à avoir des gens qui travaillent avec nous, pour les distribuer, faut pas faire que télécharger. S’ils peuvent, s’ils peuvent acheter de temps en temps un de nos disques, c’est bien. Mais après, c’est bien de laisser les gens avec leur propre conscience. C’est pas grave de télécharger quelque chose. C’est bien aussi de l‘acheter. Ca permet de participer à la suite. C’est juste un examen de conscience de chacun, mais c’est pas immoral non plus.<br />
<b>Olivier :</b> Tu télécharges une chanson, ou deux, ou trois, ça va. Mais tu télécharges un album qui sort en auto-produit, il y a une certaine honnêteté à avoir de la part des gens.<br />
<b>Florent :</b> Mais bon, si ça leur donne envie d’acheter le disque… Les gens se rendent pas compte. Ils nous disent « on achète les disques à la sortie de vos concerts, pas dans les magasins ». Mais finalement, ça nous aide aussi que ce soit dans les magasins. Ils ont tous peur que l’argent nous reviennent pas ou qu’on travaille avec des gens pourris. Ce qui n’est pas le cas ! Ce qui rentre dans les caisses permet de refaire un disque derrière, c’est nous faire aussi confience dans les choix qu’on fait avec nos partenaires. Ce sont des rencontres humaines, des personnes qu’on aime bien.<br />
<b>Olivier :</b> Notre distributeur, il fait plein d’artistes connus, pas connus, ils travaillent sur le terrain sans arroser la France d’un coup avec de la pub. Il va plutôt regarder les dates où on joue, sortir le disque un peu avant. Ils ont monté leur entreprise tout seul, comme nous. On a la même façon de voir l’avancée commerciale de notre petite entreprise.<br />
<b>Mourad :</b> Ils continuent à prendre des risques, de fonctionner au coup de cœur. Qu’il soit formaté ou non, il s’en fiche. Ils peuvent prendre des gens qui font de la poésie si ça leur plait, ils vont le défendre. Et ca c’est important !<br />
<b>Florent :</b> Plutôt que d’interdire le téléchargement, parlons plutôt de ces gens-là, ça donnera peut être envie au public de défendre cet artisanat-là, c’est important.<br />
<b>Olivier :</b> Il faut que le téléchargement donne envie d’acheter le disque !<br />
<b>Mourad : </b>Une sorte de d’Artagnan musical.<br />
<b>Olivier : </b>Comme pour les parfums, les petites fioles. Si ça te plait, tu achètes le flacon !<br />
<b>Florent : </b>Nous, ça nous est arrivé de signer des CDs gravés <i>(rires)</i>!<br />
<b>Olivier :</b> Y a des dessins sur ma pochette. Elle est nulle ma pochette !<br />
<b>Florent :</b> Des fois, les gens d’un coup achètent des disques. Peut-être aussi qu’ils ont  trouvé du travail, qu’ils ont un salaire à la fin du mois ou que c’est Noël.</p>
<p><b>Karma : Tu parles de vos différents disques. J’ai l’impression qu’au fil des albums, il y a une certaine maturité, une certaine forme d’assagissement qui se dégage des compositions.<br />
Olivier :</b> Et oui, on vieillit !</p>
<p><b>Karma : Et à contrario, il y a de plus en plus d’expérimentations, d’instruments. L’envie d’aller plus loin&#8230;<br />
Olivier :</b> C’est pas calculé ! On fait avec nos moyens du bord,  nos arguments, nos paroles et on rajoute des instruments qui arrivent naturellement. C’est la rencontre d’un pays, d’un voyage, qui ramène un instrument. Ca donne une couleur, on peut s’en servir, on l’a dans les bagages autant l’utiliser.<br />
<b>Mourad :</b> Et puis on travail pas tous les jours dans l’usine, à faire la même pièce, le même boulot. On a justement ce métier là qui nous permet d’avoir plusieurs tiroirs, de pouvoir en profiter. Entre temps, on a fait des voyages, ça nous fait évoluer dans notre musique. Ca veut pas dire qu’on s’assagit dans la manière d’être, dans la vie. Peut-être que ça nous donne plus de recul, de maturité dans la production des musiques, mais en tout cas on continue d’avancer là dedans. Ca veut pas dire qu’on fera pas un album rock’n’roll dans 10 ans ! On peut pas changer, devenir trop metal sur du tirango, mais je pense que ça tourne. On doit voyager dans notre métier.<br />
<b>Olivier : </b>On l’avait pas remarqué, mais on nous le dit qu’on s’est assagit. Beaucoup de gens nous font la même remarque. « On aime bien, mais c’est plus calme ! »</p>
<p><b>Karma : Oui, même si après, il y a la version studio et la version live. Vous êtes connus pour être très vivants et expressifs sur scène.</b><br />
<b>Olivier : </b>Ah. Là, par contre, on s’est assagit <i>(rires)</i> !<br />
<b>Mourad :</b> Ca y est, on parle plus <i>(rires)</i>. On va peut être commencer la tournée des théâtres.<br />
<b>Olivier :</b> On va faire du mime !</p>
<p><b>Karma : Pourtant, la dernière fois que je t’ai prie en photo Olivier, j’ai eu le droit à une photo de tes fesses, depuis le fond de scène !<br />
Olivier :</b> Ooooh aie aie aie. J’avais pas de pantalon ?</p>
<p><b>Karma : Si si, mais c’était visiblement ton petit plaisir perso pour les chanceux en backstage : Sinon, il y a encore des défis qui vous tentent aujourd’hui avec La Rue Kétanou ?<br />
Mourad : </b>Pour l’instant on est en plein dans cette tournée et j’ai pas les idées claires. Ensemble, on sait toujours pas où on va. On l’a chanté au début, ça reste toujours pareil. On va au bout des choses et on voit ce qui se passe. Il y a des petites envies. En dehors, il y a le théâtre, Florent a écrit un album.<br />
<b>Florent : </b>La Rue Kétanou, on vient de s’en lancer un de petit défi : lancer un disque, tourner avec. Après, c’est vrai qu’on a plein d’autres rêves à réaliser. Une chanteuse, Eskelina, une Suédoise qui chante en français, j’ai écrit les paroles de ses chansons. C’est Christophe Bastien, l’ancien guitariste de Debout sur le Zinc, qui a fait les musiques. Ca n’a rien à voir avec La Rue Ket’ ni DBSLZ et j’attends impatiemment janvier pour la sortie.<br />
<b>Olivier :</b> Là on a un cap, jusqu’au 31 janvier 2015. Et après on verra comment on change de cap.</p>
<p><b>Karma : Vous aviez été invité par Tryo à Bercy pour jouer avec eux. Est-ce que c’est quelque chose qui vous fait envie ce type de scène ?<br />
Mourad :</b> Les grosses grosses salles, pas forcément. Parce qu’on est trois, on a pas tout un décor comme Shaka Ponk. Du coup ça peut être hyper chiant de regarder La Rue Kétanou dans un Zénith ! Trois petits bonhommes, ça peut être marrant mais si tu regardes à 4km et qu’ on est tout petit…<br />
<b>Olivier :</b> On préfère faire plusieurs Cabaret Sauvage.<br />
<b>Florent : </b>C’est vrai que c’était génial de faire l’ouverture à Bercy. C’était hallucinant. On aime bien aussi quand c’est varié.<br />
<b>Mourad : </b>On aime bien aussi faire du théâtre dans un théâtre, jouer dans un bar, sous un chapiteau et une fois tous les chépas combien – enfin une seule fois en fait – se faire un Bercy. C’est super marrant de passer de l’un à l’autre. C’est chouette.</p>
<p><b>Karma : Une citation de RFI, que vous connaissez peut-être…<br />
</b>Mourad : c’est un auteur RFI ?</p>
<p><b>Karma : tout à fait. Raoul François… international <i>(fou rire général)</i> : « Ils sont à la chanson française ce que la musique de la rue est à la liberté, ce quelque chose de familier et de personnel qui fait sourire dès les premières notes. » Ca vous parle ?<br />
Olivier :</b> Ah c’est sympa ça ! On le reçoit avec le sourire !<br />
<b>Mourad :</b> Vous direz à Raoul qu’on est libre de recevoir ce message droit au cœur…<br />
<b>Olivier :</b> Droit au cœur monsieur !</p>
<p><b>Karma : Vous pensez aux différents sens de lecture que peuvent avoir vos morceaux ?<br />
Mourad :</b> Oui, nos chansons ne nous appartiennent plus forcément une fois qu’on les a écrites. Il y a des gens qui entendent des choses très différentes dans nos chansons. Tout est question d’interprétation, selon la personne qui l’écoute. J’imagine que c’est pour tout, partout.</p>
<p><b>Karma : Question peu évidente, mais, avez-vous un exemple qui montre que votre musique a servi à quelque chose ou qu’il en a émergé un beau souvenir autre que pour le groupe ?<br />
Olivier :</b> Il y en a plein. Oui, tiens, la prison de Mayotte !<br />
<b>Mourad :</b> Ah, moi, je pensais aux gamins dont le père nous a écrit un message. Ils étaient en prison je sais pas où en Ukraine, ils avaient juste un disque de la Rue Kétanou.<br />
<b>Olivier :</b> Je me rappelle pas cette histoire…<br />
<b>Mourad :</b> Tu te rappelles pas ? Un père qui nous a écrit que ses deux enfants se sont retrouvés en prison, je sais plus pourquoi. Peut-être qu’ils avaient de l’herbe sur eux, ou un truc comme ça. Les gamins étaient restés là-bas et le père nous écrivait assez souvent, qu’il leur avait envoyé notre disque, que ça les aidaient à tenir. Depuis, ils sont sortis ! Il y en a plein. Tiens, tout à l’heure, j’ai rencontré un couple qui me dit « oui, avec ma femme, on s’est rencontré sur votre musique et on pense que le petit a été conçu en écoutant vos chansons. Elle, elle pense qu’il devrait s’appeler Paul et moi Léo ». Et il me dit « t’en penses quoi ? »<br />
<b>Olivier :</b> Bah Léopold !<br />
<b>Mourad : </b>Bah voilà ! On en a plein des souvenirs. La musique sert à rassembler. Toutes les belles choses qu’on peut vivre sans en noter une c’est ces espèces de rassemblements qui sont évidents, ou pas d’ailleurs et où les gens, ça rassemble des choses pour eux. Ca fait plaisir de faire cette musique !</p>
<p><b>Karma : Justement, une question spécifique. Qu’est ce qui était à la base de la chanson <i>Les hommes que j’aime</i> ?<br />
Olivier : </b>Je crois que c’était… à la base, c’est quelqu’un qui s’est fait larguer…<br />
<b>Florent :</b> Le point de départ ? Oui, c’est moi qui me suis fait largué. C’est une fille qui m’a laissé tomber. J’étais très très triste et j’ai écrit la chanson sur les copains. Parce que, quand on est triste, qui c’est qu’on appelle ? C’est les copains ! Du coup, j’ai fait une chanson sur Mourad, Olivier, Loïc Lantoine. Le premier à qui je l’ai chanté c’est Loïc.<br />
<b>Olivier :</b> Au Conétable !<br />
<b>Florent :</b> Non, pas au Conétable, au Picardie !<br />
<b>Mourad : </b>J’suis venu vous retrouver, moi, au Picardie. La première fois que tu me l’as lu, c’était au comptoir du Picardie.<br />
<b>Florent :</b> Voilà, c’est ça, ça part d’un chagrin d’amour et d’un bonheur d’amitié.</p>
<p><b>Karma : Notre question rituelle, Beatles ou Rolling Stones, je vous l’ai déjà faite lors d’une précédente interview. Du coup, Rachmaninov ou Prokofiev ?</b><br />
<b>Olivier :</b> Rachmaninov !<br />
<b>Mourad :</b> Prokofiev !</p>
<p><b>Karma : Et pourquoi ?<br />
Olivier : </b>Ah, moi, c’est le seul que je connais !</p>
<p><b>Karma : Et Florent ?</b><br />
<b>Florent :</b> Pareil qu’Olivier !<br />
<b>Olivier :</b> Mais il doit être sympa, je le connais pas Prokofiev ! Ah si, les morceaux de piano de Rakhaminov. Quand j’avais vu le film Shine, j’avais adoré. Un super film, Shine ! L’histoire d’un pianiste qui a une maladie…</p>
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		<title>Interview &#8211; Fakear</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Sep 2014 20:07:25 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
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		<description><![CDATA[Rencontre avec le jeune talent Fakear, à l’occasion de la sortie récente de Sauvage, d’une beauté envoûtante. Nous étions à la release party de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Rencontre avec le jeune talent <strong>Fakear</strong>, à l’occasion de la sortie récente de <em>Sauvage</em>, d’une beauté envoûtante. Nous étions à la release party de cet EP au Nuba le 25 juin dernier, pour passer un long moment avec son créateur, armés d’une joie non feinte !</p>
<p>T<b>u as été assez occupé ces derniers temps. As-tu senti cette accélération ces 2-3 derniers mois ?<br />
</b>Oui complètement. Ca demande de mettre sa vie perso de côté, pas mal d’organisation et de récupérer une hygiène de vie un peu cool mais c’est hyper gratifiant, du bonheur et du bonus, c’est ce qu’il faut se dire. Ca s’est vachement accéléré depuis Panorama et la tournée des festivals. Depuis la sortie de Sauvage, je sens encore plus le coup.</p>
<p><b>Le clip a déjà été vu près de 200 000 fois…<br />
</b>Oui c’est assez dingue ce qui se passe autour de cette sortie !</p>
<p><b>Je sais que tu as déjà été interrogé sur l’attente que tu peux susciter. J’ai l’impression que tu passes à nouveau un cap en lisant les critiques de Sourdoreille, des Inrocks, mais aussi le fait d’être programmé aux Vieilles Charrues.<br />
</b>Oui, c’est vrai, y a une nouvelle step de passé. Mais, après, je me mets pas plus la pression au niveau artistique. C’est quelque chose qui changera pas. Je veux garder cette espèce de sincérité et pouvoir me prendre la tête sur des productions, ne rien considérer comme acquis.</p>
<blockquote><p><b>Je me prendrais toujours plus la tête sur un morceau que sur ma manière de m’habiller avant un concert.</b></p></blockquote>
<p><b>J’ai vu que tu faisais auparavant une fac de musicologie, je ne sais pas si tu as pu continuer…<br />
</b>Non, j’ai arrêté, j’ai du arrêter. En plus, je n’ai pas de manager, donc c’est un boulot à temps plein pour moi. J’ai des mails à gérer, la direction artistique à assumer, j’ai plus du tout le temps d’aller à la fac.  Je suis épuisé, alors que je fais des concerts uniquement les week-ends.</p>
<blockquote><p><b>Mais je sens quand on est dimanche. Pour le reste, j’ai perdu le fil des jours, j’ai juste un repère pour cette journée-là, parce que je ne reçois pas de mails.</b></p></blockquote>
<p><b>Est-ce que cette fac t’a apporté dans la construction de tes morceaux ?<br />
</b>Ca m’aide pas à composer, ça m’aide à comprendre ce que je fais. Au départ, je tapais des notes sur un clavier en me disant « cool ça sonne bien ». Maintenant, je sais que c’est une suite de tels accords, parce que j’ai les outils pour l’analyser, le comprendre. Mais concrètement, ça m’a apporté de la culture. Par contre, ça ne m’a pas donné des clés ou une maitrise plus grande dans le travail de compositeur.</p>
<p><b>Quand tu t’es lancé dans ces études, tu voulais être artiste ?<br />
</b>Non, je voulais être technicien. J’ai d’ailleurs fait musicologie parce que j’avais pas réussi à rentrer en BTS ingénieur du son, ni même à l’école Louis Lumière. Du coup, je faisais la fac pour avoir un bac +2 pour tenter ensuite Louis Lumière. J’ai une base sur les techniques du son, j’ai aussi fait un peu de régie théâtre, c’est des choses qui sont vraiment restées et que j’aime continuer à faire.</p>
<p><b>Tu as pas mal pu appréhender cela à Caen, au Cargo, l’apport des techniciens, quand tu étais en résidence non ?<br />
</b>Carrément, c’est vraiment eux, les techniciens, le squelette d’un projet. C’est toujours un plaisir d’aller en résidence, pour avoir le son réel, la scénographie réelle, c’est un confort. Ca transforme la vision d’un projet, c’est hyper primordial. <b></b></p>
<p><b>Il me semble aussi que le grand changement dans ta carrière, c’est la semaine que tu as passée au Bataclan avec Fauve. Tu peux revenir sur cette expérience ?<br />
</b>En fait, on s’est rencontré à la Flèche d’Or en mai 2013, parce qu’ils m’ont pris comme première partie d’une de leurs nuits fauves et on a vachement sympathisé. Mais ça s’est fait ultra naturellement. La première partie de février, Giorgio, il assurait aussi la première partie de Fauve à la Flèche d’Or le soir où j’y étais. Au final, il a fait les 5 Bataclan de février et moi ceux de mars. Si on avait plus de temps à nous, je pense qu’on passerait beaucoup plus de moment ensemble, parce qu’on s’entend vraiment très bien avec les Fauve. Mais on est sur la route tout le temps !</p>
<p><b>Au mois d’avril, c’était Grand Blanc, un groupe de Metz…<br />
</b>Oui, carrément, j’avais vu ça. D’ailleurs, ils ont fait la date à Metz et à la base ça devait être possiblement moi pour la première partie. Et finalement, ça n’a pas pu se faire et Grand Blanc a pris ma place. Mais du coup, une fois là-bas, ils ont énormément accroché et ils les ont pris pour les Bataclan.</p>
<p><b>Tu sens que ton arrivée à Paris à aider à te faire connaitre ?</b><br />
C’est plus pratique pour beaucoup de choses mais ce n’est pas l’arrivée à Paris concrètement qui a rendu cela possible. Moi, je suis arrivé ici un an avant que de remporter le tremplin de la salle de Caen, qui a été la première étape de Fakear et qui m’a permis de trouver les différents interlocuteurs avec qui j’ai bossé ensuite. Tout le monde était sur Paris. Du coup j’aurais déménagé au bout du compte, mais je pense pas que ça ait aidé au final. Je pense que c’est beaucoup plus facile de monter dans son coin, que de démarrer à Paris, c’est vraiment dur, il y a trop de choses.</p>
<p><b>J’ai vu que tu bossais avec des MPC, tout en ayant une approche assez rock. Quel rapport entretiens-tu avec tes machines ?<br />
</b>C’est un instrument comment une guitare. J’y porte la même attention. Je les bichonne, mais il y a moins besoin d’entretien que sur un instrument traditionnel. Au final, ouais, j’y fais gaffe et j’ai ce rapport là très démonstratif, je veux les montrer, que ce soit de beaux objets. C’est pour ça que j’ai switché, j’étais sur des MPD jusqu’au Bataclan avec Fauve, et après je me suis racheté des Machines, c’est leur nom, mais en plus elles font de la lumière. C’est plus scénique, démonstratif. Je suis passé d’une Stag à une Fender ! C’est un peu ce rapport là.</p>
<p><b>Tu gardes une relation très rock à la scène, qui sont d’ailleurs tes goûts d’origine…<br />
</b>Oui complètement, j’ai pas envie de me planquer derrière un praticable. Mais je critique pas, il y a des gens qui le font très bien, qui sont posés derrière leur pratos. Disons que moi, c’est pas ma culture. C’est venu plus naturellement de pencher les machines, faire des gestes. Je suis passé du rock à l’électro du jour au lendemain, j’ai gardé le même type de live.</p>
<p><b>Tu disais dans une autre interview n’être pas fan de la foule, voir même être un peu casanier et, paradoxalement, tu vas te retrouver aux Vieilles Charrues devant un public énorme. Quelle relation développes-tu avec ton public ?</b><br />
C’est le truc le plus beau. J’ai un lien vachement proche, notamment par les réseaux sociaux. Dans une soirée, tu croises 20 personnes, t’as pas le temps de parler à ces 20 personnes. Du coup, je passe plutôt par les réseaux pour entretenir le truc. Je publie tout, Facebook, Twitter et je réponds aux commentaires des gens. Je fais l’effort de leur écrire en message perso, creuser les choses. Ca prend du temps mais je trouve ça hyper enrichissant. J’apprécie être sur scène, avoir un espace très large, mais c’est vrai que j’ai du mal à aller voir des concerts, être au milieu de plein de gens, ça m’oppresse vachement. C’est le même sentiment qu’être tassé dans le RER, j’ai un peu de mal. J’ai tendance à peu sortir, je préfère mater des séries ou faire de la musique dans mon coin, jouer à un jeu vidéo, entretenir mon imaginaire. Le lien social, je l’ai par autre chose.</p>
<p><b>Justement, tu n’es pas angoissé là de voir le NUBA se remplir petit à petit, pour toi qui plus est ?<br />
</b>Si si, totalement. Ca m’angoisse un peu, dans le sens où déjà j’ai un peu la pression, mais aussi le fait qu’il y ait plein de gens dans tous les sens, c’est perturbant. Bon, après deux-trois mojitos, je pense qu’on est un peu plus détendu dans la foule, je vais me lâcher un peu !</p>
<p><b>Ta musique respire le voyage – je ne suis pas le premier à te le dire – j’ai vu que tu avais pour habitude de partir à travers l’Europe. Qu’est-ce que tu cherches en voyageant ?<br />
</b>Je cherche à alimenter l’imaginaire, aller dans des endroits que je connais pas du tout. Je pars jamais tout seul. Du coup c’est enrichissant, tu partages des choses hyper fortes. Et puis tu reviens à des choses très basiques, tu te remets à ton échelle. Qu’est ce que je vais manger, qu’est ce que je vais boire, où dormir. Tu guettes la météo, tu regardes les nuages, le vent. Il faut prévoir un abri pour telle heure. Ca fait vachement de bien. C’est là où tu comprends que notre corps, notre biologie et notre nature sont programmés pour ça. Pour checker la nature, être en lien avec les arbres, le temps. Tu es vachement mieux. C’est une cure de jouvence de ouf, tu te sens totalement ressourcé.</p>
<p><b>D’où le choix de tes pochettes…<br />
</b>Oui, même si les images ne proviennent pas forcément de voyages que j’ai fait. Morning Japan c’était l’Irlande. Dark Land c’est l’Islande et Sauvage la Croatie. C’est toujours en lien avec les voyages. La musique est toujours alimentée par le voyage.</p>
<p><b>Ca m’a fait penser à cette série de documentaires « nus et culottés ». La rédecouverte de choses simples et essentielles.<br />
</b>Oui carrément, c’est vraiment le défi et c’est un truc totalement vital pour moi. En France, on a aussi plein de choses à découvrir.</p>
<p><b>Tu as dis « on fait de la musique car c’est comme une thérapie, un langage »<br />
</b>J’irais même plus loin que ça. On fait de la musique, parce qu’on a besoin. C’est vital. C’est une thérapie dans le sens où on est des musiciens, on est des gens qui ont pas les mots. Comme les écrivains. Ils ont la plume mais pas les mots. Comme les sculpteurs, les danseurs.</p>
<blockquote><p><b>Moi, j&rsquo;ai pas les mots du coup je compose des choses qui vont servir de mise en papier et de photographie d’instants, peu importe l’émotion que je vis, forte ou de la vie quotidienne, j’ai besoin de les retranscrire. </b></p></blockquote>
<p>Comme si on allait chez le psy ou qu’on écrivait des bouquins. J’ai mon langage et Fakear c’est un langage à part entière, comme quand on apprend une langue. Et Morning Japan c’est les prémices de ça. Dark Land c’est un peu plus maitrisé et Sauvage de plus en plus. L’album de Fakear sera vraiment quelque chose de très maitrisé. Je sais maintenant quand je compose exactement où je veux aller, quel effet je veux rendre et comment le faire.</p>
<blockquote><p><b>J’ai le sentiment de maitriser ma langue et de pouvoir dire précisement ce que je veux</b>.</p></blockquote>
<p>La musique c’est un besoin. Si je compose pas pendant deux semaines d’affilées, je vais tomber malade. De manière physique. Presque. Mon corps a besoin et se manifeste quand je ne fais pas de musique. Du coup, je compose énormément. Je compose aussi pour des trucs comme ça, pour me libérer. Des fois je jette, des fois il y a une minute à garder. Je dois faire une quinzaine-vingtaine de morceaux par mois et je dois en garder un-deux parfois. C’est une production très prolifique, presque pathologique. Plus je compose, plus je compose, ça devient une addiction. Il faut que j’arrive à me sevrer, économiser pour lâcher plusieurs bonnes idées dans un morceau. Il y a toute une démarche comme ça d’économie.</p>
<p><b>J’ai lu que tu réécoutais beaucoup ce que tu faisais.<br />
</b>Complètement, pour arriver à un point où « est ce que j’ai vraiment réussi à exprimer ce que j’ai voulu exprimer » ? Est-ce que je me sens bien ou est-ce que je me sens mal ? Du coup c’est de l’écoute tout le temps de ce que je fais jusqu’à m’en saouler pour savoir si j’en suis content de manière globale ou si je dois jeter. Dans l’écriture tu es obligé de créer, mais avec la musique, tu as la possibilité de faire des reprises. Mais j’ai pas du tout cette envie. Ca me donne moins de plaisir de faire une reprise. C’est sympa, avec tes potes, tu partages un moment humain mais musicalement c’est bien moins intéressant pour moi. C’est très autiste comme processus.</p>
<p><b>Tu as fait des voyages en Scandinavie, ça me fait penser à Jan Garbarek, du jazz.<br />
</b>Ah oui, moi j’écoute vachement de jazz nordique, je suis carrément fan ! Je ne le connais pas, j’essayerai !</p>
<p><b>Ce serait quoi la plus belle chose qui puisse arriver à ta musique ?<br />
</b></p>
<blockquote><p><b>Que ce soit la pub de Quechua. C’est un peu un fantasme. Que les mecs soient là en mode rando avec du Fakear derrière, ce serait génial.</b></p></blockquote>
<p>Mais bon, non… la plus belle chose vraiment. En fait, j’ai déjà eu des témoignages plus ou moins de ça, mais ce serait que ma musique puisse soulager des gens. C’est tellement émouvant quand des gens te disent ça, genre « ça m’a fait vachement du bien, c’était une période difficile de ma vie ». Ca c’est la plus belle chose, oui, faire du bien à des gens !<br />
Je peux pas répondre à tout, mais j’essaie un maximum. Mais c’est vrai que l’envers du décor, c’est que les critiques négatives, je les prends vachement en pleine face. Je les prends pas pour moi, je sais qu’il faut prendre de la distance et que c’est envers ce que je fais, mais c’est la contrepartie, le jeu. Je prends vachement à cœur les critiques positives…mais négatives aussi.</p>
<p><b>On va revenir un peu sur <i>Sauvage</i>. Un titre en français, le premier morceau – <i>la Lune Rousse</i> – est aussi en français. Une logique ?<br />
</b>Non, pas du tout ! Moi, <i>Sauvage</i>, c’est un mot qui me plaisait et qui caractérisait vraiment le truc. Et je voulais pas l’appeler Wild, parce que wild c’est connoté en anglais. Et puis même, c’est moins musical. Sauvage, c’est plus évocateur d’autres choses en français. La <i>Lune Rousse</i>, c’est personnel. La raison de ce titre est plus personnelle. Le reste est en anglais, parce que c’est du feeling. Darjeeling, français ou anglais c’est pareil, Neptune aussi. C’est plus un délire de musicalité du titre plus que de volonté de le rattacher à quelque chose. C’est marrant, parce que tout le monde a snippé l’influence indienne de tout l’EP, alors que pour moi c’est beaucoup plus africain. En même temps, c’est vrai, j’ai tendance à le ranger là dedans parce qu’il y a des morceaux avec des chants de pigmés dedans. Mais c’est drôle, <i>la Lune Rousse</i>, tout le monde s’est dit « indien », c’est juste le sample de voix qui est indien, mais c’est pas évident !</p>
<p><b>J’ai vu que tu parlais beaucoup de certaines de tes influences comme Bonobo ou Rone et des souvenirs plus « rock progressif » genre Genesis. Aujourd’hui, tu continues aussi à apprécier des choses qui sortent, dans une mouvance plus rock ?<br />
</b>Carrément. Je donne un peu de la tête dans les deux mais je suis vachement l’actualité, plus pop. Je me suis détaché de la scène rock garage qui me parle moins pour me reporter vers de la pop et de la folk, comme Isaac Illusion, des Français qui sont devenus par la force des choses des potes. C’est très onirique, j’aime cet univers. J’adore toute la clique Animal Collective et Ariel Pink of the Graffiti, un mec qui a les cheveux roses et qui a fait les premières parties de Animal Collective aux Etats-Unis. C’est dingue, c’est dingue, totalement psychédélique. Il a sorti un premier album, il est incroyable. Je suis aussi un grand fan des Beat Voxes en folk.</p>
<p><b>J’ai vu que tu expliquais à Sourdoreille ton sentiment de personnification des instruments. Par exemple, tu disais qu’un synthé « fat » représentait la colère, le violon signifiait pour toi l’apaisement. Tu vois vraiment un sample comme une émotion ?<br />
</b>Ouais ! Ouais, ouais ! Les samples, c’est presque des émotions pré fabriquées. Tu peux lui donner un ton, une couleur. Après, les synthés que tu crées, ce sont des sons hyper typées. Je vais mettre un peu de tristesse, un peu de mélancolie, un peu d’une émotion. Il y a des synthés plus joyeux mais je les utilise moins. Après, je fais un peu ma popote avec ça. Il y a plein d’ingrédients. Il y a un synthé qui, à la base, va être très colérique, avec lequel tu peux faire une mélodie très apaisante, ça va donner un mélange un peu cool. Moi j’aime bien faire cet équilibre là entre deux émotions hyper paradoxales et aller chercher…</p>
<blockquote><p><b>le synthé sur Neptune, très fat, que tu entends sur le refrain, si on fait des accords plaqués avec, c’est très doux, très sympa, mais juste je l’ai poussé dans ses retranchements et je l’ai fait grincer pour qu’il sorte des trucs.</b></p></blockquote>
<p>Comme on peut faire avec une guitare, on peut la faire pleurer, rire, etc. Je garde vachement cette vision là. Je cherche pas le son trop fat, trop moderne ou quoi, je veux un son vivant.</p>
<p><strong>J’ai lu quelque chose de touchant dans une interview où on te balançait des réponses, c’était à toi de trouver les questions. A un moment, tu disais que tu pensais à ta mère avant de rentrer sur scène. Quel regard porte ta famille ? Tu animes des repas de famille façon DJ ?</strong><br />
Non, non ils me font pas subir ça, c’est cool d’ailleurs. Bon, je pense que j’avais dit ça un peu pour lui faire plaisir, c’est pas tout à fait vrai. Mais, disons que mes parents sont hyper fiers de moi, c’est hyper touchant, parce que eux dans leur jeunesse, ils avaient un projet qui a été jusqu’aux Inouïs du Printemps de Bourges de l’époque. Mon père chantait et ma mère faisait les chœurs et du violon. Ensuite, ça s’est tassé, ils ont décidé de faire des gosses, dont moi. C’est marrant, cette année, je suis passé aux Inouïs et mon père l’a fait 25 ans avant. Donc, bon, c’est émouvant pour lui, ils sont hyper fiers de voir comme ça prend, comme ça avance. C’est touchant.</p>
<p><strong>Tu as parait-il une grosse addiction pour la bonne bouffe. Tu imagines ta musique dans un restro gastronomique, une espèce d’expérience à vivre ?</strong><br />
Ah non ! Je suis Normand ! Autant j’essaie de faire de la musique avec un côté fin, raffiné, délicat, pas trop bourrin, autant j’aime bien la bonne bouffe genre…bonne bouffe ! J’adore la tartiflette, raclette, les trucs savoyards mais je vois pas ma musique dedans. C’est clair que non !</p>
<p><b>Peut-on parler du morceau Damas, notamment la manière dont il a été composé ?<br />
</b>Justement, c’est la discussion avec un ami Syrien, de ce qui se passait à Damas. Sa famille était là-bas, alors que lui était avec moi en France. Du coup on faisait un espèce de point géopolitique sur ce conflit et il m’a raconté plein plein de choses. Déjà, ça travaille un peu, tu es forcément choqué d’un tel discours. Tu comprends aussi concrètement comment ça se passe, quelle est la situation. Ensuite, l’autre détail, c’est qu’il faisait la cuisine et pendant qu’il préparait le repas, il écoutait ses disques de musique traditionnelle syrien et il chantait par-dessus. Et je me disais « c’est trop classe », ça m’a fait quelque chose. J’ai récupéré tous ses CDs, je les lui ai renvoyés. Je le remercie d’ailleurs sur la page Bandcamp de Darkland. Il y a un remerciement à touarchmad. Ce morceau a vraiment une histoire.</p>
<p><b>Niveau interview, je voudrais maintenant faire un prolongement de celle réalisée par So Foot. Caen est cette année remonté en ligue 1. Alors…heureux ?<br />
</b>Alors… ah bon ! Caen, il faudrait leur créer une ligue – je le dis dans Sofoot je crois – il faudrait la ligue 1,5. Mais mon père doit être au courant, parce que j’habite tellement près du stade que les soirs de match de ligue 1, on est juste blindé de bagnoles. Mais oui, après, l’équipe de Caen, c’est plus l’enfance. Le foot est devenu une industrie opaque, bizarre. C’était déjà drivé par le fric avant, mais maintenant c’est plus transparent. Le foot…pff j’ai lâché prise. J’en garde des bons souvenirs mais je préfère m’arrêter là.</p>
<p><b>Enfin, notre question rituelle : Beatles ou Rolling Stones ?<br />
</b>Je suis vachement les deux. Mais je suis plutôt Rolling stones, parce que il y a un côté tellement viril, en sueur, ils créent de la magie avec tellement rien. Alors que les Beatles se donnent beaucoup de moyens techniques, pour que ça marche tout autant. Mais les Rolling Stones, Mick Jagger, Richards, tu leur files une guitare et ça marche. Cela dit, Lennon tu lui files un piano ça marche aussi. C’est une question compliquée, mais plus les Stones quand même. J’écoute ça plus en mode « viril ». Il y a quelque chose de bonhomme dans le son, qui aide à se remonter le moral.</p>
<p><strong>Propos recueillis par : Ugo Schimizzi</strong></p>
<p>Fakear sera en concert durant le <a title="Concours : Festival Zikametz + programmation du festival du 10 au 18 octobre 2014" href="http://magazine-karma.fr/media/concours-festival-zikametz-programmation-du-festival-du-10-au-18-octobre-2014/">Festival Zikametz</a></p>
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		<title>Interview &#8211; Popa Chubby</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Aug 2014 13:53:27 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Après son excellent concert au festival Décibulles, nous avons réussi à mettre la main sur l&#8217;étrange personnage qu&#8217;est Popa Chubby. Rencontre au huitième degré...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="line-height: 1.5em;">Après son excellent concert au <strong>festival Décibulles</strong>, nous avons réussi à mettre la main sur l&rsquo;étrange personnage qu&rsquo;est <strong>Popa Chubby</strong>. Rencontre au huitième degré et en quatrième vitesse avec l&rsquo;énergumène.  </span></p>
<p><b style="line-height: 1.5em;">Comment était votre concert ?<br />
</b><b style="line-height: 1.5em;">Popa Chubby :</b><span style="line-height: 1.5em;"> Super. Excellent.</span></p>
<p><b>Vous avez plusieurs fanpage sur Facebook, il y en a une officielle ?<br />
</b>Ted Horowitz. C’est mon vrai nom. J’ai une fanpage, mais mon propre compte c’est Ted.</p>
<p><b>Quelle est votre opinion des réseaux sociaux ?<br />
</b>C’est super. C’est le meilleur moyen de se taper des nanas. C’est la meilleure façon ! J’ai eu des contacts avec des dizaines de nanas avec qui j’ai couché grâce à Facebook.</p>
<p><b>Et le mythe de rencontrer des filles « après les concerts » ?<br />
</b>Oh oui, c’est sympa aussi !</p>
<p><b>Pensez-vous que le blues est moins bien représenté que le metal ou le rock ?<br />
</b>Non ! Je pense que toutes les musiques sont appréciées, peu importe les catégories. Ce n’est pas important pour moi. Je joue de tout.</p>
<p><b>Que représente la musique pour vous ?<br />
</b>La vie. Pas de musique, pas de vie. C’est comme ça que ça se passe mec, il n’y a rien d’autre.</p>
<p><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/08/IMGP5588.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-19115" alt="IMGP5588" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/08/IMGP5588.jpg" width="400" height="600" /></a></p>
<p><b>Vous avez dit « la musique peut guérir des gens ». Comment ?<br />
</b>A tous les niveaux. C’est juste une extraordinaire force. Ca peut te donner la force de vivre, changer ton esprit, changer tes perspectives dans la vie. Il y a des gens qui étaient au bord du suicide ou en dépression que j’ai pu aider grâce à ma musique. C’est une très grande force, tu vois.</p>
<p><b>Vous vous souvenez de votre première rencontre avec la musique ?<br />
</b>Mmh… Elle a toujours été là, toujours. Depuis le début, c’est une partie de ma vie.</p>
<p><b>J’ai lu dans une autre interview, que vous aviez un concept album au sujet de la nourriture chinoise ?<br />
</b><i>(explosion de rire)</i> Je voudrais faire beaucoup de concepts album. C’en est un parmi tant d’autres ! Je n’ai pas encore de chansons, mais je travaille sur un nouvel album en ce moment. Je travaille sur l’album de mon 25<sup>ème</sup> anniversaire. J’ai 10 nouvelles chansons et j’ai des enregistrements qui datent du début de ma carrière, c’est vraiment cool.</p>
<p><b>Vous avez bu avec Lemmy Kilmister de Motörhead.<br />
</b>Oui, je l’ai fait, c’est vrai !</p>
<p><b>Ce n’était pas trop dur à suivre, niveau rythme ?<br />
</b>Non. C’est un homme très sympathique. Très doux. C’était durant une émission de radio en Angleterre.</p>
<p><b>Vous revenez souvent en France. Une raison ?<br />
</b>Oui, c’est un très bon marché. Un bon endroit pour jouer, un grand public et je suis très populaire ici. J’aime la France. C’est un bon pays pour la musique.</p>
<p><b>Sur votre dernier album, vous parlez de la société. Quel est votre vision actuelle de celle-ci ?<br />
</b><i>(long sifflement)</i> <i>Beaucoup de problèmes (en français dans le texte)</i>. Il y a beaucoup de problèmes, de personnes désagréables, qui veulent sacrifier l’humanité pour le profit, l’argent. Pour moi, les gens doivent s’éloigner de l’argent, mais ils ne le font pas. Même en France, le gouvernement n’est pas plus proche que ça du peuple, ne l’écoute pas autant qu’il devrait. C’est triste mec, parce que c’est comme ça que l‘humain est.</p>
<p><b>Ce n’est pas la même chose dans la musique ?<br />
</b>Oh si. Le business de la musique est mauvais. Mais la musique est bonne. C’est pour ça que si j’ai de l’argent, je n’ai pas à me soucier de la musique que je dois faire.</p>
<p><b>Vous avez déjà vu que des messages de vos chansons servaient aux gens ?<br />
</b>Tout le temps. Les gens viennent me voir et me disent à quel point j’ai pu les aider. C’est un très beau cadeau.</p>
<p><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/08/IMGP5640.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-19116" alt="IMGP5640" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/08/IMGP5640.jpg" width="400" height="600" /></a></p>
<p><b>Vous aimez le hip-hop…<br />
</b>Oui carrément ! Surtout le <i>old school</i>. J’adore ces trucs. J’écoute encore le Wu Tang tout le temps. J’ai vu Cypress Hill dans un coffee shop en Hollande, ils étaient adorables, faisaient des photos avec tout le monde. Des bons gars !</p>
<p><b>J’ai également lu des choses sur votre première rencontre avec Lynyrd Skynyrd. Vous étiez gamin et un des membres du groupe vous a fait rentrer gratuitement. Vous le faites pour vos concerts ?<br />
</b>C’est effectivement arrivé, oui, j’étais un gamin, 16 ans à peine. Quel souvenir ! Je le fais tout le temps. Dès que je vois des gamins, je leur propose de rentrer. Ils me regardent, font « woooow » j’adore.</p>
<p><b>Notre question rituelle : Beatles ou Rolling Stones. Pourquoi ?<br />
</b>Rolling stones. C’est plus rock’n’roll. Les Beatles sont un groupe de pop. Un bon groupe de pop, qui fait de la grande musique. J’aime les Beatles mais j’adore les Rolling Stones. Et ils sont plus sales, plus méchants, ce sont des diables. Ils étaient tout ce que le rock devait être ! <b></b></p>
<p><strong>Photos et propos recueillis par : Ugo Schimizzi</strong></p>
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		<title>Interview &#8211; Lyre le Temps</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Aug 2014 09:51:25 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[A l&#8217;occasion de leur passage au festival alsacien Décibulles, nous avons sauté sur l&#8217;occasion et Lyre le Temps à la fois pour faire un...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>A l&rsquo;occasion de leur passage au festival alsacien <strong>Décibulles</strong>, nous avons sauté sur l&rsquo;occasion et <strong>Lyre le Temps</strong> à la fois pour faire un point avec eux sur cet été bien amorcé et les différents projets du combo. Belle rencontre et ravie de voir le groupe se développer de la sorte !</p>
<p><b>Hello les gars, c’est le Magazine Karma, on s’est vu la dernière fois en interview au festival Lez’Arts Scéniques en 2012 si vous vous souvenez.<br />
Ry’m :</b> grave grave ! J’ai lu des trucs sur nous de Karma récemment !</p>
<p><b>Aux solidays, vous étiez sous des trombes d’eau mais vous avez carrément emmené la foule…<br />
Ry’m :</b> On a trop kiffé ! Franchement, c’est la meilleure date ou du moins un des plus gros souvenirs de ma vie sur scène. C’était impressionnant, de voir les gens qui rentraient dans le spectacle, qui jouaient le jeu jusqu’au bout, c’était génial ! C’est la taille de la scène, l’horaire. On a l’habitude de jouer à Paris, dans des salles de 500-600 places maximum. Se retrouver devant autant de gens… En plus, les parisiens ont l’habitude, ils voient beaucoup de spectacles, c’est encore plus gratifiant. Sur l’affiche aux Solidays, il y a des pros, des gens qui font partis de nos références. Du coup se retrouver là c’est super impressionnant !</p>
<p><b>Tu parles « des pros », tu te considères pas comme tel ?<br />
Ry’m :</b> Si, mais comment tu veux que je me regarde par rapport à des gens comme Method Man, Rodrigo y Gabriela ou Gesaffelstein, ça reste encore des projets qui pour nous sont impressionnants, en termes d’envergure et de suivi en fan base. Aujourd’hui, on a pas encore ce type de fan base, non ! Mais on arrive à prendre du plaisir dans ce qu’on fait, on a des gens qui nous suivent et on ne peut que les remercier, parce que on en serait pas là sans eux, c’est évident !</p>
<p><b>De notre côté, on vous suit depuis le Cabaret Vert en 2009… et on trouve que Lyre le Temps accélère dans son développement ces derniers mois. Vous le ressentez ainsi ?<br />
Ry’m : </b>Blondi vient d’arriver dans le projet, avec une nouvelle scénographie, un nouveau spectacle. Je pense que tous ces festivals d’été qui nous permettent de présenter notre album donnent un second écho à la sortie qu’on vient de faire. Je trouve ça génial de pouvoir retourner dans des festivals qui nous faisaient confiance comme Bobital, le JDM, Décibulles et c’est vraiment cool de pouvoir représenter l’album et lui donner et une seconde vie et parfois une première vie pour des gens qui viennent nous voir sur scène et qui n’ont jamais écouté cet album.</p>
<blockquote><p><b>Le Québec, faut y aller tout de suite, faut y retourner tout le temps !</b></p></blockquote>
<p><b>Justement le JDM en Lorraine, un bon souvenir ?<br />
Ry’m : </b>C’était génial !<br />
<b>Q :</b> C’était fou aussi, on passait juste après Offspring. A peu près tout le monde est resté. En tout cas, je voyais des gens à perte de vue ! C’est impressionnant !<br />
<b>Ry’m :</b> Pareil, la première fois, on a eu une expérience de barjot, c’était un des premiers gros festivals que Lyre le Temps faisait et d’y retourner, qu’ils nous fassent confiance et que ça se passe ainsi, c’était extraordinaire.</p>
<p><b>La programmatrice des Solidays avait justement parlé un peu de vous…<br />
Ry’m : </b>Mais j’ai lu ton interview ! C’est bien ! Je l’ai rencontré la programmatrice en sortant des loges, elle est venue nous voir. En discutant avec elle à l’espace presse, je lui ai parlé de ton interview en lui disant que je l’avais lu et elle me disait qu’elle était très contente de ce qu’elle avait lu parce qu’elle avait vraiment apprécié le concert. Donc en plus, tu lui as mis la puce à l’oreille pour qu’elle vienne nous voir, merci beaucoup ! Si on y retourne l’année prochaine, tu peux te sentir responsable <i>(rires)</i></p>
<p><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/08/IMGP4971.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-19098" alt="IMGP4971" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/08/IMGP4971.jpg" width="400" height="600" /></a></p>
<p><b>Vous étiez au festival de jazz de Montréal qui est aussi énorme. Comment agit le Québecois face à Lyre Le Temps ?<br />
Ry’m : </b>On avait pas mal peur. On se disait « bon c’est un public qui voit énormément d’artistes », Montréal est une capitale culturelle mondiale. Il y a 400 concerts en un mois et demi. Nous, on est programmé parmi 400 artistes, on est Français, jamais venus au Québec, jamais entendu parlé au Canada sauf via internet. Là, tu te retrouves confronté aux gens qui sont pour la première fois à notre concert, qui mettent un peu de temps à rentrer dans le projet et à la fin c’était la fête du slip – passe-moi l’expression. Malgré les 8000 kms qui nous séparent, c’était ouf, génial. Faut y aller tout de suite, faut y retourner tout le temps !</p>
<p><b>Vous avez ça comme idée ?</b><br />
<b>Ry’m : </b>C’est une objectif oui. Après cette première rencontre, on ne peut que vouloir y retourner. N’est-ce pas Blondi ?<br />
<b>Blondi : </b>Complètement <i>(rires).</i> Non, mais je n’ai rien à rajouter. C’était énorme, le fait d’être dans un pays avec une culture différente, mais qui nous influence beaucoup aussi nous, dans la musique, dans les vêtements, la télé, sur les ordis…<br />
<b>Ry’m :</b> Sur les ordis <i>(rires)</i>. Légalement.<br />
<b>Blondi</b> <b>:</b> Euh…oui. D’ailleurs je n’achète que des DVDs des séries que je regarde.<br />
<b>Ry’m :</b> T’achètes pas que des CDs de Lyre le Temps ??<br />
<b>Blondi :</b> Si, sisi.<br />
<b>Ry’m :</b> Tu pirates pas Lyre le Temps quand même <i>(rires) </i>?! <i></i></p>
<p><b>Je reviens sur le partage de votre vidéo. Quelle est votre perception des réseaux sociaux ? Comment se passe votre gestion ?<br />
Q :</b> On essaie tout simplement de parler de ce qu’il y a d’intéressant. C’est moi qui m’en occupe. Sur Facebook, je trouve que tout n’est pas toujours pertinent. Du coup, j’essaie tout simplement de dire ce qu’on fait sans tomber dans le « voilà ce qu’on mange, regardez où on habite ». Ça reste sur le terrain musical, du coup les vidéos – on a une série « inside the box » &#8211; sont tournées et mêlées à des images de scène. Il y en a une à chaque date en gros. On partage aussi les clips, les sons, régulièrement. On est aussi sur Youtube, Twitter, on est assez réactif, Soundcloud, avec du téléchargement gratuit, Instagram. On est aussi sur toutes les surfaces habituelles, iTunes, Deezer, Spotify.<br />
<b>Ry’m :</b> On était d’ailleurs totalement étonné de voir plus d’un million de lectures sur Spotify pour <i>About the trauma drum</i>. C’est hallucinant ! On vient de Strasbourg, on a un million de lectures qui viennent de partout dans le monde. C’est génial de voir à quel point la musique peut prendre de l’ampleur sur internet. Autant c’est flippant de voir comme internet a détruit l’industrie de la musique, autant c’est fou de voir comme ça peut se propager. C’est ça le but de la musique, se propager !</p>
<p><b>Tu trouves que ça a détruit l’industrie de la musique ?<br />
Ry’m :</b> Ouais un peu, ouais. Nous, aujourd’hui, si tous ceux qui ont téléchargé l’album de Lyre le Temps avaient laissé ne serait-ce qu’un euro, le projet aurait pas la même ampleur. On ferait peut-être les mêmes chansons, mais on aurait pas les mêmes moyens pour les réaliser et pour pouvoir aller sur scène, présenter notre projet à d’autres gens. Mais moi, tu m’entendras pas me plaindre en tant qu’artiste que des gens viennent télécharger mon album. Je trouve ça cool que des gens écoutent notre musique.<br />
<b>Q : </b>Je trouve que ça la métamorphose, plus que ça la détruit. C’est plus difficile pour l’industrie du disque, que ce soit pour les auteurs ou les auditeurs, mais il y a aussi du bon là-dedans, parce qu’on ne serait pas forcément là non plus sans ça. Nous, on en a aussi tiré avantage.<br />
<b>Blondi : </b>Les mecs qui ont téléchargé gratuitement vont peut-être venir au concert, acheter un cd, acheter un t-shirt, ils seront déjà présents.<br />
<b>Ry’m : </b>Déjà, venir en concert, c’est cool. Soutenir les artistes que tu aimes, c’est aller les voir. Va voir des concerts ! Ok tu achètes pas leur musique, OK tu écoutes leurs chansons dans ton iPhone en allant au boulot, mais quand ils sont en concert, si tu connais les chansons et que t’as envie de les entendre, tu peux que kiffer. Ça peut qu’être mieux !</p>
<p><a href="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/08/IMGP4988.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-19093" alt="IMGP4988" src="http://magazine-karma.fr/wordpress/wp-content/uploads/2014/08/IMGP4988.jpg" width="400" height="600" /></a></p>
<p><b>J’ai lu que tu parlais des intermittents dans une autre interview. Si demain tout s’arrêtait pour Lyre le Temps, que se passerait-il ?<br />
Q :</b> Moi j’y ai déjà réfléchi. Il y a deux possibilités. Soit dans le futur, on a plus besoin d’être intermittent et du coup on continue à faire de la musique. Soit le système d’intermittent n’existe plus et on en a encore besoin. Dans ce cas, il faut aller travailler dans un système plus classique. Mais je me vois mal abandonner, ne plus faire de musique. Ça prendra peut-être plus de temps, ce sera d’autres conditions mais c’est impossible d’arrêter.<br />
<b>Blondi :</b> Je pense que les gens ne se rendent pas compte de tout le boulot qui est fourni derrière un concert en fait. Ils savent pas que toute la semaine ça bosse sur le show, ça répète, ça compose, ça travaille avec d’autres musiciens, des tech sons, des tech lumières. Ce statut-là, s’il est mis en danger, c’est dangereux pour la culture. C’est grave.<br />
<b>Ry’m :</b> ça nous permet de vivre. Je le vois avec les groupes étrangers avec lesquels on travaille, ils jalousent un peu ce statut-là. Je pense qu’il faut remettre tout au même niveau. On est dans un pays où les prestations sociales sont assez élevées en règle générale. Je pense que les intermittents, c’est un statut qui est déjà considéré comme chômeur. Moi, je fais 50 concerts par an, je travaille. Franchement, un concert c’est 3 jours sur la route. Le jour où tu pars, le jour du concert et le jour où tu rentres. Ça veut dire que c’est 150 journées où quoi qu’il arrive, je suis en déplacement. En plus, il faut les produire les albums – eyh je me plains pas ! – mais ça fait beaucoup de travail où, avant de pouvoir vendre ce que tu fais, c’est très difficile d’être rémunéré. Après, il faut se rappeler qu’un intermittent cotise plus qu’un chômeur du coup c’est juste un équilibre. Aujourd’hui, la culture rapporte plus de 70M€ de bénéfices à la France, ça en coute pas un milliard comme on dit. Je pense que si on est capable de maintenir ce statut, on sera leader en Europe de la culture et dans la manière dont on veut la défendre et c’est une grande force en France. On a un gros patrimoine de la culture et il faut défendre ça. A l’image de la planète, du reste du monde mais aussi des français pour les français, les gens aiment la musique. On a l’habitude de voir des spectacles et ce serait triste de perdre ça. Si tout existe c’est grâce à ces gens qui restent quand tout est fini et qu’il reste à démonter la scène entièrement. C’est grâce à eux qu’on peut faire cette interview et partager ce moment ! Ces mecs-là, ils bossent !</p>
<blockquote><p><b>C’est ça le but de la musique, se propager !</b></p></blockquote>
<p><b>Votre « mega kiff » comme musicien aujourd’hui ce serait quoi ?<br />
Ry’m :</b> retourner aux Solidays <i>(rires)</i> !<br />
<b>Q :</b> Ouais pareil, faire la plus grosse scène possible avec le plus de monde, jouer au Super Bowl, le plus ouf, le plus grand possible, le plus loin !<br />
<b>Blondi :</b> Remplir le stade de la Meinau à Strasbourg !<br />
<b>Ry’m :</b> <i>(rires)</i> Ouaiiiis ! Ça c’est pas mal. C’est assez inédit en ce moment ! Faut pas hésiter si on peut !</p>
<p><b>Et sinon comment va French Gramm, votre label ?</b><br />
<b>Ry’m :</b> French Gramm va bien. On a sorti le premier album, on ressort des titres, qui sont donnés gratuitement ou mis à dispo. On continue de produire des disques, on a l‘intention de produire d’autres artistes, on veut développer cette partie du label. Pour nous, c’était important d’avoir une identité en tant que label, d’être assez indépendant pour faire la musique qu’on avait envie de faire et d’être libre en tant qu’artiste et de vivre de notre propre musique.</p>
<p><b>Des idées d’artistes à produire ?<br />
Ry’m :</b> Ce serait à l’image de <i>Outside the box</i>. On a appelé cette album comme ça parce qu’on n’est pas fermé sur un style ou une chose en particulier. A partir du moment où ça nous fait kiffer, on sera motivé pour développer un projet. Pour le moment la priorité reste Lyre le Temps, on a encore besoin de faire ça. J’espère que très bientôt on pourra faire d’autres choses aussi.</p>
<p><b>Vous auriez envie de dire quoi à quelqu’un qui n’aime pas Lyre le Temps ?<br />
Ry’m :</b> Lui dire qu’il a raison et qu’il faut qu’il nous envoie vite ce qu’il aime !<br />
<b>Blondi :</b> Bien, c’est bien ce que tu dis ! J’adore ce que tu dis <i>(rires) </i>!</p>
<p><b>La dernière question, je vous l’ai déjà posé, c’est Beatles ou Rolling Stones. Alors je vous propose la v2. Plutôt Rachmaninov ou Prokofiev ?<br />
Ry’m : </b>Moi j’aime pas Rachmaninov ! Quand je me suis mis à jouer des partitions, j’étais autodidacte. Quand j’ai voulu jouer du Rachmaninov au piano pour le déchiffrer, j’ai juste voulu me couper les doigts. Donc, je le prends mal que tu parles de Rachmaninov et je me casse !<br />
<b>Q :</b> Moi Prokofiev aussi et j’adore vraiment. Et, en plus, j’ai découvert dans un contexte très particulier qui me ramène toujours à ce moment-là. Du coup, c’est un kiff personnel.<br />
<b>Blondi :</b> Moi je connais pas, donc je peux pas te dire <i>(rires).</i> Ni l’un, ni l’autre. Mais l’autre, Prokofiev, il a l’air plus cool !</p>
<p><strong>Propos recueillis par : Ugo Schimizzi </strong></p>
<p><em>Actus : la version extended de l&rsquo;album Outside the Box est sortie, disponible en intégralité seulement en numérique via <a href="https://itunes.apple.com/fr/album/outside-box-extended-version/id899949757" target="_blank">iTunes</a>. Les cinq titres supplémentaires sont également sur <a href="https://soundcloud.com/lyre-le-temps/sets/outside-the-box-extended" target="_blank">SoundCloud</a> (stream/telechargement gratuit).<br />
</em></p>
<p><strong>Nouveau clip : Rock&rsquo;n'roll </strong></p>
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		<title>Interview : Yodelice</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Aug 2014 13:02:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Manuella]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[On a croisé Yodelice au Festival des Vieilles Charrues, juste après son passage réussi sur la scène Kerouac. Souriant, Yodelice, alias Maxim Nucci, actuellement...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY">On a croisé <strong>Yodelice</strong> au <strong>Festival des Vieilles Charrues</strong>, juste après son passage réussi sur la scène Kerouac. Souriant, Yodelice, alias Maxim Nucci, actuellement en tournée avec son troisième album <em>Square Eyes</em>, a accepté de nous accorder quelques instants pour répondre à nos questions.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Vous multipliez les projets musicaux avec de nombreux artistes francophones, vous avez fait des B.O. de films, et vous êtes en tournée pour défendre votre troisième album&#8230; Comment faîtes-vous ?<br />
</b>Yodelice : Je sais pas <em>(rires)</em> ! Bon, le cinéma, c&rsquo;est vraiment récréatif, je n&rsquo;en ai pas fait beaucoup. C&rsquo;était plutôt des apparitions, donc ça ne m&rsquo;a pas pris vraiment beaucoup de temps. Et puis, la musique, j&rsquo;aime ça, je suis un boulimique de travail. Mais, comme mon travail, c&rsquo;est ma passion, ce n&rsquo;est jamais vraiment gênant, en fait.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Vous avez étudié la musique à Londres, j&rsquo;imagine que le rock anglais a une influence sur votre travail ?<br />
</b>Ce n&rsquo;est pas forcément le fait que je sois parti étudier là-bas qui fait que j&rsquo;aime la musique anglo-saxonne. Je pense que ça fait partie de mes influences et de mes références musicales depuis que je suis môme&#8230; Toute la période un peu années 1970, que ce soit dans le rock, dans la soul, tout ce qui nous venait d&rsquo;Angleterre ou des Etats-Unis. Même si je suis né en 1979 et que je n&rsquo;ai pas vraiment connu cette époque, c&rsquo;est quelque chose qui a toujours été fascinant pour moi et qui m&rsquo;a &laquo;&nbsp;formé les oreilles&nbsp;&raquo;, quelque part.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Et c&rsquo;est pour ça que vous chantez en anglais ?<br />
</b>Ouais, en fait, je ne me suis jamais vraiment posé la question, je ne me suis pas dit : « tiens, est-ce que je vais le faire en français ou en anglais ? », j&rsquo;ai fait vraiment ce qui m&rsquo;est venu naturellement et l&rsquo;anglais s&rsquo;est imposé. Après, je dois t&rsquo;avouer que j&rsquo;aimerais bien un jour faire un disque en français, sans dénaturer ma musique.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Tout à l&rsquo;heure, sur la scène des Vieilles Charrues, pour introduire <em>Sunday with a flu</em>, vous parliez d&rsquo;une « période un peu dure »&#8230;<br />
</b>Un peu dure, c&rsquo;est un peu&#8230; Un peu délicat, parce que c&rsquo;est subjectif&#8230;</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Mais vous aviez cette volonté d&rsquo;expliquer la chanson à votre public ?<br />
</b>J&rsquo;essaie de ne pas le faire trop souvent, sinon mes musiciens me disent « oh, t&rsquo;es chiant ! » <em>(rires).</em> Mais bon, ouais, j&rsquo;aime bien expliquer le process, c&rsquo;est vrai que cette chanson, par exemple, <em>Sunday with a flu</em>, ça parle d&rsquo;un mec qui perd la tête. Je l&rsquo;ai écrite à un moment où ça n&rsquo;allait pas fort et elle est venue très rapidement, elle a été écrite de manière extrêmement solitaire et de voir la vie qu&rsquo;elle a eu, et les portes que ça m&rsquo;a ouvert par la suite, ça me fascine toujours, je ne me l&rsquo;explique toujours pas. Je crois qu&rsquo;il y a parfois des facteurs qui rentrent en compte, qui, heureusement et malheureusement, n&rsquo;ont rien à voir avec la musique, dans le succès d&rsquo;une chanson. Moi, je connais des gens qui font vraiment de la musique extra, qui galèrent et qui ne rencontrent pas le succès, et puis parfois, tu écris une chanson, comme ça, qui n&rsquo;a rien de spécial. Enfin, elle est sincère, mais voilà, il y a des chansons dont je suis plus fier, et qui a un parcours et qui rencontre un certain succès, c&rsquo;est assez fascinant.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Quel rapport entretenez-vous avec vos fans ?<br />
</b>Je les aime très fort ! Ce qui est génial, c&rsquo;est que je pense que j&rsquo;ai des fans qui aiment vraiment la musique. Enfin généralement, quand je vois avec les réseaux sociaux ce qu&rsquo;ils aiment, c&rsquo;est plutôt des fans de musique en général, il n&rsquo;y a pas ce côté fan fanatique hystérique. Vraiment, je pense qu&rsquo;ils aiment la musique en général et qu&rsquo;ils aiment ma musique et donc c&rsquo;est toujours des bons moments de partager et de les rencontrer.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Est-ce que vous travaillez déjà sur un futur album ?<br />
</b>Ouais, j&rsquo;écris sur la route, après il y a un moment où il va falloir que je me pose, que je fasse le point sur ce que j&rsquo;ai&#8230; Pour l&rsquo;instant, c&rsquo;est un peu flou, en fait.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>La q</strong><b>uestion rituelle : plutôt Beatles ou Rolling Stones ?<br />
</b>Ah, elle est dure cette question ! Euh&#8230; Elle est hyper dure cette question. Parce que c&rsquo;est tellement différent&#8230; C&rsquo;est deux groupes tellement différents. Les Rolling Stones&#8230; Enfin, j&rsquo;aime l&rsquo;énergie des Stones, mais je crois que j&rsquo;aime les chansons des Beatles. Je crois qu&rsquo;à choisir, je choisirais les Beatles.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Propos recueillis par : Manuella Binet</strong></p>
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